

Eve Doe-Bruce est actrice dans l'une des troupes françaises les plus fameuses au monde : le Théâtre du Soleil, dirigé par Ariane Mnouchkine depuis 48 ans. Elle sera fin juillet à São Paulo pour offrir un stage de théâtre. Lepetitjournal.com l'a rencontrée.
Lepetitjournal.com ? Comment avez-vous réussi à intégrer la prestigieuse troupe théâtrale d'Ariane Mnouchkine, le Théâtre du Soleil ?
Eve Doe-Bruce ? Dans les années 80, j'ai vu le cycle de Shakespeare avec la mise en scène d'Ariane Mnouchkine (la directrice de la troupe du Théâtre du Soleil, ndr), à la Cartoucherie, à Paris. À l'époque je travaillais dans une petite troupe et je prenais des cours de masques balinais. Une copine m'a dit que le Théâtre du Soleil proposait un stage. J'y ai participé et à la fin j'ai été retenue. Je n'ai pas joué tout de suite car il n'y avait pas de rôle pour moi dans la pièce que le Théâtre du Soleil répétait à ce moment-là. Mais j'ai dit à Ariane que ce qui m'intéressait c'était la troupe et aussi les relations avec le public.
Le public des spectacles montés par le Théâtre du Soleil se sent bien. C'est comme si le théâtre était une maison et que celui qui va assister au spectacle est l'invité principal de la fête. C'est un partage et aussi un voyage où l'on emmène les gens.
Connaissiez-vous déjà le Brésil ?
J'adore le Brésil. J'ai découvert ce pays pendant notre tournée avec le spectacle "Les Ephémères". Je retrouve dans le portugais les mots de ma langue, le mina (langue parlée au Togo, ndr). Mais ce n'est pas que la langue. Je m'y sens bien. Il y a une douceur, une chaleur. Par exemple, lorsque je vais acheter une orange, la marchande ne me connaît pas et pourtant elle dit "Bonjour mon adorée, comment vas-tu ?" Dans la langue portugaise, l'étranger est quelqu'un de proche.
Vous venez à São Paulo pour proposer un stage de théâtre sur le thème de l'énergie de la création, et en avez déjà réalisés au Brésil?
Ce qui me frappe dans ce stage c'est l'immense désir qu'ont les Brésiliens d'apprendre. Pour moi qui viens d'Europe, je trouve ça extraordinaire. Les Européens sont souvent blasés, tandis qu'ici il y a une vraie demande. Et c'est un vrai plaisir de partager. Nous travaillons quelques scènes. Mais avant de passer au texte, il faut se préparer, il y a toute une pédagogie sur la façon dont nous travaillons.
Faut-il être acteur professionnel pour participer à cet atelier ?
Le niveau des participants est très divers - il y a des acteurs et des étudiants, mais aucun problème. L'important c'est le désir d'apprendre et il n'y a pas de raison de limiter le stage aux acteurs professionnels. Pourquoi l'un aurait-il plus le droit qu'un autre ? Bien sur que les indications varient selon la connaissance de chacun, mais c'est une expérience très enrichissante dans tous les cas pour chacun.
Propos recueillis par Lise ARON (www.lepetitjournal.com - Brésil) jeudi 25 juillet 2013





