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AUGMENTATION DU SMIC A SHANGHAI - La ville qui paye le mieux en Chine

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 30/04/2017 à 19:30 | Mis à jour le 30/04/2017 à 14:50

Le 1e avril 2017, la municipalité de Shanghai a relevé le salaire minimum à 2300 RMB (306 euros) par mois. Le double de certaines régions ! Mais cette augmentation de 5% "seulement" marque une volonté de rester compétitif quand l'exportation et la consommation baissent.

Quels sont les salaires minimum en Chine ?

Si les salaires augmentent régulièrement en Chine, afin de lutter contre l'extrême pauvreté, toutes les régions ne payent pas autant. Shanghai a rehaussé le salaire minimum de 5% par rapport à l'année 2016 pour atteindre les 2300 RMB (306 euros) par mois, ce qui en fait de loin le SMIC le plus élevé du pays. Par exemple dans le Guangxi en 2016, le salaire minimum n'était que de 1000 RMB par mois (133 euros), et dans l'Anhui, 1150 RMB (153 euros).

Ces différences s'expliquent en partie par la variance entre le coût de la vie entre les régions les plus reculées et les grandes villes, mais aussi par la volonté de certaines régions d'attirer de la main-d'?uvre qualifiée. Cependant cette hausse pour la ville de Shanghai est la plus basse depuis 2009 (cf tableau). On se rappelle en 2009 après la crise, qu'un gel des salaires avait été proclamé, ce qui avait entraîné de nombreuses protestations et des grèves. En 2015, l'augmentation du salaire minimum à Shanghai avait encore été de 11 % et de 8,6% en 2016 malgré un ralentissement patent de la croissance ("seulement" 6.7% pour la Chine, et 3.1% au niveau mondial) et de la production.

Car la croissance économique déjà en baisse pâtit aussi de la réévaluation des salaires, qui ne sont pas forcément en lien avec des gains de productivité. Ce qui amène la Chine à perdre sa compétitivité vis-à-vis de ses voisins asiatiques en termes de prix.

Salaires en hausse mais inégalités croissantes

Cependant Shanghai reste la ville où l'on est le mieux payé, avec un salaire moyen de 6504 RMB (866 euros) par mois en 2016, en hausse de 9,5% par rapport à l'année dernière. Mais l'inflation elle, ne ralentit pas malgré la perte de vitesse de la croissance économique, ce qui agrandit les inégalités entre les plus petits et les plus gros salaires. Les ouvriers se plaignent régulièrement de la pénibilité du travail, comparé à leurs patrons, "qui travaillent beaucoup moins qu'eux" et gagnent beaucoup plus.

Pour lutter contre les débordements et éviter le mécontentement des travailleurs en usine, le gouvernement avec instauré une loi confiscatoire, limitant le salaire des top exécutives dans les entreprises d'état à 600.000 RMB par mois (79.865 euros). Mais, si le salaire est limité, les bonus mensuels eux ne le sont pas, aussi dans les faits les disparités de salaires se creusent.

Alors pour les plus petits salaires, le seul moyen de faire face au coût de la vie en augmentation constante, ce sont les heures supplémentaires. Si la semaine de travail est toujours de 40 heures, répartis en 8 heures par jour, 5 jours par semaine, il y a toujours la possibilité de faire des heures supplémentaires : celles-ci aussi sont limitées, pas plus de 3 heures par jour, et pas plus de 36 heures dans le mois. Les heures supplémentaires doivent être payées 150% le taux horaire les jours normaux, 200% pour les jours de repos, et 300% durant les vacances nationales.

Mais dans les faits, les ouvriers parviennent toujours à faire plus d'heures, en accord avec l'entreprise, et les considèrent même comme "normales". À tel point qu'une baisse de l'activité peut entraîner des grèves lorsque l'entreprise n'a plus besoin que les employés fassent autant heures supplémentaires, et que ceux-ci réclament qu'elles leurs soient payées quand même.

Ce salaire minimum si bas, malgré les heures supplémentaires, ne permet pas forcément de bien vivre dans une métropole aussi chère que Shanghai. Surtout pour les travailleurs migrants qui n'ont ni l'accès à l'école gratuite, ni le droit à une couverture sociale.

Quels salaires à Shanghai ?

Si vous êtes joueur de foot, comme Carlos Tenes, à Shanghai Shenhua, vous pouvez gagner jusqu'à 3,2 millions d'euros par mois (ce qui représente toute de même 23 millions de yuan) !

Trêve de plaisanterie, en tant que salariés, voici quelques indications, d'après une étude de 2016 : un responsable financier pouvait espérer gagner au minimum 20 à 25.000 RMB par mois (entre 2.663 et 3327 euros). Un ingénieur en programmes informatique, entre 15 et 25.000 RMB par mois (entre 1.996 et 3.327 euros). Un manager général des ventes, entre 70 et 150.000 RMB par mois (entre 9.324 et 19.980 euros). Et un manager marketing entre 55 et 75.000 RMB par mois (entre 7.326 et 9.324 euros).

Si vous êtes livreur de colis, vous travaillerez 12 heures par jours, parcourrez 40 kilomètres, grimperez 46 étages à pied, payerez vous-même vos communication téléphoniques, et dans certains cas, les amendes en cas d'infraction du code de la route, tout cela pour 3.400 RMB par mois (453 euros).

On le voit, les salaires pour les profils les plus talentueux sont bien au-delà du salaire minimum, car la Chine tente d'attirer les meilleurs pour combler le ?skill gap', le fossé des compétences, ce qui lui permettra de ne plus être l'usine du monde, mais un pays leader en technologies de pointes, et dans le secteur des services. Le problème alors sera pour toutes ces petites mains peu qualifiées, de continuer à gagner assez pour vivre décemment?

Sources : China Labour Bullletin, Morgan Mc Kinley, Wage Indicator, China Daily, China Briefing News

Gaëlle Déchelette lepetitjournal.com/shanghai Lundi 1er mai 2017

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