

Devant la très forte hausse de la demande sur le marché brésilien dont les capacités de production sont saturées, et compte-tenu du niveau du taux de change entre le réais et le peso, les constructeurs accélèrent la délocalisation de la production du Brésil vers l'Argentine
Ligne de montage de la C4 Pallas, dans l'usine PSA Peugeot-Citroën de Palomar, en Argentine (photo Citroën Argentine)
Plus d'un million de véhicules neufs ont été vendus au Brésil depuis le début de l'année, ce qui représente 33% de plus que les ventes de l'an dernier sur la même période. Les constructeurs ne s'attendaient pas à une croissance aussi forte et aussi rapide de la demande et les usines brésiliennes atteignent la limite de leurs capacités de production. Plus de 3 milliards d'euros devraient être investis dans le courant de l'année, pour augmenter les capacités de production et développer de nouveaux modèles. Mais il faut compter un certain temps avant que la réalisation des aménagements, la mise en place de nouvelles lignes et de nouvelles machines ne portent leurs fruits.
Dans un premier temps, la solution a été la mise en place de rotations supplémentaires dans les usines, travail de nuit et le week-end, mais ce n'est pas suffisant pour produire la quantité de véhicules attendue par le marché.
Devant la forte hausse de la demande et l'appréciation du réal (et la dévalorisation du peso), les constructeurs se sont de nouveau tournés vers l'Argentine, qu'ils avaient abandonnée à la suite de la crise de 2002. Ainsi, une part croissante de la production est délocalisée vers le pays voisin, où les coûts de production sont inférieurs de près de 30% à ceux des usines brésiliennes.
La tendance initiée en 2006 va s'accélérer en 2008
Fiat a annoncé qu'une partie de la production du modèle Palio, le deuxième plus vendu au Brésil, serait transférée vers l'usine de Pacheco tandis que la Siena y est déjà produite depuis janvier, afin de libérer les lignes de l'usine brésilienne de Betim qui produit la Punto. La ligne de montage de Pacheco était inutilisée depuis 2002, l'usine ne fabriquant plus que des moteurs et des transmissions, et Fiat a investi près de 40 millions d'euros pour la réactiver. Volkswagen devrait aussi délocaliser une partie de la production de la Fox dans l'usine de Pacheco où est déjà produite la SpaceFox, l'ancienne Polo Classic et le pickup Caddy. Pour libérer son usine du Paraná afin d'y monter la Logane et la nouvelle Sandero, en plus de la Mégane et de la Scénic, Renault a décidé en septembre dernier de délocaliser en Argentine la totalité de la production de Clio, soit plus de 45.000 unités prévues pour 2008. Au total, ce sont plus de 100.000 véhicules dont la production devraient être délocalisée.
Dès 2006, l'Argentine avait recommencé à attirer les constructeurs : Peugeot y produit la 307 Sedan, Citroën la C4, Toyota la Hilux et Ford la Focus. Avec un investissement initial de 60 millions d'euros, Honda a lancé la construction de sa première usine qui devrait entrer en fonction en 2009. Peugeot a aussi délocalisé à la fin de l'année 2006 la production de 5.000 unités de la 206, destinées à l'exportation vers le Mexique.
Plus de la moitié des véhicules produit en argentine en 2008 est destinée au marché brésilien. La production devrait largement dépasser les 544.000 véhicules construits en 2007 et les objectifs annoncés sont de 750.000 unités en 2010. Toutefois, ce sont les véhicules les plus anciens de conception qui sont délocalisés, les modèles plus récents et plus complexes restant produits au Brésil.
Laurent GUERINAUD. (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 28 mai 2008
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