Mardi 20 novembre 2018
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

AGRICULTURE - L’incontrôlable virus porcin

Par Le Vent de la Chine | Publié le 22/10/2018 à 21:30 | Mis à jour le 22/10/2018 à 21:30
virus-porcin-chine

Depuis l’été, le virus porcin ASF (fièvre porcine africaine) envahit la Chine pas à pas. Trois foyers ont été découverts mi-octobre, portant le total à 42 à travers 11 provinces (dont le Yunnan, au Sud du pays). La plus lourdement frappée est le Liaoning avec 15 foyers. Le virus est venu de Russie, par camion.

Après avoir interdit le transport de porcs vivants (parfois sur des distances de 2000 km) dans les provinces touchées par l’ASF, le virus a continué à progresser sur le territoire chinois. C’est que le gouvernement a voulu éviter un vent de panique, tant du coté des consommateurs (ce qui provoquerait une chute brutale des prix), que du côté des éleveurs. Un facteur de propagation est d’avoir laissé arriver sur les marchés des viandes contaminées, issues d’abattages massifs. De plus, nombre de petits élevages ont été touchés après avoir nourri leurs bêtes avec des restes de porc mal cuits, récupérés dans des restaurants. Le cas le plus grave intervint le 16 octobre à Jinzhou (Liaoning), dans une méga-ferme du groupe Dabeinong : pas moins de 19.900 porcs furent abattus, portant à 100.000 en Chine le nombre des verrats sacrifiés à titre préventif. Comme d’autres acteurs du capitalisme agraire, pressés de prendre la place abandonnée par les petits paysans, Dabeinong, n°15 national (600.000 têtes en 2017), ne possède que 40% de l’élevage de Jinzhou (Liaoning).

Suite à quoi, Yu Kangzhen, vice-ministre de l’Agriculture, avertissait dès le 17 octobre que la supervision devrait être renforcée, surtout dans les grands élevages qui se sont multipliés ces dernières années. En effet, les mesures dites de « biosécurité » y sont largement insuffisantes. Les modes de transmission sont multiples : dans l’eau, l’air, ou la nourriture souvent contaminée par du lisier épandu comme engrais. Mais encore par les pneus des tracteurs qui pénètrent dans les halles, ou par le personnel des élevages, porteurs sains du virus. Pour maitriser le virus, des mesures de quarantaine, de filtration de l’air ou encore de désinfection systématique, des lieux comme des équipements, est nécessaire.

Autre alarme du vice-ministre : il adjure la collectivité de dénoncer les éleveurs pratiquant en secret l’éradication sélective, pour espérer épargner les bêtes n’ayant pas été en contact direct avec les porcs infectés. En effet, si un élevage se déclare touché, il est interdit de vente pendant 6 semaines. Une manière de prévenir la fraude, serait de dédommager systématiquement les éleveurs. Finalement selon un expert du secteur, « si la Chine s’en donne les moyens, cette épidémie peut être l’opportunité d’un bond en avant dans la biosécurité ». Mais à ce jour, ces trous au bouclier épidémiologique, font pendre une épée de Damoclès sur un élevage porcin chinois représentant 50% du total mondial.

 

Nous vous recommandons

Le Vent de la Chine

Le Vent de la Chine

Le Vent de la Chine est une newsletter hebdomadaire d'analyse de l'actualité économique et politique, et sociétale - réputée pour son sérieux et son analyse de qualité auprès des professionnels depuis 1996.
0 Commentaire (s)Réagir

Communauté

CULTURE

FRENCH TOUCH - Petits secrets pour poser avec élégance

Mesdames ! Noël et Nouvel An approchent à grands pas ! Qui dit fêtes de fin d’année signifie aussi galas et fêtes en famille durant lesquelles de nombreuses photos seront prises.