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Rencontre avec Nino Arial, l'un des humoristes français les plus suivis, en tournée aux États-Unis

Il a quitté la banque en 2016 pour la scène, rassemble plus de 5,5 millions d'abonnés et a rempli 34 Zéniths en France avec son premier spectacle, « Pas comme eux ». En novembre 2026, l'humoriste Nino Arial l'emmène aux États-Unis pour six dates, de Miami à Los Angeles en passant par New York et San Francisco, une tournée que peu d'humoristes français ont l'occasion de faire. Rencontre avec une des stars de l'humour français qui revient sur son parcours, de ses années de barman à New York à son départ de la banque, et sur le lien qui l'unit aux Français de l'étranger.

Portrait de l'humoriste français Nino ArialPortrait de l'humoriste français Nino Arial
Écrit par Anne-Lorraine Bahi
Publié le 30 octobre 2026

Nino Arial emmène son premier spectacle solo, « Pas comme eux », aux États-Unis en novembre 2026. La tournée s'ouvre le mercredi 11 novembre à Miami et passe par Houston le vendredi 13, Cambridge, près de Boston, le lundi 16 et New York le mercredi 18. Elle se termine en Californie, à San Francisco le vendredi 20 novembre, puis à Los Angeles le dimanche 22 novembre.

 

Deux soirées en Californie, de San Francisco à Los Angeles

À San Francisco, il jouera au Paname, un comedy club de Broadway, dans le quartier de North Beach. Deux jours plus tard, la tournée s'achèvera à Los Angeles, sur la scène de The Upstairs Comedy Club, avant son retour en France.

Ces deux villes ne lui évoquent pas la même chose. Los Angeles, il l'a découverte lors d'un court voyage. « Enfin, je connais… en tout cas je m'y suis baladé, je ne la connais pas comme je connais New York », nuance-t-il. San Francisco, en revanche, lui est encore inconnue. Il connaît Miami, où il a passé des vacances et joué en première partie de Redouane Bougheraba, ainsi que New York, où il a vécu. « Par contre, toutes les autres villes, je ne les connais pas : Boston, San Francisco, Houston. »

 

Les Français de l'étranger, un public qu'il attendait

Des Français installés à l'étranger lui écrivent pour lui demander pourquoi il ne vient pas jouer chez eux. Ces messages, qui arrivent « tous les jours », sont à ses yeux « peut-être les messages les plus déchirants ». Un spectateur de Grenoble sait qu'il le verra passer « trois fois dans l'année ». À ceux de New York ou de San Francisco, il ne pouvait jusqu'ici qu'exprimer un regret. « Je vous jure, j'aimerais, je rêverais de venir, mais je ne sais pas si je suis capable de remplir une salle là-bas. »

Il en tirait un sentiment partagé. « Ça fait vraiment plaisir, parce qu'on se dit : OK, il se passe quelque chose dans le monde entier au niveau de mon humour. C'est très flatteur, mais, c'est aussi frustrant. » Jouer enfin aux États-Unis le touche. « Je sais qu'on est vraiment une poignée, et quand je dis une poignée, c'est une pincée d'humoristes français capables de se produire à l'étranger. Maintenant j'en fais partie, c'est extraordinaire, et je remercie tous les jours la vie, de m'avoir placé sur ce chemin-là, parce que c'est génial. »

 

De la banque au stand-up, le vrai récit de son départ

Avant la scène, Nino Arial a fait une école de commerce, puis travaillé dans une banque, qu'il a quittée en 2016. Le récit de ce départ a circulé dans les médias sous deux versions. En 2018, sur le site de Jean-Marc Morandini, il racontait avoir annoncé à ses collègues qu'il sortait fumer une cigarette, avant de ne jamais revenir. Radio-Canada a repris cette version en 2019. En 2025, il expliquait au quotidien belge La DH être parti acheter à manger.

La cigarette, précise-t-il, n'était qu'une image, prise ensuite au pied de la lettre. « Réellement, j'ai dit "Je vais acheter à manger, est-ce que quelqu'un veut quelque chose ?", et je ne suis jamais revenu. » Il ajoute : « Je ne fume pas, déjà, donc ça aurait été un petit peu bizarre de dire du jour au lendemain "Les amis, je vais fumer une cigarette, est-ce que quelqu'un veut m'accompagner ?" »

Il se fait ensuite connaître sur YouTube, notamment grâce à une vidéo sur le harcèlement scolaire devenue virale en 2017. Selon franceinfo, il compte aujourd'hui plus de 5,5 millions d'abonnés cumulés sur les réseaux sociaux. Après une première tournée des Zéniths, il en prépare une deuxième.

 

Ses années de barman à New York

Nino Arial a aussi été barman à New York, et il en garde « un souvenir incroyable ». Arrivé de son petit village, il s'était retrouvé derrière un comptoir sans aucune expérience du métier. « Je n'étais absolument pas barman en France », reconnaît-il.

Le 18 novembre, il jouera à l'Iron Bar & Lounge, à Hell's Kitchen. La salle se trouverait, lui semble-t-il, juste à côté du bar à vin où il travaillait. « Pour la petite anecdote, je ne pourrais pas faire mieux », s'amuse-t-il. L'établissement était devenu un restaurant mexicain lorsqu'il y est repassé il y a quelques années, et il ne sait pas ce qu'il est devenu depuis. « Donc ça va être la surprise pour moi en arrivant, parce que je vais jouer à côté de l'endroit où j'ai travaillé pendant quelque temps aux États-Unis. »

 

Des Zéniths aux comedy clubs

En France, Nino Arial joue devant 5 000 à 7 000 personnes, selon lui. Aux États-Unis, il retrouvera des salles de quelques centaines de places, une expérience qu'il aborde d'une tout autre manière, avec l'émotion de ses débuts. « On pourrait se dire "Bon, ça va, il fait des Zéniths en France, il y a 5 000 personnes devant lui, donc 200 personnes, ce n'est pas un problème". Mais c'est totalement l'inverse. Le trac, je l'ai comme sur mes premières scènes. »

Dans un comedy club ou dans des petites salles, la proximité modifie tout l'équilibre de la soirée. « Les gens sont plus près, l'impro n'est pas la même, tout le monde entend ce que tout le monde dit, ce n'est pas moi qui maîtrise vraiment les questions et les réponses. »

Le séjour sera bref. Il joue à Monaco la veille de son départ pour Miami et reprend son spectacle en France dès son retour. Il compte bien en profiter entre deux soirées de spectacle. « Je vais tout manger, je vais tout découvrir, je vais parler à tout le monde », dit-il, avant d'imaginer, en riant, la lassitude de ses hôtes : « Rentre, c'est bon, on t'a assez vu dans nos rues, on t'a assez vu dans nos restos! » Entre l'émotion des premières fois et ce « petit goût de vacances », il s'amuse de ne pas savoir quoi ressentir. « Je ne sais pas si je dois être content ou si je dois avoir le trac de venir. »

 

« Pas comme eux », un regard sur la société

Le titre du spectacle s'est imposé pendant l'écriture. En notant ce qui l'agaçait dans la société, Nino Arial a compris qu'il voulait se démarquer de ceux qui empêchent de vivre ensemble, ces gens « hyper "tout est grave", hyper fatalistes ». Le but, résume-t-il, c'est « d'être tolérant, d'être amour, d'être paix, joie ».

Il ne sait pas encore si le public francophone ou expatrié se reconnaîtra dans cette idée. « Je vais le découvrir en arrivant, parce que je n'en sais rien. » Il adaptera le spectacle à des spectateurs qui n'ont « peut-être pas exactement toutes les mêmes références » que lui.

 

L'improvisation au cœur de son humour

Une partie du spectacle repose sur l'échange avec la salle, et aucune soirée ne ressemble à la précédente. « En fonction des publics, chaque soir change », observe-t-il. Les Français de l'étranger représentent pour lui une inconnue. « J'avoue que j'ai hâte de savoir ce qui va se passer avec des expats », confie-t-il. Il espère simplement trouver un public prêt à lui répondre. « J'espère qu'ils parlent un peu, parce que sinon je vais me retrouver à parler tout seul, et ça, je n'aime pas trop. »

Les blagues sur les expatriés ne sont d'ailleurs pas encore écrites. Préparer ses passages à l'avance n'est pas sa méthode. « Je vais attendre d'arriver là-bas pour me nourrir de ce que je vais voir », explique-t-il. Il préfère interroger directement les spectateurs sur leur vie sur place.

L'improvisation lui a déjà valu des moments marquants. Il se souvient d'un spectateur en situation de handicap qui s'est mis à plaisanter sur lui-même et s'est révélé, selon ses mots, « plus drôle que moi ». Il évoque aussi sur la Tik Tok une spectatrice quittée par son compagnon alors qu'elle était enceinte, venue de loin voir le spectacle qu'ils avaient réservé ensemble. Il lui offre sa place, l'hôtel et de quoi accueillir son enfant. « C'est aussi notre devoir de faire en sorte que notre statut et la chance qu'on a de vivre ce qu'on vit puissent être partagés avec certains. »

 

 

Prié de convaincre quelqu'un qui ne connait pas Nino Arial de venir voir son spectacle, et cela en trente seconde, il se prête au jeu. « Prends tes potes, enlève ton cerveau, assieds-toi dans la salle et viens vivre l'expérience d'un spectacle qui mélange du stand-up et de l'impro, qui laisse la parole aux gens, et qui en même temps est fait pour du rire, du rire, du rire. » Puis il prévient : « Voilà : je ne te promets pas de réfléchir, je ne te promets pas une session de réflexion. » 

 

L'enthousiasme américain vu par un humoriste français

Ce qui le fascine chez les Américains, c'est leur manière d'exprimer leurs émotions. « Tout est amazing, tout est incroyable, tout est beau », observe-t-il. Cette spontanéité déroute les Français, plus pudiques. « On arrive dans une soirée aux États-Unis avec notre chérie, tout le monde va lui dire "Qu'est-ce que t'es belle, t'es bien habillée, t'es incroyable", et nous, en tant que Français, on ne sait pas trop comment réagir. […] Est-ce que c'est de la drague ? Est-ce que c'est normal ? »

Il y voit pourtant l'une des raisons du rayonnement de Hollywood et des stars américaines. « Ça donne un mindset qui fait que le pays entier est comme ça. Ça, je trouve ça fabuleux. »

Jouer en anglais, un projet pour plus tard

En 2025, il confiait à La DH ne pas vouloir se lancer dans le stand-up en anglais. Sa position n'a pas changé. « Avec beaucoup d'humilité, j'ai l'impression que je ne suis pas encore arrivé à vraiment être humoriste en français, donc je ne me permettrai pas de l'être en anglais. » Ses conversations avec d'autres humoristes l'ont convaincu de la difficulté de l'exercice. « Il faut vraiment repartir à zéro. »

Il veut d'abord mener à bien sa deuxième tournée des Zéniths et écrire un deuxième spectacle aussi réussi que le premier, « pour confirmer que ce n'était pas juste un coup de chance ». L'anglais viendra peut-être plus tard. « Je n'exclus pas, disons aux alentours de 50 ans, peut-être, […] d'essayer. Mais pour l'instant, je suis très, très loin de ça. »

 

Nino Arial aux États-Unis, infos pratiques

San Francisco

  • Date : vendredi 20 novembre 2026, à 19 h 30.
  • Lieu : Paname Comedy Club, 523 Broadway, San Francisco.
  • Organisation : PIAFF. Billets sur PIAFF.ORG.

Los Angeles

  • Date : dimanche 22 novembre 2026, à 19 h.
  • Lieu : The Upstairs Comedy Club, 1415 S. Los Angeles St, Los Angeles.
  • Organisation : PIAFF. Billets sur PIAFF.ORG

Cambridge, près de Boston

  • Date : lundi 16 novembre 2026, à 20 h.
  • Lieu : The Comedy Studio, Cambridge.
  • Organisation : PIAFF. Billets sur PIAFF.ORG

La tournée passe aussi par Miami le 11 novembre, Houston le 13 et New York le 18, organisée par Silver Prod, partenaire de PIAFF depuis 2013 et en collaboration avec Juicy Productions et No Joke Production.

annelorraine.bahi@lepetitjournal.com
Publié le 30 octobre 2026, mis à jour le 30 octobre 2026
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