Édition internationale

SALON D'AUTOMNE D'AMERIQUE LATINE - Pour une meilleure divulgation du travail des artistes

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 mars 2015

 

Le Salon d'Automne d'Amérique Latine, organisé au Mémorial de l'Amérique Latine à Sao Paulo jusqu'au 1er juin, se propose de faire découvrir le travail d'artistes contemporains. Un projet né de la passion commune pour les arts d'Eliana Minillo et Claude Martin Vaskou. Lepetitjournal.com les a rencontrés.

Chaque année, depuis 1903, est organisé au Grand Palais, à Paris, le Salon d'Automne. Un événement qui se fait fort de mettre en avant les ?uvres d'artistes prometteurs et qui mise sur la pluridisciplinarité, présentant photographies, gravures, peintures, sculptures, etc.

Dès 2009, le Salon d'Automne a choisi de nouer des partenariats à l'international, avec pour objectif de mettre en place le même format d'exposition dans différents pays. Des Salons ont déjà été montés en Espagne, en Arabie Saoudite, en Egypte et au Japon, entre autres. Eliana Minillo, artiste, et Claude Martin Vaskou, ancien diplomate et collectionneur d'art, ont choisi de monter les Salons d'Automne en Amérique Latine. Après une première édition organisée l'an passé à la Galerie L'?il de l'Alliance Française de Sao Paulo, c'est cette année la galeria Maria Traba située au Memorial da America Latina qui accueille ce second Salon d'Automne d'Amérique Latine jusqu'au 1er juin. Les deux animateurs du Salon nous y ont reçu.

Lepetitjournal.com ? Pourquoi avez-vous choisi de donner naissance à un événement artistique à Sao Paulo ?
Claude Martin Vaskou et Eliana Minillo ? Lorsque j'ai rencontré Eliana, qui est artiste, elle m'a parlé des difficultés que les artistes pouvaient rencontrer pour rentrer dans le circuit commercial. A Sao Paulo, on trouve beaucoup de manifestations culturelles, mais plutôt des expositions à caractère commercial, comme la SP-Arte, ou bien la Biennale qui suit une thématique et dont le commissaire choisit les ?uvres, appelant alors certains artistes à participer. Les expositions individuelles sont organisées par des institutions telles que la Caixa Cultural, le CCBB ou encore la Fiesp pour des artistes déjà reconnus. L'espace existant pour que les artistes peu connus puissent présenter leurs ?uvres est donc très réduit. Il y avait quelque chose à faire pour y remédier.

Comment vous êtes-vous rapprochés du Salon d'Automne ?


J'ai (Claude Martin) été mis en contact avec le Salon d'Automne en tant que collectionneur, car j'ai été amené à prêter une ?uvre de Victor Brecheret, le Rodin de Sao Paulo, pour le Salon d'Automne de Paris en 2005. Eliana a exposé à celui de 2008 et reçu le Grand Prix de Peinture. Cela a été déclencheur. Répondant à la volonté d'internationalisation du Salon d'Automne, j'ai été invité à intégrer le comité et suis devenu le représentant pour l'Amérique Latine. Nous vivions la moitié de l'année au Brésil et savions que beaucoup d'artistes voulaient exposer ici, avec un nouveau salon.

Vous avez choisi de ne pas limiter ce Salon au Brésil?
Nous avons souhaité être très ambitieux dès le départ et pour cette raison avons fait le choix de l'ouvrir à l'ensemble de l'Amérique Latine pour le rendre plus pérenne. L'Association du Salon d'Automne France-Brésil (SOAL) a été fondée en mai 2011. L'objectif est d'organiser un salon tous les ans ou tous les deux ans.

Notre association dispose d'un tour de table très prestigieux, puisqu'y participent, entre autres : Beatriz Pimenta Camargo, la présidente du MASP ; Joao Carlos de Souza Meirelles, un homme d'affaires, ancien secrétaire d'état à l'Agriculture et au Développement économique, aujourd'hui conseiller spécial du gouverneur ; le fils et le petit-fils de Victor Brecheret ou encore Jean-Marie Lannelongue, ancien président de la Chambre de Commerce Franco-Brésilienne.

Quel est l'objectif de l'événement ?
Le Salon d'Automne a une stratégie fondée sur la fraternité des arts et des artistes à l'international que nous suivons. Etant une association à but non lucratif, nous ne nous chargeons pas de la commercialisation des ?uvres, il n'y a pas non plus de frais d'inscription pour les artistes. Nous cherchons à divulguer le travail des artistes. La recherche de nouveaux artistes, leur faire connaître le principe du Salon, s'assurer de la qualité des ?uvres exposées est au c?ur de notre mission.

Comment s'opère la sélection des artistes qui exposent lors du Salon d'Automne ?
Il a tout d'abord fallu communiquer sur la création de ce Salon d'Automne d'Amérique Latine, puis nous avons lancé un appel à candidature afin de recruter des artistes. Nous avons également constitué un réseau de correspondants en Uruguay, en Argentine, en Colombie, etc. qui ont relayé l'information. Dès la première année, 800 artistes nous ont contactés, et nous avons reçu plus de 400 inscriptions. Le jury, composé d'artistes et du président du Salon d'Automne de Paris, a ensuite sélectionné 110 artistes de 12 nationalités, en s'appuyant sur la qualité artistique des ?uvres présentées. Cette année, ce sont plus de 1.000 artistes qui se sont intéressés au Salon et nous avons inscrit l'?uvre de 500 d'entre eux. Ont été retenus 129 artistes originaires de 18 pays différents (Brésil, France, Uruguay, Pologne, Cuba, etc.). Souhaitant également proposer un volet historique, nous rendrons hommage à un artiste : cette année, Candido Portinari.

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Privilégiez-vous certains domaines artistiques ?

Pour pouvoir être exposées, les ?uvres doivent être inédites et avoir moins de deux ans. Mais nous ne sommes fermés à aucun choix d'expression, défendant la diversité de l'expression artistique. Notre action est fondée sur le dialogue entre les ?uvres d'art. Une idée que nous avons d'ailleurs suivie pour installer les ?uvres dans la Galeria Maria Traba.

Nous avons imaginé un cheminement partant d'une ambiance plutôt spirituelle où les ailes représentent la liberté de création de l'artiste, en passant par le minéral, puis le végétal : c'est en effet dans la nature que les références de l'?uvre sont recherchées, même si l'interprétation plastique est créée par l'artiste. Une partie est également dédiée au portrait, un genre qui a toujours existé à travers l'histoire de l'art. L'homme part ensuite explorer le monde dans lequel il vit, questionnant la société, le milieu urbain où il évolue. C'est toute une histoire que nous racontons à travers ce Salon.

A l'occasion du Salon, des prix sont remis. Quels ont été les artistes primés cette année ?
Les prix SOAL 2014 de peinture "Gérard Valentin-Salon d'Automne de Paris" a été attribué à
André Maciel, celui de sculpture "Figwal-Salon d'Automne de Paris", à Newton Santanna. L'Alliance Française de Sao Paulo a choisi de décerner le prix d'arts graphiques à Virginia Nicoleti. Celui de photographie, désigné par la Banque de la République Orientale d'Uruguay, est revenu à Fernando Gonçalves. Ont également été primés Marcia Rosemberg (livre d'artiste),  Maria Eugênia Baptista (installation). L'APAP (Association professionnelle des artistes plastiques de Sao Paulo) a choisi de distinguer Marcos Akasaki en peinture, Cynthia Ebaid en sculpture, Olivia Niemeyer pour les arts graphiques, Bozena Pilar pour la photo. Enfin, le Mémorial d'Amérique Latine a souhaité récompenser le travail du Brésilien Julio Perestrelo et celui de l'Argentine Alicia Esquivel.

Propos recueillis par Amélie PERRAUD-BOULARD (www.lepetitjournal.com/sao-paulo) mardi 20 mai 2014

Informations pratiques :
Fundação Memorial da América Latina
Galeria Marta Traba
Av. Auro Soares de Moura Andrade, 664
01156-001 - Barra Funda ? São Paulo SP
11 3823.4600
Découvrir le catalogue des oeuvres exposées
www.salon-automne-franca-brasil.com

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Publié le 19 mai 2014, mis à jour le 5 mars 2015
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