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TECHNOLOGIE - Des jeux vidéo chinois plus éthiques

Par Le Vent de la Chine | Publié le 17/12/2018 à 21:15 | Mis à jour le 17/12/2018 à 21:15
Photo : Crédit Digital Trends
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Le 7 décembre, la télévision nationale révélait l’existence d’un nouveau comité éthique des jeux en ligne, supervisé par la State Administration of Press and Publications (SAPP), née en avril. Composé d’experts du secteur et d’éducateurs, il approuvera tout nouveau jeu vidéo. Depuis mars, aucune sortie n’a plus été approuvée. Le comité vient d’en évaluer 20. Bilan : 11 doivent être modifiés, 9 ont été rejetés. D’autres mesures à l’étude visent des quotas, à l’instar de ceux appliqués aux films étrangers. Suite à l’annonce, des éditeurs étrangers tels EA (« FIFA »), Activision (« Call of Duty »), Ubisoft (« Assassin’s Creed ») ou Take-Two (« NBA 2K ») ne sont pas inquiets : les sorties devraient reprendre en mars 2019, après la session de l’Assemblée Nationale.

L’ambiance est bien différente dans les studios chinois, dépendant essentiellement du marché local. Même les géants Tencent ou NetEase ont souffert…

Cette croisade anti jeux-vidéo est partie du Président Xi lui-même, les accusant d’être trop violents, addictifs et abîmant la vision de la jeunesse. En août, China Daily dénonçait le cas d’enfants de migrants, restés seuls au village, livrés à eux-mêmes, passant leur temps à jouer. En novembre, à la conférence mondiale de l’internet à Wuzhen (Zhejiang), le PDG de Tencent, Pony Ma prenait sa part de « responsabilité sociale » en ce fléau. Depuis un an déjà, le groupe de Shenzhen a posé une limite au temps passé sur les jeux vidéo pour les mineurs.

Pour autant, des analystes soupçonnent le pouvoir de renforcer son contrôle sur ces grands groupes de la tech. En témoigne le fait d’avoir imposé une représentation du Parti dans chaque conseil d’administration. Un autre indice est le projet à l’étude depuis 2016, de reprendre 1% de leur capital – ou mieux, de se faire offrir gracieusement cette participation qui lui ouvrirait un rôle direct dans les décisions stratégiques du groupe.

Ensemble, ces actions de l’Etat ont affaibli les groupes : évalué à plus de 500 milliards de $ en janvier, Tencent n’en vaut aujourd’hui plus que la moitié. Alors que Tencent souffle ses 20 bougies en 2018, il annonçait en octobre un nouveau cap, vers les secteurs de la santé et de l’éducation. D’autres cherchent à développer les partenariats avec l’étranger, tel NetEase qui créait en janvier une coentreprise avec les jouets américains Mattel. Quoiqu’il arrive, l’avenir semble promis à plus d’interaction avec l’Etat : une règle valable en Chine pour tous les acteurs, et tous les secteurs.

 

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