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LYCÉE FRANÇAIS DE SHANGHAI - Samuel Jourdan et Fabien Lacroix s’envolent vers d’autres horizons !

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 27/06/2017 à 19:30 | Mis à jour le 27/06/2017 à 12:09

Par Delphine Gourgues

Juin tire à sa fin avec son cortège - tristement interminable - d'annonces de départs et autres farewells. Le Lycée Français de Shanghai n'y échappe pas et voit cette année partir notamment deux personnes importantes et appréciées : Samuel Jourdan, proviseur adjoint, et Fabien Lacroix, professeur d'EPS et directeur athlétique, chargé du développement des ASC (Associations Sportives et Culturelles).  M. Jourdan sera à la rentrée 2017 principal du collège de Culoz (Ain). Quant à M. Lacroix, il posera ses valises à Dubaï, en tant qu'enseignant à mission de conseil pédagogique sur toute la zone du Moyen-Orient. Nous leur avons demandé de nous raconter leurs parcours respectifs et de faire un bilan de leurs années shanghaiennes.

De gauche à droite : Samuel Jourdan et Fabien Lacroix (Crédits : Delphine Gourgues)

Lepetitjournal.com : Racontez-nous un peu votre vie d'avant Shanghai !

Samuel Jourdan : Si mon poste précédent était en France, en tant que principal du collège de Marennes-Oléron (Charente-Maritime), je suis un ancien élève et étudiant expatrié. En effet, après un baccalauréat passé à Casablanca au Maroc, je suis parti un an au Canada pour parfaire mon anglais et obtenir un 2ème baccalauréat anglo-saxon. Ce fut une expérience incroyable, la rencontre avec la modernité et la vie comme dans les séries américaines ! Pendant mes études d'anglais, j'ai donné des cours de tennis avant de me blesser et d'entrer dans l'Éducation Nationale comme surveillant. Ensuite j'ai travaillé comme professeur d'anglais, en région parisienne puis à Mayotte (où j'ai pu utiliser mes diplômes de juge-arbitrage tennistique) et dans le Nord. J'ai aussi toujours cherché à m'ouvrir à d'autres horizons, par exemple en faisant un stage comme assistant en université en Illinois, puis à Vancouver comme professeur en classes d'immersion (équivalent des classes bilingues). J'ai aussi été formateur en anglais dans l'armée pendant trois ans et lorsque j'ai obtenu mon concours de Personnel de Direction, j'ai tenu à faire un stage en entreprise, aux Galeries Lafayette, pour me frotter au monde privé. Mais ce que je préfère plus que tout, c'est le contact avec les enfants et les adolescents !

Fabien Lacroix : J'ai toujours adoré les enfants. Après avoir été reçu aux deux concours de professeur des écoles et de professeur d'EPS (Education Physique et Sportive), j'ai finalement choisi l'EPS, spécialisations tennis et volley-ball féminin. Muté en région parisienne, auprès d'enfants difficiles mais très attachants, j'ai rapidement ressenti le besoin de sortir des contraintes administratives, parfois pesantes pour monter des projets. J'ai envoyé plusieurs candidatures spontanées à des lycées français aux États-Unis et je suis parti en 2008 à Los Angeles, en tant que professeur d'EPS. Là-bas, durant cinq ans, j'ai organisé énormément de projets, stages de surf, visites d'universités canadiennes avec des lycéens? Partant de rien et avec peu de moyens, j'ai constitué une équipe hyper motivée, ce fut une sacrée expérience !

Comment s'est déroulée votre arrivée à Shanghai ?

S.J. : Avec mon épouse et mes deux enfants (aujourd'hui en 4ème et 6ème), nous sommes arrivés à la rentrée 2014 à Shanghai. Je rêvais depuis toujours d'être proviseur à l'étranger, et j'avais postulé en indiquant comme zone de préférence "monde entier". En arrivant, ce qui m'a le plus marqué, c'est le monde, notamment la foule sur Nanjing Lu le week-end? Lors d'un séminaire à Singapour en novembre 2014, j'ai même demandé où étaient les gens en dehors des heures de pointe !

La foule en Chine (Crédits : Marie-Eve Richet)

F.L. : Au bout de cinq ans passés à L.A., après la rencontre avec ma femme et la naissance de notre premier enfant, nous sommes arrivés à Shanghai à la rentrée 2013. C'est certain, la vie quotidienne y est plus compliquée, la difficulté de transport depuis Qingpu, la barrière de la langue, l'urbanisation à outrance, le manque d'espaces verts? Mais j'ai été impressionné par l'établissement du LFS, une très grosse structure, des installations exceptionnelles.

La Chine et l'Asie, vous avez aimé ?

S.J. : J?ai passé une première année de travail très intensif, sans vraiment de vacances? Ensuite, nous avons surtout cherché à découvrir la région au sens large. Dans notre top 5 figurent Sydney ? simplement magique ?, les Philippines ou plutôt les Philippins si gentils et accueillants, Hong-Kong pour son mix de Chine et de culture britannique (important pour les professeurs d'anglais que nous sommes ma femme et moi !), la Thaïlande et aussi Tokyo et son majestueux Fuji-san?

Bondi Beach, Sydney (Crédits : Samuel Jourdan)

F.L. : À titre personnel, j'ai adoré nos voyages à Kuala-Lumpur, facile à vivre, avec des habitants très sympathiques, ainsi que Séoul, Angkor et Tokyo pour sa culture et sa nourriture. En Chine, l'incontournable muraille non loin de Pékin m'a marqué, ainsi que les paysages de Hangzhou ? pour les deux à l'occasion de semi-marathons. Et avec le LFS, le voyage au Québec en 2015 avec l'équipe de foot filles U12, à l'occasion de la Coupe du Monde, fut pour nous tous, une expérience unique en son genre ! Il y eut aussi Sydney cette année pour le Championnat Asie-Pacifique de natation, ou encore Phnom Penh pour la Coupe du Mékong (multi-sports) en 2015. Les échanges avec les élèves et les accompagnateurs sont toujours d'une richesse incroyable, sans parler de l'ouverture sur les autres lycées compétiteurs et sur le pays d'accueil !

La Coupe du Monde de Foot Filles au Canada avec les U12 en 2015 (Crédits : Fabien Lacroix)

C'est l'heure du bilan, que retiendrez-vous de vos années au LFS ?

S.J. : Ce qui m'a plu, c'est de poursuivre le travail initié par les fondateurs de ce lycée, en le professionnalisant encore plus. Si le point fort du LFS est bel et bien son enseignement des langues de qualité et à la carte, ma spécialité en emplois du temps (on m'appelait M. Pronote au début !) m'a permis d'optimiser encore plus le décloisonnement entre les sections. Grâce à un formidable logiciel, et à quelques centaines d'heures de travail, il est aujourd?hui possible d'avoir plusieurs sections linguistiques dans chaque classe et de pouvoir changer de section en cours d'année selon les besoins des élèves. Et ceci dès le CE1 ! Sans compter la mise en place primordiale des parcours d'individualisation pour les enfants aux besoins particuliers : sur 1.450 élèves, ils sont environ 90 à être suivis (hors suivi médical). Même si cela n'est pas parfait pour tous, et après quelques réticences au début, les parents en redemandent plus aujourd'hui ! 

Les heures de travail de M. Jourdan vues par les élèves

F.L. : Je suis arrivé d'une petite structure familiale à L.A. et j'appréhendais les dimensions du LFS. Mais toutes ces possibilités offertes et le soutien de M. Véteau, le proviseur de l'époque, qui m'a recruté comme directeur athlétique, chargé du développement des activités sportives extra-scolaires aux ASC, m'ont réellement porté. J'ai étoffé l'équipe, ouvert des disciplines sportives (foot filles, tennis, ping-pong?), multiplié les participations aux championnats à Shanghai, et organisé beaucoup d'événements sur la zone Asie-Pacifique. En 2016-17, les équipes du LFS terminent 1ères ou 2èmes sur toutes les coupes d'Asie auxquelles nous avons participé ! Je vais regretter mes élèves, en cours d'EPS et en ASC, car ils sont vraiment gentils, attachants, avec un vrai esprit sportif. Nous avons passé tant de bons moments ensemble !

Le Championnat Asie-Pacifique de natation à Sydney en 2017 (Crédits : Fabien Lacroix)


Un message pour vos successeurs respectifs et pour les élèves ?

S.J. : Tout d'abord, je tiens à remercier très sincèrement les deux assistantes qui m'ont accompagné : Céline Hirrien qui m'a épaulé à mon arrivée, puis Ying que j'ai formée pour ce poste. Je dois aussi féliciter le service orientation qui fait un travail exceptionnel. Mon successeur, qui est venu en reconnaissance début juin, vient de France et a déjà travaillé avec M. Houille, le proviseur. Je lui souhaite de poursuivre la mission que j'ai engagée et de pouvoir optimiser l'intégration des nouveaux élèves dans les sections de langues.

À mes chers élèves, je souhaite leur rappeler que le fait d'avoir passé quelques années dans un lycée français de l'étranger nous fait appartenir à une entité à part. C'est une famille, et il est essentiel de s'en souvenir, pour redonner un peu à son tour et en aider les membres. On oublie souvent que tout n'est pas forcément rose à l'étranger et notamment lors du retour en France. Et concernant le baccalauréat 2017, je suis assez confiant !

F.L. : Si mon successeur n'est pas encore officiellement connu à ce jour, je lui souhaite de pouvoir pérenniser et optimiser tout ce qui a été mis en place pour les élèves. L'ambiance sportive du LFS est connue dans tout le réseau AEFE et il faut faire vivre cette grande famille. Aujourd'hui, nos élèves sont fiers de porter les couleurs de leur lycée, en cours d'EPS et en compétitions (avec les fameux sweats, et pas besoin de leur demander de porter le maillot), il faut entretenir cet esprit !

La Coupe du Mékong 2015 (Crédits : Fabien Lacroix)

Qu'emporterez-vous de Shanghai ?

S.J. : Indéniablement WeChat ! Un outil fabuleux avec ses groupes, ses conversations, ses facilités de paiement... Il y aura aussi quelques expressions indispensables telles que you guai/zuo guai qui resteront, ainsi que l'image du thermos de thé des chauffeurs de taxi. Et je prendrai sans doute quelques chemises et costumes neufs !

F.L. : WeChat bien sûr ! Mais aussi le souvenir amusant du style vestimentaire de la Shanghaienne de la rue (ah les socquettes couleur chair qui scient la cheville !), et la spécialité culinaire mapo doufu (plat de tofu épicé originaire du Sichuan) que j'adore !

Le mot de la fin ?

S.J. : Pour mes élèves tout d'abord : je vais les regretter, car s'occuper de 700 ados (qui ne sont pas les siens), c'est formidable ! Et Shanghai est une ville fabuleuse, dynamique, unique en son genre. Mais ces trois années ont surtout été pour moi trois années passées au LFS? Pour la découvrir, il faudra que je revienne !

F.L. : Je souhaite du fond du c?ur garder contact avec mes élèves, avec qui j'ai vécu tant d'expériences fortes. Et nos chemins se croiseront peut-être de nouveau, au Moyen-Orient ou ailleurs qui sait ?!

L'équipe de volley-ball 2014-15 (Crédits : Fabien Lacroix)

 

Propos recueillis par Delphine Gourgues lepetitjournal.com/shanghai Mercredi 27 juin 2017

 

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