

Il y a 60 ans, le 24 août 1954, le président brésilien se suicidait d'une balle de Colt de calibre 42 dans le coeur. A cette occasion, Lepetitjournal.com revient sur l'histoire et l'héritage laissé au Brésil par les politiques menées par celui que l'on surnommait ?le père des pauvres et la mère des riches?.
Personnage ambivalent qui a profondément marqué son époque, Getúlio Vargas s'est donné la mort il y a 60 ans dans le Palais do Catete de Rio. D'origine gaúcha, né dans le Rio Grande do Sul, "le père des pauvres" a gouverné le Brésil pendant deux mandats : l'un, de 1930 à 1945 où il a pris le pouvoir après la Révolution de 1930, l'autre, de 1951 à 1954, en ayant cette fois suivi la voie démocratique. Ses deux présidences ont été les témoins d'avancées économiques et sociales, mais ont aussi été marquées par le contrôle des syndicats et de la propagande.
D'un point de vue économique, le décret-loi du 29 avril 1938 déclarant le pétrole comme ressource d'intérêt public et donnant l'exclusivité de son exploitation à l'Etat, ainsi que la campagne ?Petroleum é Nosso?, amèneront à la création de l'entreprise Petrobras, aujourd'hui fleuron de l'économie brésilienne. En créant également au cours de la Seconde Guerre Mondiale la Compagnie de sidérurgie nationale et la compagnie Vale do Rio Doce, aujourd'hui producteur multinational de minerais, Getúlio Vargas a posé ainsi les premières pierres de l'industrialisation du Brésil.
Avancées sociales contrôlées
Côté social, l'un des premiers actes du dirigeant brésilien a été de créer le ministère du Travail, de l'industrie et du commerce et d'instaurer par la suite de nombreuses mesures pour protéger les travailleurs. Le 1er mai 1943 a été votée la CLT (Consolidaçao das leis trabalhistas), qui met en place un salaire minimum et limite la journée de travail à 8h. Si vous êtes employé au Brésil et possédez une Carte de travail, vous êtes sous le régime de la CLT. C'est d'ailleurs une mesure controversée, les détracteurs de Getúlio Vargas affirmant qu'elle était créée sur le modèle de la Carta del lavoro italienne, mise en place par Benito Mussolini et ayant pour but de contrôler les travailleurs.
Avec la création en 1932 du premier code électoral du Brésil, Getúlio Vargas a également établi le vote obligatoire ? toujours d'actualité - et autorisant les femmes à voter. Mais il ne faut néanmoins pas oublier qu'en tant que dirigeant de l'Estado Novo, un modèle d'Etat autoritaire inspiré des Etats fascistes européens, il a mis en place le Département de la presse et propagande, qui visait à contrôler la presse et les manifestations.
En sus de ces mesures économiques et sociales posant les fondements du Brésil actuel, Getúlio Vargas a incontestablement eu un impact profond sur la société brésilienne, comme le résume bien le fameux diplomate Osvaldo Aranha lors de son discours prononcé à l'enterrement du président brésilien : il a ?entrouvert pour le Brésil la conscience des choses, la réalité des problèmes, la perspective de (leurs) destins?.
Lionel RIVIERE (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 3 septembre 2014
*Photo : Wikipedia





