Cannes 2022 : la Corée du Sud, pays chouchou de la 75e édition

Par Laura Pertuy | Publié le 26/05/2022 à 17:45 | Mis à jour le 28/05/2022 à 09:27
Photo : Retour à Séoul du réalisateur franco-cambodgien Davy Chou
Retour à Séoul du réalisateur franco-cambodgien Davy Chou

Si la manifestation cinématographique la plus prestigieuse au monde représente un riche éventail de pays, la cuvée 2022 exprime un intérêt très notable pour les longs métrages tournés en Corée du Sud. Comment expliquer cette popularité ?

 

 

Surfant sur le succès exceptionnel de Parasite de Bong Joon-ho, Palme d’or en 2019, la Corée du Sud n’en finit plus d’attirer les équipes de tournage, et pas seulement locales. Pour preuve, le Festival de Cannes compte cette année pas moins de cinq films prenant pour décor une ville sud-coréenne, dont le très joli Retour à Séoul du réalisateur franco-cambodgien Davy Chou. On y suit Freddie (campée par la révélation Park Ki-Min), une Française née dans la capitale coréenne qui y revient sans réel but, du moins dans un premier temps. Se dessine au fil du long métrage une recherche d’identité finement amenée, calée sur l’imprévisibilité de son héroïne. L’occasion aussi de parcourir Séoul à ses côtés… tout comme dans Les Bonnes étoiles du réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda – lauréat de la Palme d’or en 2018 pour Une affaire de famille – qui retrouve ici la thématique de l’abandon, le film s’intéressant aux « baby boxes », endroits où sont déposés des bébés non désirés de façon anonyme.

 

 

 

C’est aussi le grand retour en compétition de l’enfant prodige Park Chan-wook, six ans après l’excellent Mademoiselle, avec le film noir Decision to Leave, qui offre de très belles images nocturnes de Busan.

 

 

Autres exemples de la vitalité de la production coréenne, le thriller Hunt de Lee Jung-Jae, présenté en Séance de minuit, et le très réussi Da-eum-so-hee, polar féministe de la cinéaste July Jung, sélectionné à la Semaine de la Critique.

 

 

La Corée du Sud dans le top 5 des marchés cinématographiques

Autant de longs métrages qui se font l’écho d’un système de production et de distribution assez proche du modèle français, car massivement soutenu par les pouvoirs publics. La Corée du Sud figure d’ailleurs aujourd’hui dans le top 5 des marchés cinématographiques mondiaux, grâce au cercle vertueux créé par ses succès à répétition, son solide réseau de salles et des subventions généreuses en faveur des projets de films, notamment grâce à l’intervention des présidents Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, qui se sont succédé entre 1998 et 2008. Cette ascension présagerait-elle d’une nouvelle Palme d’or ? Réponse ce samedi 28 mai lors de la cérémonie de clôture du festival.

 

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Laura Pertuy

Fondatrice de notre édition de Stockholm, Laura Pertuy est journaliste culturelle spécialisée en cinéma, traductrice et programmatrice de festivals.
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