

La Commission de la Vérité de l'état de São Paulo a livré les conclusions de 9 mois d'enquête : l'ancien président de la République brésilien aurait bien été l'une des victimes de la dictature militaire.
La Commission de la Vérité de l'Etat de São Paulo est chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'homme durant les années de dictature au Brésil. Selon la Folha, elle a annoncé mardi les résultats d'une l'enquête menée sur la mort de l'ancien président Juscelino Kubitschek, officiellement décédé le 22 août 1976, dans un accident de voiture dans l'Etat de Rio de Janeiro, sur la Rodovia Dutra, du côté de Resende.
Il s'est pourtant avéré que 90 preuves réunies au cours de 9 mois d'enquête aient permis de confirmer l'hypothèse d'assassinat de l'ancien président, commandité par le régime militaire. Le quotidien affirme que le rapport, présenté par le président de la Commission, Natalini, conclut à "l'assassinat de Juscelino Kubitschek de Oliveira, victime d'un complot et d'un attentat politique".
Des preuves troublantes
Ont notamment permis de parvenir à ce résultat le témoignage du chauffeur du bus censé être entré en collision avec la voiture de JK, qui affirmait qu'il n'y avait eu aucun contact entre les deux véhicules. L'homme a également déclaré avoir refusé l'argent que deux hommes étaient venus lui proposer cinq jours après les événements afin d'assumer la responsabilité de l'accident.
Un autre point troublant également était le trou observé sur le crâne du chauffeur de JK, Geraldo Ribeiro, par le médecin légiste Alberto Carlos de Minas, qui a témoigné au cours de l'enquête. L'homme aurait donc été tué d'une balle dans la tête, avant de percuter le camion.
Selon le site G1, les commanditaires de l'assassinat auraient été le SNI, service renseignements brésilien, ainsi que les généraux João Batista Figueiredo, Couto et Silva.
Natalini va informer le gouvernement, le président de la Cour Suprême, ainsi que celui de la Commission nationale de la vérité, pour qu'ils reconnaissent que la mort de JK n'était pas accidentelle.
Amélie PERRAUD-BOULARD (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 11 décembre 2013
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