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PORTRAIT DE CARIOCA - Aurore Scotté, première orthophoniste française de Rio

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 19/01/2015 à 23:05 | Mis à jour le 20/01/2015 à 00:16

Aurore Scotté est orthophoniste et a exercé plusieurs années en France. Mais en s'installant à Rio, la jeune femme a subi un véritable parcours du combattant pour pouvoir travailler dans le pays de son mari. Entre les démarches auprès des autorités, des médecins et son nouveau cadre de travail, son témoignage permet d'y voir un peu plus clair sur ce qu'il faut faire pour travailler au Brésil.

Aurore Scotté est arrivée à Rio en 2012, pour suivre son mari brésilien. Avant cela, la jeune femme a “fait [s]es études à Bordeaux pendant 5 ans et, une fois diplômée, [est] allée vivre aux Etats-Unis pendant un an“, avant de débarquer au Brésil, son diplôme français en poche, avec l'envie d'exercer son métier.

Le long parcours administratif
Pour cela, des démarches sont alors nécessaires et, tous les expatriés le savent, cela peut prendre du temps. Pour Aurore Scotté, il a fallu “faire valider le diplôme“ et pour cela, un visa permanent était nécessaire. Une première étape franchie facilement grâce à l'union stable avec un Brésilien, mais qui a tout de même pris une année. Après cela, Aurore Scotté peut “commencer la validation de [s]on diplôme, c'est-à-dire des traductions officielles et payantes de cent pages, à R$ 40 la page“. Le calcul est vite fait.

Quelques pièces justificatives supplémentaires, huit mois d'évaluation de la formation française comparée à son équivalent brésilien, et notre orthophoniste obtient “le diplôme revalidé qui me donne le droit de travailler comme orthophoniste ici“. Un cabinet d'orthophoniste français va enfin ouvrir à Rio ! Sauf que, au Brésil, “pour travailler, il faut faire partie d'un conseil. Je suis donc allée au Conseil des orthophonistes de Rio“. De nouvelles aventures où on demande “de nouvelles pièces justificatives“ et où l'on passe un examen de portugais pour un métier intimement lié à la langue. Aurore Scotte vient de passer un entretien qui devrait, cette fois, officialiser son installation à Rio.

Malgré ce parcours, Aurore Scotté dit avoir “été super bien reçue“ par ses confrères brésiliens. Les différences entre les langues française et brésilienne ne sont-elles pas une barrière pour ce métier ? “L'orthophonie englobe beaucoup de domaines : le langage écrit, le langage oral de l'enfant pour lesquels ce n'est pas forcément facile. Mais il y en a plein d'autres : l'autisme, le travail vocal, la neurologie“. Elle souhaite d'ailleurs “travailler, au début, dans des domaines où l'accent n'influe pas trop“.

L'orthophoniste des Français de Rio
Les approches du métier en France et au Brésil ne sont pas “tellement différentes. La grande différence c'est, par exemple, sur la prononciation du ‘r', pour lequel je vais devoir apprendre des techniques brésiliennes“. L'autre changement, c'est l'attitude des patients, liée au fait que “en France, la sécurité sociale rembourse le patient à 50% environ. Au Brésil le système de santé est différent : soit on n'a pas de plan santé et on paye cher les spécialistes, soit on a un plan de santé qu'on paye“. De quoi exclure les plus pauvres voire les classes moyennes de l'accès à l'orthophonie ? “Ce n'est pas réservé aux familles aisées. Les orthophonistes ont une assez grande liberté du prix de la séance“ qui doit être compris dans une fourchette quand, en France, le tarif est unique et national.

Aurore Scotté souhaite voir dans son cabinet, entre autres, une patientèle bien particulière : les Français de Rio. “Je sais qu'il y a des Français et j'imagine que des familles ont besoin d'orthophonistes et il n'y en pas (de Français) à Rio. C'est ma cible, même si je n'ai pas forcément envie de ne travailler qu'avec des Français“, souligne-t-elle. C'est en tout cas plein d'énergie et d'enthousiasme qu'Aurore Scotté va (enfin) pratiquer son métier au Brésil, grâce à une formation suivie… en France.

Florent ZULIAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 20 janvier 2015

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