Édition internationale

HARCELEMENT – La diva et le maitre chanteur singapourien

Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 janvier 2014

Elle est américaine et poursuit de l'autre côté du pacifique une carrière de chanteuse lyrique. Lui travaille à Singapour dans le domaine de la photographie. Ils ne se sont jamais rencontrés et n'auraient même jamais dû être en contact. Il lui a pourtant fait vivre, à distance, un cauchemar qui a duré 6 ans. Un fait divers qui donne de la matière aux tenants, à Singapour, d'une législation plus protectrice vis à vis des risques de harcèlement en ligne.

Leandra Ramm
Le calvaire qu'a vécu la chanteuse d'opéra Leandra Ramm, et qui s'est traduit le 20 décembre dernier, à Singapour, par la condamnation de son harceleur, Colin Mak Yew Loong, à 3 ans de prison, serait le premier cas de harcèlement à distance, dans des pays différents, dont les poursuites engagées auraient abouti à une condamnation.

Le fait divers illustre s'il en était besoin la facilité avec lesquels les outils de communication modernes peuvent être détournés et utilisés de manière criminelle. Un sondage réalisé auprès de 1000 résidents singapouriens, rapporté par le Straits times, montre d'ailleurs que 80% des personnes interrogées considèrent le harcèlement en ligne comme un problème sérieux et que la même proportion demande la mise en place de protection efficace pour les victimes.

En l'occurrence, l'histoire est d'autant plus frappante qu'elle met en scène, dans deux pays différents, une victime et un bourreau qui, vivant à plusieurs milliers de distance, n'auraient jamais du être en contact, si ce n'est qu'un jour le second a vu la première chanter à la télévision et l'a contactée en lui faisant croire qu'il pouvait l'aider à promouvoir sa carrière artistique.

La jeune chanteuse d'opéra, qui a relaté son histoire dans un livre et dans un épisode du show télévisé "My life is a lifetime movie", a raconté comment pendant 6 ans son harceleur l'a "maintenue dans une sorte de prison virtuelle". Prise au piège de messages de menace quotidiens, elle ne serait pas parvenue, même en partant travailler sur un bateau, à se libérer de l'emprise de son harceleur.

Le chemin a été long pour obtenir que des poursuites soient engagées et que le harceleur soit finalement condamné. L'agence de détective qu'elle avait mandaté, faute d'accès au fichier des adresses IP a mis 2 ans à identifier le harceleur. Quand celui-ci a été identifié, il a fallu que le FBI aux Etats-Unis, saisi de la plainte de la victime, demande l'assistance de la police singapourienne, pour qu'il soit finalement arrêté et inculpé.

A Singapour, où les débats sur les risques de l'internet ont été très vifs pendant les derniers mois de l'année 2013, le ministre de la Justice, K Shanmugam, a indiqué en Novembre dernier que le gouvernement préparait une nouvelle loi visant à mieux protéger les personnes contre le harcèlement en ligne.

Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) mercredi 8 janvier 2014

logofbsingapour
Publié le 7 janvier 2014, mis à jour le 8 janvier 2014
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