

En ce mois de mars, les universités ouvrent leurs portes ; certaines s'apprêtent à accueillir des étudiants étrangers pour un semestre au moins. C'est le cas de la Universidad Austral de Chile (U.A.C.H.), à Valdivia. Elle est une alternative, peu connue, aux classiques universités de Santiago ou Valparaiso. Sarah, Louise, Lucie, et Clothilde en témoignent ; toutes les 4 sont anciennes élèves de l'U.A.C.H, et un brin nostalgiques
A Santiago, on oublie combien le sud est vert (photo L.T)
Créée en 1954 pour remédier à l'absence d'établissements universitaires dans le sud du pays, la Universidad Austral de Chile, à Valdivia, accueille chaque semestre une cinquantaine d'étrangers (sur 10.000 étudiants au total). Elle possède notamment des accords avec 9 établissement scolaires de l'Hexagone*. C'est grâce à eux si, Sarah, Louise, Lucie, ou encore Clothilde, ont pu vivre un échange universitaire inoubliable, rythmé par la découverte d'une charmante région?
L'accueil : un personnel universitaire "à l'écoute" des étrangers
En début de chaque semestre, l'U.A.C.H. organise une semaine d'accueil réservée aux nouveaux étudiants internationaux. Durant 7 jours, le personnel leur explique le fonctionnement de l'université, tout en leur faisant découvrir certains aspects de Valdivia, au travers de sorties culturelles (musées, traversées fluviales, etc.). Ceci leur permet de rencontrer d'autres étudiants étrangers, de prendre leur repères, avant que ne commencent les choses sérieuses, à savoir les cours ! Sarah, 22 ans, étudiante à l'Ingénierie de l'Espace Rural d'Annecy, est arrivée à l'U.A.C.H. durant les grèves étudiantes d'août 2011. Toutefois, elle nous explique que "le personnel universitaire de l'U.A.C.H a bien réagi face à la situation pour aider les étrangers, et trouver une solution ! Il a été très à l'écoute des étudiants internationaux". En effet, alors que les Chiliens ne venaient plus en classe, des cours ont été rapidement organisés pour les étudiants étrangers, afin qu'aucun ne perde son semestre.
Le cadre : une université entre jardins, fleuves, océan et montagnes?
Mais l'U.A.C.H., c'est aussi et surtout un cadre d'étude pour le moins inhabituel ! Abritant 9 facultés, le campus universitaire est immense. A l'écart du centre ville, installé sur une petite île bordée de fleuves (la "Isla Teja"), il est une succession d'espaces verts. "Le cadre de l'U.A.C.H. est très agréable : avec ses pelouses, ses nombreux arbres, son jardin botanique, entourée d'eau, ? ça fait rêver, non ?!", s'exclame Sarah. A plus grande échelle, Lucie, 22 ans, actuellement étudiante à l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, évoque avec nostalgie la situation de l'université "à la fois à côté de l'océan, et des montagnes?". On le comprend donc : il fait bon étudier à l'U.A.C.H de Valdivia, et ce malgré son climat pluvieux (env. 2 300 mm de pluie par an) qui fait sourire Louise, 21 ans, étudiante en agronomie à Montpellier (700 mm de pluie annuels !). Parce qu'au final, la pluie est vite contrebalancée par la grande générosité des habitants du sud, véritables "Ch'tiliens", pour ceux qui connaissent le film rendant hommage aux gens du Nord (de la France) !
Les rencontres : Valdivia, "Une ville à taille humaine"
Enfin, Valdivia a cette particularité d'être "une ville à taille humaine", précise Lucie : "il est facile de rencontrer des Chiliens, et de lier de vrais liens amicaux. D'autant que les Français ou autres étrangers, ne sont pas extrêmement nombreux comme c'est le cas à Santiago ou Valparaiso, ce qui favorise l'apprentissage de la langue et l'immersion". En effet, Valdivia, avec son petit centre-ville historique et ses "loups de mers qui prennent le soleil... quand il y en a !", évoque Sarah avec humour, ne compte pas plus de 155.000 habitants (+ de 6 millions d'habitants à Santiago et près de 300 000 à Valparaiso). Toutes ont pu ainsi créer rapidement des liens très forts, et qui durent. Depuis qu'elle est rentrée en France, Louise nous raconte, par exemple, qu'elle a "presque tous les jours des appels sur Skype avec [ses] amis chiliens de Valdivia, qui comptent maintenant parmi [ses] meilleurs amis". Clothilde, 25 ans, en fin d'étude à l'Ecole Supérieure de Commerce de Montpellier, aborde un point pour le moins intéressant. Elle nous explique que Valdivia est "plus une ville où il fait bon vivre, qu'une ville à visiter". En effet, durant son séjour d'échange universitaire au Chili, l'étudiant étranger de Valdivia aura toujours nécessairement un moment pour découvrir les rues bohèmes de Valparaiso, ou celles de Santiago : les incontournables des guides touristiques ! A l'inverse, l'étudiant étranger de la capitale ou du port, ne verra pas forcément l'intérêt de venir à Valdivia ; une ville préservée, secrète, avant tout attirante humainement, pour ceux qui ont la chance d'y résider au quotidien.
Laure Tézier (www.lepetitjournal.com Santiago) mercredi 7 mars 2012





