Édition internationale

REVOLUTION AUDIO – Le CD a 30 ans !

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 10 décembre 2012

Le Compact Disc ou CD qui, hormis le cas de collectionneurs, a définitivement relégué les 33 tours au fin fond du tiroir, vient de fêter ses 30 ans !  C'est en effet le 1er octobre 1982 qu'a été lancé le premier appareil reproducteur de disques compacts qui coûtait alors l'équivalent de 4.300 R$ et ne pesait pas moins de 7,5 kilos. Mais revoyons un peu l'histoire de ce petit objet qui fait partie intime de notre vie de tous les jours...

Caractéristiques et spécificités
Le CD est un disque optique de 12 cm de diamètre sur lequel on imprime une spirale de 22,188 tours, ce qui correspond à 5,6 km de long et 80 minutes de son. Les données sont comme qui dirait "poinçonnées" sur cette spirale, ce qui provoque des irrégularités ou alvéoles (photo ci-dessous). Ces poinçons ne sont autres que des bits numériques et ce sont eux qui contiennent les informations du CD. Chaque alvéole possède 500 nanomètres de largeur par 125 de profondeur. Leur longueur varie entre 850 et 3.500 nanomètres. Pour se donner une idée des dimensions, si le disque était mis à l'échelle d'un stade de football, un alvéole aurait la taille d'un grain de sable !

Sorte de galette de 1,2 mm d'épaisseur et pesant environ 16 grammes, le CD est composé de quatre couches successives. La première est une couche adhésive en impression off-set ; la seconde est une couche acrylique qui contient les données proprement dites. La troisième est une couche réfléchissante en aluminium - mais sachez qu'elle était en or au tout début. Enfin, pour protéger le CD de la poussière et autres saletés, on applique un vernis spécial, composé de polycarbonate qui fonctionne comme une espèce de bouclier protecteur. Les différentes couches sont déposées par une machine sous l'état liquide, en commençant par le pourtour du centre du disque, puis réparties sur la surface par force centrifuge,  garantissant ainsi une répartition uniforme. Quant à la belle couleur argentée du dessus, elle est en réalité la somme de toutes ces couches. Un CD possède une longévité de l'ordre du siècle si toutefois il est bien traité par son propriétaire... et ses successeurs. En comparaison, un CD-R (vierge) ne dure que 10 ans, du fait de sa sensibilité aux rayons lumineux et parce que la composition des couches diffère légèrement pour permettre l'enregistrement de données chez soi - c'est-à-dire dans un environnement non-professionnel.

Le contenu d'un CD équivaut à environ 487 disquettes de 3 1/2", soit 700 MB de données haute-fidélité et offre en outre beaucoup plus de résistance qu'une simple disquette, à la chaleur, au froid et à la proximité d'appareils à champ magnétique - comme c'est le cas des téléphones portables, par exemple.

Les CD sont couramment protégés par des boîtiers standards en plastique transparent, permettant ainsi  la création d'un boîtier attractif où l'on glisse une feuille ou un livret, afin d'améliorer la présentation. Il existe également des pochettes en papier ou carton (Digipack) ou même dans d'autres matériaux (verre, métaux, bois, carton recyclé, etc.) dans le cas d'éditions limitées ou de promotions en rapport avec le CD.

Lancement du CD au Japon en 1982
A l'époque du lancement du premier appareil reproducteur (CDP-101) en 1982,  CBS/Sony publie en même temps une cinquantaine de titres en CD - toutes sortes de musique confondues ? de Mozart à Simon & Garfunkel, en passant par Julio Iglesias et Billy Joel, dont l'album 52nd Street est considéré aujourd'hui comme le premier commercialisé sous ce format.



Mais saviez-vous que le premier CD de musique classique que Sony décida d'enregistrer fut la Neuvième Symphonie de Beethoven (aujourd'hui considérée Patrimoine de l'Humanité) dans sa version la plus lente - celle enregistrée au festival de Bayreuth en 1951 sous la direction de Wilhelm Furtwängler ? Pour la petite histoire, le CD prototype de Sony mesurait au départ 11,5 cm de diamètre et contenait 60 minutes audio (soit l'équivalent de 2 faces d'un 33 tours). Cependant, la Neuvième Symphonie de Beethoven durant plus de 70 minutes, la taille du disque fut portée à 12 cm de façon à pouvoir reproduire le morceau en entier. Certaines rumeurs affirment que le changement fut effectué à la demande expresse du chef d'orchestre Herbert von Karajan, mais le groupe Sony clame depuis toujours que c'est uniquement à cause de l'épouse du PDG de l'époque (Norio Ohga) dont c'était le morceau favori.



Mais l'épopée de l'ère numérique commence en réalité en 1979, quand les ingénieurs du son japonais (Sony) se joignent à leurs collègues hollandais (Philips) afin de créer un nouveau support audio. Le groupe Hitachi apporta également son soutien technologique. Ce n'était pourtant pas la première fois que les deux entreprises unissaient leurs efforts en ce sens. Sony fut responsable de la partie lecture (codification et lentilles), Philips de la partie optique (numérisation et correction d'erreurs). En 1975, le groupe hollandais avait déjà fait une tentative avec le système Laservision, qui se révéla un échec cuisant. Mais cette fois-ci, en 1982, les ventes du CD explosent et 2 ans après, Sony décide de fabriquer le premier appareil reproducteur portable, le fameux "discman" D-50. La production en masse de CD commence dans une usine de Shizuoka, province située au centre du Japon. En 1986, la production annuelle de CD atteint les 45 millions, ce qui dépasse de loin la fabrication des 33 tours vinyle. Toutefois, il semblerait que depuis une dizaine d'années, les ventes de disques noirs remontent...

Editions Limitées Spécial 30 ans
Pour fêter le 30ème anniversaire de l'apparition du CD sur le marché mondial et profitant des fêtes de fin d'année 2012, le label Universal Music Groupe (UMG) - affilié au groupe français Vivendi - vient d'annoncer le lancement au Japon d'une série spéciale qui inclut bien évidemment la Neuvième Symphonie de Beethoven puisque c'est en partie grâce à elle que le disque compact a vu le jour. Rappelons que le 11 novembre 2011, le groupe avait racheté le label EMI Music et ses archives pour la bagatelle de 1,2 milliard de livres sterling.

A la demande du public et en ce qui concerne la musique brésilienne des années 60/70, UMG vient de lancer de véritables reliques : un coffret spécial Maria Bethânia (Maria) avec 12 CD ; deux coffrets spéciaux Gal Costa (Gal Total) et Jorge Ben Jor (Salve Jorge) comprenant chacun 15 CD et un pot-pourri de chansons rarissimes ; enfin, deux coffrets gigantesques de 21 CD - l'un de Elis Regina (Elis Anos 60) et l'autre du compositeur Chico Buarque (De Todas As Maneiras) qui inclut entre autres, une plaquette du journaliste musical Leonardo Lichote. Bref, de fabuleux cadeaux de Noël, mais faites vite car les stocks s'épuisent rapidement...

Marie-Gabrielle BARDET (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 4 décembre 2012

lepetitjournal.com sao paulo
Publié le 4 décembre 2012, mis à jour le 10 décembre 2012
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