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Corée du Sud : la Chine lui prend le chou avec son Kimchi

Par Pierre | Publié le 25/01/2018 à 20:55 | Mis à jour le 25/01/2018 à 20:55
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Le kimchi chinois inonde le marché sud-coréen. Les importations sont désormais onze fois plus importantes que les exportations. À tel point que désormais, ce plat authentique de la Corée du Sud provient majoritairement de Chine.

 

Les Sud-Coréens se nourrissent essentiellement de kimchi étranger. Une « honte » selon Yonhap, l’agence de presse sud-coréenne qui ne mâche pas ses mots. Et pour cause, l’un des symboles du patrimoine gastronomique du pays est en péril.

D'après les services de douane, en 2017 le pays a importé plus de 275 000 tonnes de kimchi, contre un export d’environ 24 000 tonnes seulement. Ce qui représente un déficit commercial massif qui s’élève à 47,3 millions de dollars (38 millions d’euros).


Le kimchi, un met traditionnel qui constitue l’un des symboles de la cuisine nationale perd peu à peu son identité. Cet accompagnement constitué de choux fermenté aux épices est extrêmement populaire en Corée du Sud. Or, le légume chinois est moins cher. Environ 15 % par rapport au coût du produit national.

En 2016, Séoul exportait son kimchi au tarif de 3,36 dollars le kilo, contre 0,5 dollars pour les produits chinois selon l'Agro-Fisheries & Food Trade Corporation, un groupe multinational d'exportateurs. Une lutte désespérée pour le pays du Matin calme. À tel point que le kimchi de l’empire du Milieu représente aujourd'hui 99 % des importations.


 

Une consommation qui s’élève à 1,85 millions de tonnes annuelles


Ce déficit n’est pas nouveau. Et depuis 2006, l’exportation diminue au détriment de l’importation. Hormis en 2009, en raison d’une récolte exceptionnelle. Mais dès l’année suivante, un excédent de précipitations entraîne une pénurie de choux en Corée du Sud. En 2010, le kimchi chinois envahit la Corée. Une tendance qui se confirme d’année en année.

D'autant plus que le Japon a diminué ses commandes de choux alors qu’il représente l’un des principaux consommateurs du kimchi coréen. La raison ? Une faible croissance économique qui s’ajoute à une diminution de la population nippone, selon l'Agro-Fisheries & Food Trade Corporation.

 

En Corée du Sud, le kimchi reste un incontournable. En moyenne, un Sud-Coréen en consomme environ 36 kilos chaque année. Soit une consommation annuelle d’environ 1,85 millions de tonnes pour l’ensemble du pays. Mais d’après diverses enquêtes, une part importante du chou en provenance de Chine est servi dans les restaurants. Pourtant, ce symbole de l’identité sud-coréenne est inscrit au patrimoine mondial culturel immatériel de l’Unesco depuis 2013.

Un héritage qui « constitue une partie essentielle des repas coréens, transcendant les différences de classe et régionales », d’après l’institution. Une déclaration révélatrice. Peu importe les classes sociales et les régions, tous subissent de plein fouet la mondialisation. Un “made in china“ qui affecte même un plat vieux de plusieurs siècles.

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Pierre

Étudiant en journalisme, je porte un intérêt tout particulier à l’actualité internationale. À travers mes divers stages et voyages, notamment en Asie, je m’efforce de comprendre la mosaïque de religions et de cultures qui composent ce continent.
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