

Du 18 au 23 mai, le Singapore Arts Festival 2012, accueillera le Théâtre du Centaure pour une performance déambulatoire poétique, visuelle et sonore. Un parcours initiatique vers l'Utopie avec pour guide d'étranges et belles créatures. Une première en Asie
Camille et Manolo forment un couple de Centaures à l'origine du Théâtre du même nom. Avec le spectacle Flux qu'ils présenteront en ouverture le 18 mai et dans le cadre du Singapore Arts Festival 2012*, le Centaure poursuivra sa quête et vous entraînera dans le sillage de son itinérance, interrogeant les liens qui nous unissent plutôt que les frontières qui nous séparent. Un beau spectacle gratuit, ouvert à tous et qui ravira petits et grands comme nous l'explique Camille et Manolo, directeurs artistiques et comédiens du Théâtre du Centaure.
LePetitJournal.com- En quelques mots présentez-nous le Théâtre du Centaure ?
Camille&Manolo- Le Théâtre du Centaure, c'est une famille d'une dizaine d'équidés et d'humains qui ont construit ensemble un mode de vie et de création spécifique. Créé en 1990, le Théâtre du Centaure vit à la fois une aventure et une utopie, celle d'inventer un acteur surréaliste : le Centaure, fruit de notre recherche commune. Une moitié humaine, une moitié animale. Parce qu'il est impossible, parce que c'est une utopie, le Centaure est pour nous une forme d'engagement. Un engagement qui nous pousse à inventer un théâtre qui n'existe pas, des formes différentes, un langage autre.
Comment s'organise votre travail avec les chevaux ?
Le travail avec les chevaux exige beaucoup de soins, énormément d'attention, et donc de temps. C'est un travail varié et constant. Il y a la part technique avec les chevaux, tous les jours, le travail des comédiens, le texte, la mise en scène, l'architecture, la production, la diffusion. Cependant, pour réaliser tout cela, une quarantaine de personnes sont mobilisées autour de la création. C'est cette énergie commune qui permet de tenir nos enjeux. C'est avant tout une aventure de compagnie. Mais tout se fait en harmonie, puisque la démarche profonde est un travail sur la fusion et le mélange des choses : quand on est à cheval, on est en lien avec le texte, quand on est dans l'artistique, on pense à la production, quand on faisait la traduction, on pensait aux comédiens. Tout est toujours en lien.
Parlez-nous de votre spectacle Flux et pourquoi ce nom d'ailleurs ?
Flux, c'est la circulation des énergies. Flux d'argent, flux de marchandises, flux de population. Ce sont les mouvements qui dessinent la cartographie du monde contemporain, où les liens et les échanges qui nous unissent sont plus importants que les frontières qui nous séparent. C'est aussi pour nous la métaphore d'une énergie instinctive, animale. Flux, c'est un voyage international qui invite le public à suivre les Centaures dans un univers poétique entre films et performances.
C'est un spectacle qui s'inscrit dans la réalité d'un espace et qui implique une recréation spécifique pour faire apparaître des Centaures, "créatures qui n'existent pas" dans le monde réel. Les spectateurs sont invités à voyager au c?ur d'une scénographie conçue avec et pour les lieux du festival, à la rencontre des Centaures. En résumé, Flux c'est un poème impossible et réel en même temps. C'est une utopie, comme un rêve ou un poème perdu au fond de nous même.
Quels que soient les lieux de ses apparitions, le Centaure parle toujours d'une chose simple : on ne peut pas exister seul, on existe uniquement dans la relation à l'autre. Pour faire un Centaure, il faut une moitié humaine et une moitié animale, qui développent ensemble une relation très forte, à l'échelle d'une vie. Flux parle de rencontres, de voyages, de mélanges, de réunion. C'est pour nous un honneur et une joie de jouer à Singapour, terre de rencontres, de multi culturalisme, et plateforme internationale des échanges mondiaux.

C'est votre première prestation en Asie, avez-vous une attente, une envie? ?
Nous attendons une rencontre avec l'Autre : autre langue, autre culture. Le Centaure, créature hybride, à moitié humaine, à moitié animale, est toujours en quête d'altérité. La démarche de la compagnie est très spécifique, et en même temps, par son rapport à l'animalité, elle pose des questions simples, intimes et universelles. Est ce que de l'autre côté de la planète, les gens seront sensibles aux mêmes choses ? Flux est né dans une ville portuaire, à Marseille. Il parle des échanges mondiaux et des flux de capitaux. Singapour, premier port d'Asie et place boursière internationale, est un magnifique terrain de jeu pour cette création.
Concrètement comment s'est organisée la venue des chevaux depuis la France ?
Pour cette performance, quatre chevaux appartenant au théâtre ont été transportés par avion depuis Marseille, en France, jusqu'à Singapour et sont logés au Parc de l'Esplanade depuis le 29 avril jusqu'au 26 mai. Les chevaux reçoivent des soins constants d'une équipe de gardiens ainsi que de nous-mêmes, de deux toiletteurs professionnels et d'un garçon d'écurie. Nous avons vécu avec ces chevaux depuis de nombreuses années, nous les connaissons bien. Tous les modes de transport - par voie terrestre et aérien - ont été spécialement aménagés pour assurer leur sécurité et un confort optimum. Ils sont prêts et attendent avec impatience le public.
Et après Singapour, quels sont vos projets ?
Nous sommes en préparation d'un film de long métrage qui mettra en scène une ville portuaire imaginaire entre l'Europe et l'Asie où les Centaures et les humains vivent ensemble naturellement sans que cela ne semble extraordinaire ni pour le uns ni pour les autres.
Nous préparons aussi un grand projet pour la capitale européenne de la culture de Marseille-Provence en 2013. Ce projet s'appelle TransHumance. Il fera voyager dans toute la région de Provence des marcheurs à pieds, des cavaliers, et des troupeaux d'animaux jusqu'à Marseille, pour faire entrer l'animalité dans l'urbanité et inviter la Nature à célébrer la capitale européenne de la Culture.
Propos recueillis par Carole Chomat (www.lepetitjournal.com-Singapour) vendredi 11 mai 2012
*Le Singapore Arts Festival propose de la danse, du théâtre en passant par des concerts, c'est un festival pluridisciplinaire qui rencontre un franc succès chaque année. Le thème de cette édition 2012 est Our lost Poems, il se déroulera du 18 mai au 2 juin.
Relire notre interview du directeur général du Singapore Arts Festival Low Kee Hong
Site Théâtre du Centaure
















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