

Le Brésil affiche un taux de scolarisation que beaucoup lui envient puisque 95,6% des 10-14 ans vont à l'école. Pourtant, le niveau de connaissances général en fin de cursus est catastrophique, la faute à un système éducatif inefficace. Lepetitjournal s'est penché sur le sujet
Cours à l'Ensino Fundamental Fercal de Sobradinho (DF) - Photo : Fabio Rodrigues Pozzebom/ABr
Tous les enfants de nationalité brésilienne en âge d'être scolarisés ont accès à l'école publique gratuite, une fierté pour cet immense pays de 186 millions d'habitants. Mais, en matière de qualité d'enseignement, le Brésil est un très mauvais élève : l'OCDE le place en 52ème position sur 57 pays interrogés. Le système éducatif, remis en cause par de nombreux spécialistes et médias nationaux, est donc aujourd'hui l'un des grands défis du pays.
Le magazine Veja, compare même le niveau d'instruction actuel à celui du XIXème siècle, le jugeant totalement inadapté au monde du travail. Un sondage publié par ce magazine montre que le sens critique des élèves n'est pas ou peu sollicité. Certains professeurs tendent également à transmettre une opinion politique jugée comme partiale, alors que plusieurs points de vue devraient être abordés. L'enseignement est donc anachronique et les idées enseignées sont loin de l'objectivité requise à tout professeur.
Par ailleurs, d'après l'UNESCO, le Brésil est l'un des pays où le salaire des enseignants de l'école publique est le plus bas. La journaliste Margarida Azevedo, dans le Jornal do comercio, écrit que la plupart des professeurs sont obligés de trouver un boulot d'appoint pour pouvoir survivre. La moyenne nationale est de 950 réais par mois, ce qui est insuffisant pour vivre correctement.
L'école privée n'est pas meilleure
Malgré ces résultats catastrophiques, 90% des parents d'élèves se disent « satisfaits » des connaissances transmises par l'école à leurs enfants. Pourtant, 60% des élèves atteignent la 8ème série (équivalent de la 6ème) sans savoir interpréter un texte, ni être capables de résoudre des opérations mathématiques simples.
Au Brésil, le système d'école privée est très développé, laissant aux parents le libre choix en fonction de l'enseignement proposé et du prix à payer. Dans un classement des 10 écoles avec les meilleurs résultats de la ville de São Paulo, 8 sont privées. Ces établissements insistent particulièrement sur la discipline, la ponctualité mais surtout organisent des examens hebdomadaires, qui servent à évaluer et repérer les élèves en difficultés. Mais ces écoles coûtent souvent très chèr, et ne sont pas à la portée de la plupart des Brésiliens : il faut compter environ 1500 réais par mois pour un élève dans ces écoles.
Pour que les citoyens du Brésil construisent un pays indépendant de toute corruption, il faut que chaque habitant puisse recevoir une instruction de qualité. C'est ce que plusieurs organisations regroupant éducateurs, organisations sociales, sociétés civiles, etc. ont cherché à imposer en lançant en 2006, le projet Tous pour l'éducation*. Ce consensus a pour principe l'instauration d'un système de 5 objectifs mis en place dans les écoles du pays, à atteindre d'ici 2022. Les objectifs prévoient entre autres que tous les enfants entre 7 et 14 ans soient être scolarisés, et que tous soient capables d'écrire à l'âge de 8 ans. Chaque année, une confrontation avec les membres du gouvernement est organisée, pour trouver des solutions durables au problème récurrent de l'éducation. Les différentes institutions cherchent aujourd'hui des solutions pour pallier ce manque, et donner aux Brésiliens l'éducation qu'ils attendent.
Aurélie TOLAT (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 15 octobre 2008
* www.todospelaeducacao.org.br
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