Édition internationale

HARBIN - Les Charmes de Daowai

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 12 juillet 2016

On a souvent vanté l'architecture russe de Harbin. Il est vrai que la ville fondée le long du chemin de fer de l'Est chinois par la Russie tsariste est tellement marquée par l'héritage culturel de la Sainte Russie que la ville a longtemps été surnommée la Saint-Pétersbourg de l'Est.
Les églises orthodoxes, transformées en églises catholiques pour certaines ou en musées pour d'autres (comme Sainte Sophie, photo ci-contre), subsistent encore nombreuses, et ce malgré le déchaînement de la Révolution Culturelle dans cette région. La rue principale restaurée depuis la fin des années 1990 impressionne par l'alignement de ces bâtiments de style baroque russe. Ce sont souvent des grands magasins ou bien des restaurants comme le "Moderne" où l'on consomme encore du borscht au son de la musique classique. Un mélange que n'auraient pas renié les quelques 50 000 russes blancs qui dominaient la vie culturelle dans les années 1920 ! 

Pourtant on parle assez peu de Daowai, (la ville du dehors en Chinois, Daoli étant la partie russe, la ville du dedans). Or, on trouve dans cette partie de la ville toute l'authenticité des vieux quartiers ouvriers regroupés en allées, un peu sur le même modèle que les lilongs Shanghaiens.

Ce quartier est caractérisé par de magnifiques frontons (photo ci-contre) qui rappellent ceux des quartiers commerçants de Canton, Taipei ou encore le quartier Chinois de Melbourne. Il s'agit d'une architecture marchande sur deux étages aux références architecturales nombreuses qui vise manifestement à impressionner les chalands. La plupart de ces bâtiments datent des années 1920, période où la communauté Chinoise est la plus florissante, venue profiter de l'économie ferroviaire et fluviale (la rivière Songhua, affluent de l'Amour, donnant directement accès aux produits russes !).

Les industries locales textiles et alimentaires employaient une main-d'?uvre importante venue de tout le Nord de la Chine. Celle-ci était logée directement dans les allées qui jouxtent les lieux de travail. Beaucoup d'entre elles tombent aujourd'hui en ruine mais y vivent encore de nombreuses personnes. Les frontons sont soit de style baroque chinois ou de style "comprador" sur le modèle de Xiamen ou de Kaiping. Certains bâtiments sont aussi "Art Déco", souvent des fabriques japonaises postérieures à l'invasion de la Mandchourie de 1931. Point intéressant : les cours intérieures sont un mélange de la cour carrée pékinoise (Siheyuan) et du caravansérail tel qu'on en trouvait sur la Route de la Soie.

Les cours et allées entre les ateliers sont en cours de restauration pour permettre aux touristes de goûter les nombreuses spécialités locales. Personnellement, je préfère les façades sur la rue, certaines encore envahies par les herbes sauvages et dont les échoppes au rez-de-chaussée sont décidément plus authentiques! Tout proche de Daowai se trouve un grand marché aux animaux et produits frais de plein air. Celui-ci borde la rivière Songhua (photo ci-dessous) où se regroupent promeneurs et sportifs, achevant de donner de la vie à cette partie de la ville déjà très colorée.

Aussi cette première visite à Harbin est un peu à rapprocher de mes premières impressions de Wuhan : un mélange de culture, d'histoire et surtout un charme très très chinois. À voir absolument donc !

 

Didier Pujol de Shanghai Culture Tours pour lepetitjournal.com/shanghai Mercredi 13 juillet 2016

 

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 13 juillet 2016, mis à jour le 12 juillet 2016
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