Jeudi, à Suzhou comme dans toute la Chine se tenaient des courses de bateaux-dragons. Plusieurs milliers de spectateurs s'étaient déplacés pour encourager les 56 équipes de courageux rameurs ? dont 2 portaient les couleurs de la France. Une initiative des Français de Suzhou que lepetitjournal.com vous fait partager.
Sur les berges du lac Jinji, à l'est de la ville, dans le Parc industriel de Suzhou, l'effervescence est palpable avant le début de la course. Dans la zone réservée aux équipes, les rameurs s'échauffent en groupe, et les boissons énergisantes sont distribuées par cartons entiers. Virginie Bireau, capitaine de l'équipe française féminine des bateaux-dragons, ne se laisse pas impressionner ; il faut dire que ce n'est pas sa première course, puisqu'elle a commencé à ramer il y a 3 ans, avec une autre équipe internationale féminine. L'année dernière, elle a réussi à constituer une équipe française - ou plutôt francophone, puisque le Costa Rica, le Mexique, la Russie, la Chine et la Belgique y sont également représentés. Côté profils, la diversité est également manifeste, en termes d'âge comme de profession, avec un seul point commun : la langue française.
L'équipe féminine française
Claire, dont c'est la première course, explique ce qui l'a séduite dans la course de bateaux-dragons : "C'est une activité qui demande une vraie cohésion ! On doit ramer en rythme, sinon ça ne marche pas, et c'est une expérience qui enseigne vraiment à travailler ensemble". Tenues assorties, échauffements en rythme et même groupes de supporteurs organisés : la manifestation, qui à ses origines devait attirer la chance sur un village ou une corporation, a gardé son esprit de corps. Equipes de corps de métier ou d'entreprises : pour certains, l'enjeu et l'investissement sont plus marqués et ça se voit. Equipement de pointe, slogans criés en coeur, concentration manifeste : la tension monte dans certaines équipes.
Les Gaulois après la remise des prix
A 9 heures le coup d'envoi est donné : les courses commencent avec les équipes féminines. Chez les Gaulois, l'équipe masculine dont c'est la première édition, l'ambiance est détendue. Ici aussi on voit différents âges et profils, tous rassemblés pour cet événement sportif, mais avant tout festif. Pas de stress alors ? Alors qu'il reste plus d'une heure avant le début de leur course, Christophe nous répond : "On fait ça pour s'amuser, donc pas de stress. C'est juste avant la course, quand on est sur l'eau, qu'on sent la montée d'adrénaline ? On a plutôt hâte d'y être, en fait !".
Pourtant le recrutement n'a pas été facile pour l'équipe masculine : trouver dix rameurs et un tambour, disponibles tous les week-ends pour les entraînements, a pris du temps. Mais le plus compliqué, c'est de trouver des sponsors ! Virginie le déplore : "Nous avions de quoi constituer une équipe mixte, mais faute de sponsors, il a fallu renoncer ". Dommage car cette manifestation culturelle est une vraie institution en Chine, et la participation d'équipes étrangères est non seulement remarquée, mais surtout appréciée. Les 4 équipes étrangères sont photographiées, encouragées et applaudies dès qu'elles paraissent. L'envie de s'intégrer à leur culture d'adoption est d'ailleurs l'une des motivations principales des membres des équipes françaises. "Quand nos amis nous demandent ce qu'on a fait ce week-end, et qu'on répond qu'on s'est entraînés pour la course des bateaux-dragons, c'est sûr, on se rend compte qu'on vit la culture chinoise de l'intérieur" sourit Caroline, benjamine de l'équipe.
Après l'effort,... la douche de champagne !
Premiers ou derniers, ce n'est pas le résultat qui compte, nous affirment les 2 équipes, et au moment de la remise des prix, personne n'est trop sûr du classement final. Après tout, chaque équipe reçoit une coupe, mais le plus évident, c'est la joie et la camaraderie qui éclatent sur le podium. Maintenant que les courses sont finies, la fête peut commencer !
Et l'année prochaine, verra-t-on à nouveau des équipes françaises sur l'eau ? "Tout dépend des sponsors", précise Virginie, mais la bonne humeur et les cris de joie qu'on entend derrière elle le montrent clairement : l'entreprise mérite d'être reconduite, et soutenue.
Crédits photos : Emilie Billon
Emilie Billon lepetitjournal.com/shanghai Lundi 13 juin 2016







