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VILA NOVA ESPERANÇA – La favela qui rêvait d’écologie

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 26 mars 2014

Sur les hauteurs de São Paulo, les habitants de Vila Nova Esperança se battent depuis des années pour obtenir leur droit de propriété et faire de leur favela un exemple de développement durable.

C'est sur l'une des collines de la Zona Oeste que sont éparpillés les baraquements de briques et de tôle de la favela Vila Nova Esperança (la ville du nouvel espoir). Pour y accéder, il faut emprunter une route escarpée, tracée au coeur d'une végétation luxuriante. Peu à peu, s'alignent les premières constructions du bidonville. En ce samedi après-midi, un air de fête souffle sur la communauté. Sous des bâches colorées, des enfants fabriquent des bombes à eau dans des sacs en plastique, tandis que d'autres s'amusent de ballons gonflables. De jeunes mamans, leur dernier né dans les bras, se dirigent vers le local de l'association Vila Nova Esperança où sont déjà réunies une centaine de personnes. Habitants, militants de l'ONG Um Teto para meu pais ou encore universitaires de la USP se sont donnés rendez-vous pour faire le point sur leur combat.

Un combat pour le droit des habitants
Après 52 ans d'occupation, les habitants font face aux promoteurs et à la municipalité bien décidés à récupérer le terrain. Profiter de l'environnement naturel pour en faire un nouvel Ibirapuera bordé d'immeubles de standing. Un nouveau Moema sur la Raposo Tavares. En 1963, Dona Sebastiana, une habitante, avait pourtant officiellement racheté les terres qu'elle avait divisées en lots pour les offrir à ses voisins. Arguant que le terrain se situe dans le parc écologique Tizo, le secrétariat municipal à l'environnement a déposé une action en justice visant à déloger les habitants.

Depuis 2007, Lia et les femmes de la favela sont entrées en résistance. Occupation de la mairie, tracts, lancement d'un blog, appel à la presse, à des avocats et aux urbanistes de l'USP. Au fil des années, leur mouvement a pris de l'ampleur et a rallié à sa cause de nombreux soutiens. En 2012, le juge leur a donné gain de cause et reconnu leur légitimité sur le terrain. Vila Nova Esperança restera entre les mains de ses fondateurs.

Potager et aire de jeux
Debout sur l'estrade, Lia, un petit brin de femme énergique, prend la parole. Après cette première victoire, celle qui a mené la lutte pour le droit des habitants, veut désormais aller plus loin. La militante rêve désormais de développement durable et de maisons écologiques. ?

Un espoir qui commence à prendre forme. A côté des baraquements insalubres et des fils électriques parsemés de linge mouillé, commencent à émerger quelques maisons qui se distinguent du reste de l'habitat. En octobre 2012, Um Teto para meu pais - une ONG  spécialisée dans la construction de maisons dans les favelas ? a bâti les premiers exemplaires d'habitation écologique. En avril 2013, un potager communautaire a été mis en place. L'objectif de Vila Nova Esperança est désormais de construire un parc infantile écologique. Afin de recueillir les fonds nécessaires, une campagne sera bientôt organisée. Lepetitjournal.com Brésil sera partenaire et vous tiendra au courant de cette opération dans les semaines à venir.

Anne-Louise SAUTREUIL et Amélie PERRAUD-BOULARD (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 26 mars 2014


lepetitjournal.com sao paulo
Publié le 25 mars 2014, mis à jour le 26 mars 2014
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