À l’occasion du Festival vOilah!, l’Ambassade de France à Singapour en collaboration avec le Singapore Ballet présente un spectacle de ballet à l’Alliance Française. Parmi les œuvres au programme : "Après un rêve", une création originale de la chorégraphe française Claire Voss le 16 et 17 mai 2026 que lepetitjournal.com Singapour a rencontré.


Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Claire Voss. Je suis née en France et j’ai grandi à Metz, en Lorraine. À 14 ans, je suis partie étudier le ballet à Paris, puis à Cannes. À 18 ans, j’ai quitté la France pour Londres et j’ai ensuite mené une carrière internationale de danseuse jusqu’à mes 36 ans. J’ai pris ma retraite il y a trois ans au West Australian Ballet, à Perth, et depuis je me consacre à la chorégraphie. Aujourd’hui, je suis basée entre Perth et la France.
Que va découvrir le public lors de ce spectacle de ballet à l’Alliance française ?
Le spectacle dure environ une heure et réunit plusieurs pièces. La pièce que j’ai créée a vraiment été commissionnée dans le cadre du festival vOilah!, par l’Ambassade de France à Singapour en collaboration avec le Singapore Ballet. "Après un rêve" est une œuvre de 22 minutes. Elle sera présentée aux côtés de Singular, une pièce d’environ 17 minutes chorégraphiée par un autre français, Étienne Ferrère, ancien danseur principal de la compagnie, ainsi que trois pas de deux, c’est-à-dire trois duos courts issus du répertoire de Singapore Ballet de Singapour, le Concerto pour piano n° 2, opus 102 d’Edmund Stripe, Configurations de Choo-San Goh et Cendrillon de Janek Schergen.
Qu’est-ce qui fait l’originalité de votre création ?
Cette pièce a été créée pour les danseurs de la compagnie autour du thème des relations franco-singapouriennes. Inspirée par "Après un rêve", une œuvre de Gabriel Fauré, elle évoque le monde de l’enfance.
Quand j’entends Gabriel Fauré, je vois immédiatement les tableaux de Monet, les jardins de Giverny. Et dès que j’ai pensé à ces jardins, j’ai fait le lien avec le Botanic Garden de Singapour. La pièce est aussi inspirée par ces couleurs, notamment celles de l’orchidée nationale, le blanc et le violet. C’est cette symbiose multiculturelle propre à Singapour que j’ai voulu représenter, comme une célébration des deux cultures.
C’est cette symbiose multiculturelle propre à Singapour que j’ai voulu représenter, comme une célébration des deux cultures.
Que signifie le titre Après un rêve ?
C’est le titre d’un morceau de Gabriel Fauré que j’utilise dans la pièce. Pour moi, il évoque le souvenir de l’enfance, l’endroit où l’on a grandi, mais aussi la sensation étrange que l’on ressent lorsqu’on y retourne adulte. Dans notre mémoire, tout semble plus grand, plus beau, presque irréel. Puis on revient, et l’on comprend que cet endroit n’existe plus vraiment comme dans notre souvenir. C’est une forme de nostalgie, parfois douce, parfois un peu douloureuse.
Dans notre mémoire, tout semble plus grand, plus beau, presque irréel. Puis on revient, et l’on comprend que cet endroit n’existe plus vraiment comme dans notre souvenir.
C’est donc une œuvre très personnelle ?
Oui, mais je pense que c’est aussi un sentiment universel. J’ai vécu plus longtemps à l’étranger qu’en France, et quand je retourne à Metz, dans les lieux de mon enfance, je ressens cela très fortement. Mais les danseurs aussi comprennent ce sentiment : beaucoup ont quitté leur ville natale très jeunes pour étudier la danse, puis ont mené une carrière internationale.

Comment s’est passée la création avec les danseurs du Singapore Ballet ?
Je travaille avec eux en studio depuis mon arrivée à Singapour, le 26 avril. En amont, cela faisait plus de six mois que je préparais la pièce : la musique, l’inspiration, les costumes, le vocabulaire chorégraphique. Mais la vraie rencontre se fait en studio. Les danseurs entrent dans mon univers, et moi je m’adapte aussi à eux. C’est un échange.
Les danseurs entrent dans mon univers, et moi je m’adapte aussi à eux. C’est un échange.
Y a-t-il une place pour l’improvisation ?
Je dirais que c’est une collaboration guidée. J’arrive avec une vision très claire, des pas, des images, une direction. Mais lorsque les danseurs s’approprient le mouvement, il se transforme parfois. Et parfois, ce qu’ils proposent naturellement est aussi bien, voire mieux, que ce que j’avais imaginé.
Combien de danseurs seront sur scène ?
Il y aura huit danseurs : quatre femmes et quatre hommes. Ils viennent de plusieurs pays, notamment de Singapour, de France, des États-Unis, du Japon, d’Allemagne et d’Australie. C’est une distribution très internationale, à l’image de Singapour.

Pourquoi venir voir ce spectacle, même si l’on ne connaît pas le ballet ?
Justement parce que c’est une très belle porte d’entrée. La soirée dure environ une heure, donc elle est accessible. Les pièces sont courtes et très différentes les unes des autres : certaines sont plus classiques, d’autres plus néoclassiques. C’est comme un premier aperçu, un “first taste” du ballet. Je pense que chacun peut y trouver quelque chose qui lui parle.
Chacun peut y trouver quelque chose qui lui parle.
La pièce vivra-t-elle après cette première mondiale ?
Oui. Après un rêve a été créée pour le Singapore Ballet et entre désormais dans son répertoire. La compagnie pourra donc la reprendre et la faire voyager.
Que souhaitez-vous que le public retienne ?
J’aimerais que le public ressente cette émotion liée au souvenir, à l’enfance, aux lieux que l’on a aimés et qui changent avec le temps. Et j’espère aussi que cette pièce fera sentir la beauté du dialogue entre la France et Singapour.
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