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EDUCATION – Tempête sur le lycée Molière de Rio

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 26 février 2015

Depuis que la convention liant la Sociedade francesa e brasileira de ensino (SFBE), gestionnaire de l'établissement, à l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) a été dénoncée par la première à la fin du mois de février, l'inquiétude règne aussi bien du côté des institutions françaises que du côté des parents. Lepetitjournal.com fait le point sur la situation.

Un mois après la mise au point du consul général de France à Rio, Brice Roquefeuil, à propos de la situation délicate du lycée Molière, les choses ont peu évolué quant au devenir de l'établissement français de Rio et l'inquiétude des parents n'a fait qu'augmenter.

Contactés depuis par Lepetitjournal.com, ni l'AEFE ni le proviseur du lycée Molière, Jean Stephan, n'ont souhaité apporter d'éléments en plus, se cantonnant à la position officielle exprimée par le consul dans notre entretien. Quant au président de la SFBE, Claudio Guimaraes, il n'a pas répondu à notre sollicitation d'entretien.

L'Etat ne veut pas de déconventionnement
Lors de sa visite à Rio fin mars, l'ex-ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, Hélène Conway-Mouret, n'a pas apporté beaucoup plus d'éclairage. S'exprimant avant une réunion au lycée avec les parties concernées, elle avait rappelé lors d'une conférence de presse à laquelle avait participé Lepetitjournal.com qu'il existait "des problèmes fiscaux et administratifs" et que l'AEFE devait s'adapter à la législation brésilienne afin de régler "des ambiguïtés de forme, mais pas de fonds". Le déconventionnement du lycée Molière, "ce n'est pas ce que nous souhaitons, cela va à l'encontre de notre volonté", avait affirmé Hélène Conway-Mouret.

Du côté des parents d'élèves, on s'active plus que jamais alors que la convention actuelle prendra fin le 31 août prochain, avant même la fin de l'année scolaire. C'est ainsi que s'est tenue jeudi dernier la première réunion publique du nouveau bureau de l'Association des parents d'élèves (APE) du lycée, présidée par Alexandre Blanzat. Devant une centaine de parents, l'APE a refait un point sur la situation, dénonçant le fait que "les parents n'ont pas le droit au chapitre de l'avenir du lycée".

Des parents "pris en otage"
L'APE n'a en effet droit qu'à une seule voix sur douze au conseil d'administration de la SFBE et a constaté que seuls deux ou trois autres des membres de cette dernière avaient encore des enfants dans l'établissement. De plus, si l'APE a pu être écoutée par la plupart des parties prenantes au dossier et des élus locaux des Français de l'étranger, elle n'a pu obtenir, malgré ses nombreuses demandes auprès de la SFBE, la liste précise des dysfonctionnements qui ont poussé le gestionnaire a dénoncé la convention qui date de 2002.

Alors que les parents présents dans la salle de l'hôtel dans lequel était organisée la réunion exprimaient les uns après les autres leur inquiétude et leur consternation face une situation devant laquelle ils se sentent "pris en otage", la situation s'est encore tendue avec l'intervention de Claudio Guimaraes. Convié par l'APE, le président de la SFBE a cependant pu donner le point de vue de sa société qui accuse l'AEFE de n'avoir pas réagi à ses alertes depuis un an et demi, ce qui a conduit à la situation actuelle traitée en urgence, à quelques mois du terme de la convention incriminée.

"Je n'ai jamais voulu déconventionner le lycée Molière"
"Nous sommes pieds et poings liés par l'AEFE, c'est à cause d'eux que nous sommes dans cette situation", a-t-il déploré alors que les conditions légales brésiliennes ne permettent plus à la SFBE de pouvoir gérer le lycée sans risque du point de vue du droit fiscal, administratif et du travail. "Je n'ai jamais voulu déconventionner le lycée Molière, j'exige de continuer avec l'AEFE, mais en modifiant la convention", a ajouté Claudio Guimaraes, promettant enfin à l'APE un accès plus souple aux documents de négociation et aux parents "que tous les enfants passeront leurs examens à la fin de l'année".

La prochaine étape décisive aura lieu au début du mois prochain avec la visite à Rio de la mission de l'AEFE promise en mars par Hélène Conway-Mouret. Celle-ci aura pour objectif de négocier directement avec la SFBE des modalités d'une nouvelle convention qui entrerait en vigueur dès le 1er septembre prochain. 

Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 15 avril 2014

*Photo : Lycée Molière

- Lire notre entretien avec Brice Roquefeuil au sujet du lycée Molière

lepetitjournal.com Rio
Publié le 14 avril 2014, mis à jour le 26 février 2015
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