

C'est une campagne de l'association Caritas pour sensibiliser les Singapouriens à la situation des moins favorisés. Dans la cité Etat réputée pour sa performance économique et sa qualité de vie, un certain nombre de personnes doivent quotidiennement lutter pour boucler les fins de mois. 387.000 personnes, avec des revenus mensuels inférieurs à 1500 S$, vivraient, de fait, avec un budget de 5S$ par jour, pour se nourrir et se déplacer.

12 à 14% des ménages vivant avec moins de 1500 $ par mois.
Selon un rapport publié le 11 novembre 2013 par le « Lien Centre for Social Innovation » de la Singapore management University (SMU), 10 à 12 % des familles, à savoir entre 110.000 à 140.000 ménages seraient incapables de subvenir aux besoins fondamentaux que sont s'habiller, se nourrir et se loger. 12 à 14% vivraient avec moins de 1500 $ par mois. Et si l'on considère, comme certains chercheurs du « Lien Centre for Social innovation » que la pauvreté se chiffre à moins de 2500 dollars par mois par famille (ce qui équivaut à un peu plus de 600 $ par individu), 20 à 22% de la population pourrait même être incluse. Difficile cependant de s'accorder sur un chiffre précis pour définir le nombre de pauvres car il n'existe pas de définition officielle de la pauvreté à Singapour.
Des aides sociales à la Kueh lapis
Ce sujet est d'ailleurs au cœur de discussions actuellement: lorsque Hong Kong, en septembre dernier, a instauré un seuil officiel de pauvreté, il y eu un débat, à Singapour, pour savoir s'il fallait faire de même. Le Premier ministre a répondu le 16 novembre que le sujet n'était pas à l'ordre du jour, Singapour ayant « passé le point où un seuil de pauvreté est utile car le nombre de besoins (des pauvres) prend maintenant des formes et des facettes différentes ». Lee Hsien Loong a défendu l'approche d'aide singapourienne, surnommée « à la kueh lapis » d'après le nom du gâteau, manière imagée de définir les multiples « couches » d'aides qu'apporte l'Etat aux personnes en difficulté. Il a ajouté qu'il n'y avait pas de personnes mourant de faim et sans abri à Singapour .
Il est vrai que la pauvreté est peu visible à Singapour et qu'elle n'est pas aussi extrême, loin s'en faut, que dans d'autres pays asiatiques. On n'y voit pas de gens dormant dans la rue, on n'y meurt pas de faim et peu de gens mendient. (c'est d'ailleurs interdit) Mais certains mènent à Singapour une vie très difficile. Selon les chiffres de la Caritas, les 20% des salariés les plus faiblement rémunérés ont vu leurs revenus réels baisser de 8 % entre 1998 et 2010. En parallèle, sur les trois dernières années, les prix des biens et des services, dans leur ensemble, ont augmenté de 13,1%. La situation est particulièrement difficile pour les mères élevant seules leurs enfants ou les personnes âgées qui n'ont pas de pension.
Certaines aides existent, comme le Comcare fund ou le Medicare fund. Mais, explique Lay Lee, chargée de la campagne « Singaporeans against poverty » pour la Caritas, la culture locale, marquée par l'individualisme, ne favorise pas cette voie : « les personnes sont très fières. Elles ne demandent pas des aides auxquelles elles auraient droit parce qu'elles veulent se débrouiller seules ». Par ailleurs les aides elles-même sont conditionnées par des plafonds de ressources qui, de l'avis des associations, seraient trop bas.
5 S$ contre l'exclusion
Jusqu'au débat actuel, les Singapouriens ne semblaient pas vraiment se rendre compte de l'existence de la pauvreté, ou le faire de façon très abstraite. « Si on ne travaille pas avec ces gens au quotidien il est difficile de se rendre compte qu'il existe des personnes pauvres ici» explique Lay Lee. Pour sensibiliser les habitants à cette question, la Caritas a donc lancé en octobre la campagne : 5$ contre l'exclusion. 5 $ c'est en effet la somme dont disposent 387 000 singapouriens pour payer le transport et la nourriture, quand ils ont payé le loyer, l'eau et l'electricité, l'école, les remboursements de prêts et les frais médicaux (à titre de comparaison aujourd'hui un bol de riz coûte 3,60 $). « Nous demandons aux Singapouriens de se mettre à leur place pour réaliser à quel point c'est compliqué de vivre avec 5 $ par jour. Nous voulons changer les idées sur la pauvreté, que les gens montrent plus d'empathie à ce sujet. Montrer que celle-ci dépend des circonstances ».
Sophie Vemy (www.lepetitjournal.com/singapour) mardi 18 février 2014
A consulter: le site de la Caritas
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Illustration: campagne de la Caritas sur la pauvreté: ils échangeraient volontiers leurs problèmes avec les vôtres














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