Lundi 26 août 2019
Rio de Janeiro
Rio de Janeiro
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

JEAN-PHILIPPE OLLIER - "Michelin croit et investit au Brésil"

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 17/11/2013 à 23:05 | Mis à jour le 09/02/2018 à 06:32

Le président du fabricant de pneumatiques français pour la zone Amérique du Sud est le premier invité de l'entretien du mois de la nouvelle newsletter mensuelle lancée en octobre par la Chambre de commerce France-Brésil (CCFB) de Rio, partenaire du Petitjournal.com. En poste depuis 2009, Jean-Philippe Ollier, 52 ans, revient sur les activités de Michelin au Brésil et les relations franco-brésiliennes au niveau économique.

CCFB : Actuellement, quelles sont les attentes de Michelin pour le marché brésilien ?
Jean-Philippe Ollier : Dans la stratégie globale de Michelin, le Brésil fait partie des priorités de l’entreprise à côté de la Chine et de l’Inde. Le Brésil est responsable pour 70% des facturations de la compagnie en Amérique du Sud, cette région correspond aujourd’hui à 10% de la recette globale de l’entreprise. Le marché brésilien a un taux de motorisation encore très bas. Il existe un potentiel de croissance important. Il y a au Brésil 200 véhicules pour 1.000 habitants. Aux Etats-Unis 900 et en France 700. En même temps, les conditions économiques favorisent le développement d’une classe moyenne plus importante et plus exigeante. Donc même si le marché brésilien n’a pas eu la croissance espérée, le potentiel est énorme et très fort. Un autre point à relever est que le Brésil possède encore des domaines où les possibilités de développement restent très importantes, comme les infrastructures et l’énergie. L’incitation à l’innovation est également un moteur important pour l’augmentation de la compétitivité nationale. Sans aucun doute, la capacité d’innovation est un facteur clé pour la compétitivité nationale.

Comment la faible croissance du pays et les problèmes économiques et politiques affectent la stratégie d’investissement de l’entreprise au Brésil et pour le reste de l’Amérique de Sud ?
Nous vivons un moment spécial de l’économie, mais notre vision est sur le long terme. Nous croyons et nous investissons au Brésil, l’expansion de notre usine de pneus de loisirs et de camionnettes à Itatiaia en est la preuve. Nous avons annoncé cet investissement en janvier 2009, au plus fort de la crise, ce qui renforce notre vision à long terme. Nous avons des années meilleures que d’autres, mais la tendance est à la croissance. Nous devons observer l’évolution des transports dans le pays et rester attentif à son évolution pour anticiper les solutions (produits et services) qui transformeront le marché et le rendront plus sûr, plus économique et plus propre, donc plus durable. Michelin est en train d’investir un milliard d’euros sur la période 2011-2016 dans le pays à destination de l’innovation de produits et services principalement sur le triptyque : augmentation de la sécurité, réduction des coûts et minimisation de l’impact sur l’environnement des transports.

En travaillant dans une entreprise française au Brésil, comment voyez-vous l’intégration commerciale entre les deux pays ?
Au Brésil, nous importons des pneus d’origines diverses, aussi bien d’Europe que d’Amérique du Nord. Pour les pneus automobiles, ces importations joue le rôle de précurseur pour le début de notre production locale, notre stratégie est de fabriquer au Brésil pour le Brésil. Nous avons inauguré en septembre 2013 une usine de pneus automobiles, la plus moderne du Groupe Michelin, elle est destinée au marché brésilien de renouvellement et de premier équipement.

Quelles sont les principales différences dans la culture organisationnelle entre le Brésil et la France ?
Indépendamment des différences, nous avons une culture Michelin qui se traduit principalement par ses valeurs : le respect des clients, du personnel, des actionnaires, aux événements et à l’environnement. Cette culture est diffusée dans tous les pays où Michelin est présent. Dans les organisations actuelles, il est toujours plus important d’avoir des collaborateurs qui ont une perception globale et une sensibilité culturelle forte. La diversité est un facteur important du succès.

L'implantation de nouvelles usines d'industries lourdes comme BMW peut stimuler encore plus le marché du pneu ? Michelin prétend rechercher des partenaires pour reprendre une des plus grosses usines de l’industrie pneumatique ?
Oui, bien sûr. Arriver dans les chaines de montage est une des stratégies de Michelin pour doubler sa participation dans le marché brésilien de pneus automobiles qui est estimé, selon l’ANIP (Association nationale de l’industrie pneumatique brésilienne), à 8%. Nous croyons encore au nouveau régime d’incitation INOVAR-AUTO pour augmenter notre participation dans les usines. L’objectif de INOVAR-AUTO est d’augmenter de 12% l’efficacité énergétique de la flotte brésilienne, ce qui doit se traduire par une économie de combustible de 13,6% jusqu'en 2017. 

Quelles sont les objectifs de l’entreprise pour les prochaines années ?
Jusqu’en 2015, le groupe Michelin prévoit d’augmenter ses ventes de 25% dans le monde (au Brésil, ce ne sera pas différent, nous venons en effet d’inaugurer une nouvelle usine TC et d’augmenter la production de pneus poids lourds).

Propos recueillis par la CCFB, traduction de Damien LARDERET (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 18 novembre 2013

- Lire l'intégralité de l'entretien sur la newsletter de la CCFB

0 Commentaire (s)Réagir

Vivre à Rio

São Paulo Appercu
LEPETITJOURNAL.COM

Devenez notre correspondant au Brésil

Vous voulez découvrir le Brésil autrement et faire des rencontres inoubliables ? Nous recherchons un(e) correspondant(e) pour développer notre contenu localement !

Que faire à Rio ?

São Paulo Appercu
ÉCHAPPÉE BELLE

Escapade sur l’île de Paquetá

Située à 16km de Rio au fond de la baie de Guanabara, cette île de 16km2 est un véritable havre de paix : les voitures sont interdites, les rues ne sont pas bitumées d’où un certain calme très (...)

Expat Mag

ENVIRONNEMENT

Amazonie, le poumon vert de rage

Depuis plusieurs semaines, les incendies ravagent la forêt amazonienne dont 60% se trouvent sur le territoire brésilien. Lundi dernier, Sao Paulo se trouve plongée dans le noir en plein jour