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Parasite, la lumière qui fait briller le cinéma sud-coréen

Par Sandra Camey | Publié le 10/02/2020 à 17:35 | Mis à jour le 11/02/2020 à 08:52
Parasite Oscars 2020

En remportant quatre statuettes avec son film Parasite, Bong Joon-Ho réalise un palmarès des premières lors de la 92° cérémonie des Oscars. Déjà une star dans le cinéma mondial, le réalisateur sud coréen a su imposer son nom auprès du grand public.





Le film Parasite entre dans l’histoire
 


Il aura fallu attendre la 92° cérémonie des Oscars pour que la Corée du Sud soit enfin nominée, malgré un cinéma de qualité. Parasite avait déjà remporté la Palme d’Or à l’unanimité lors du Festival de Cannes 2019. Il est aujourd’hui le premier film en langue non-anglaise a avoir gagné : l’Oscar du meilleur film, le prix du meilleur ensemble d’acteurs des Screen Actors Guild Awards et deux récompenses de la British Academy of Film and Television Arts. Le réalisateur ironisait durant les Golden Globes : « Quand vous aurez surmonté la barrière des deux centimètres de sous-titres, vous découvrirez des films étonnants ». Son film Parasite réussit l’exploit pour un film sous-titré et au casting inconnu du public américain de devenir le 7ème plus gros succès de l’histoire pour un film en langue étrangère. Mais son palmarès ne s’arrête pas là puisqu’il remporte quatre statuettes lors de la cérémonie des Oscars 2020 dans la catégorie du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario et du meilleur film international avec 30 millions de dollars de recettes sur le sol américain et plus de 160 millions dans le monde. Ce nouveau film sud-coréen a conquis la critique et remporté un grand succès au box office.



Bong Joon-Ho, pas si nouveau que ça
 


Le réalisateur sud coréen a fait parler tous les cinéphiles et a attiré l’attention du grand public avec son nouveau film « Parasite ». Pourtant, Bong Joon-Ho gagne des prix depuis 1995 et ce même avant de sortir de la Korean Academy of Film Arts (KAFA). En commençant par son deuxième court métrage White Man en 16mm, avec lequel il gagne un prix au Shin-young Youth Movie Festival en 1995. Il réalise en tout 7 longs-métrage au cours des 19 dernières années. Le thriller Mémoires d’un tueur en série sorti en 2003, lui vaut une reconnaissance internationale et séduit 5 millions de Coréens. Trois ans plus tard, The Host remporte près de 90 millions de dollars dans le monde. En 2017, le réalisateur fait sensation avec son film Okja, avec lequel il est sélectionné à Cannes. Ce film co-produit et mis en ligne par Netflix est ensuite écarté du palmarès dû à sa collaboration avec la plateforme. 



 

Le cinéma sud coréen, adulé mais peu exporté
 


Les films de Corée du Sud sont relativement moins connus alors que ce pays produit des films de grande qualité depuis un siècle. Les années 60, années du relâchement de la censure du gouvernement et de l’apparition des classes moyennes, créent un appel d’air d’artistes. Le thème des inégalités financières devient alors caractéristique de ces années là et reviendra sur le devant de la scène dans le cinéma moderne. Bong Joon-Ho reprend avec humour ces thèmes de pauvreté et des conséquences de l’économie libérale. Les années 90 sont devenues la nouvelle vague coréenne. Le film Shiri, sorti en 1999, a eu plus de succès que Titanic dans son pays d’origine. Les Coréens regardent à plus de 50% des films créés chez eux, ce qui est presque inédit hors des Etats-Unis, de l’Inde et de la France. Mais les réalisateurs coréens commencent à se projeter en occident. On peut citer la série Little Drummer Girl par Park Chan-wook pour la BBC, ainsi que le film Stoker. L’arrivée de Parasite pourrait donc ouvrir de nouveaux horizons aux salles de cinéma européennes et américaines pour commencer le voyage au sein du cinéma sud coréen.


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Sandra Camey

De formation scientifique et journalistique, elle s'expatrie à Berlin où elle étudie la photographie et les sciences politiques du Moyen-Orient. Aujourd’hui en écriture de mémoire sur les politiques environnementales au Moyen-Orient
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