

Après un an de mandat, Anne-Claire Minet-Enriquez, présidente de Rio Accueil, va laisser sa place à l'issue de l'assemblée générale de l'association francophone qui aura lieu mercredi ? le bureau sera entièrement renouvelé -. Avant de quitter ses fonctions, cette Franco-Suisse, très active, évoque son bilan auprès du Petitjournal.com.
Lepetitjournal.com : Qu'est-ce qui a changé depuis votre arrivée à la tête de Rio Accueil ?
Anne-Claire Minet-Enriquez : Il y a d'abord eu une continuité dans l'association. Notre but, c'est toujours d'accueillir les francophones à Rio et de les aider à s'intégrer dans la ville parce que tout le monde sait que ce n'est pas facile de s'installer ici. On continue donc avec cet objectif principal, mais on a développé en un an plus d'activités parce qu'on s'est rendu compte que la majorité de nos membres (80%) étaient des couples avec enfant(s). On a développé notamment des cafés jeunes mamans ou encore des cafés des nouveaux, car ces derniers sont ceux qui ont besoin du plus de soutien. Il y a aussi les activités en soirée (conférences, etc.) ou le week-end (sorties familiales) pour les membres qui travaillent, ce qui permet d'avoir un autre public. Au total, on a fait 64 activités en 2014. Il y a aussi le guide Rio Accueil que l'on a développé (Lepetitjournal.com vous en reparlera très bientôt, ndr), nos moyens de communication que nous avons élargis.
On a désormais affaire à un Rio Accueil 2.0 ?
Oui ! Avant, nous avions notre site Internet, un Yahoo! Groupe et des lettres hebdo et mensuelles. Nous avons fermé le Yahoo! Groupe pour le remplacer par le groupe Facebook "Aussitôt Rio" qui a explosé avec plus de 2.000 membres en un an. C'est devenu un outil indispensable pour tous, puisqu'il n'est pas réservé qu'aux membres de Rio Accueil. Nous avons aussi gardé notre page Facebook qui sert plus à relayer des informations culturelles, les photos des sorties, etc. Le site Internet est lui aussi rempli d'informations qui sont accessibles à tous, aidant les gens qui s'apprêtent à arriver. Cette force est reconnue ici comme à la fédération des "Accueils" francophones à Paris, notre site est montré en exemple, c'est un modèle.
Quelles sont les premières choses que vous demandent les nouveaux arrivants à Rio ?
Cela concerne le logement, le quartier où habiter et les cours de portugais. Ils ont en majorité entre 30 et 40 ans et veulent

Rio Accueil, ce ne sont pas que des Français ?
Non, c'est plus large que cela. Il y a des Belges, des Suisses, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Américains et des binationaux. La diversité est très grande. Et il y a aussi des Brésiliens qui participent à des activités plus spécifiques comme la chorale. Je pense que cette ouverture est essentielle, l'objectif de notre association n'est pas d'accueillir les francophones pour qu'on reste ensemble. C'est une invitation à l'ouverture, à rencontrer l'autre et découvrir la culture brésilienne en échangeant avec eux.
Vos activités sont très variées. Des exemples ?
Oui, on a plein d'idées ! Dernièrement, on a fait un tour en bateau pour aller voir les îles Cagarras, une randonnée à la Pedra da Tartaruga, ou encore une visite du cimetière São João de Batista. En ce mois de mars, elles seront particulièrement axées sur les 450 ans de Rio : une journée pour découvrir l'histoire de Rio avec un historien et une conférence sur l'histoire de Rio. Pour toutes nos activités, on garde toujours en mémoire : "Qu'est-ce qu'on peut faire pour la communauté que nos membres ne feraient pas tout seuls ?". Si c'est pour aller visiter le Cristo Redentor, ils n'ont pas besoin de Rio Accueil. Nous, nous apportons une valeur ajoutée, notamment un guide pour les visites. Chaque mois, on essaye d'avoir une activité sportive, une activité découverte, une activité culturelle, une activité famille? pour qu'elles s'adressent à tout le monde.
Vous quittez vos fonctions après un an de mandat, est-ce que c'est difficile de gérer une association dont les membres ne sont pas forcément là pour longtemps ?
En effet, les ressources humaines, c'est toujours un grand casse-tête. Nous ne travaillons en plus qu'avec des bénévoles. Il y a le côté positif qui est la grande flexibilité, avec des membres qui s'engagent à fond parce qu'ils ont cette grande motivation à exercer une activité, mais c'est vrai que d'un autre côté, on a des retours en France qui ne sont pas forcément prévus ou des gens qui veulent tout simplement arrêter. Donc nous devons gérer cette manière de travailler d'autant plus que nous avons une grosse équipe : une vingtaine de personnes au bureau et une autre vingtaine pour les accueils de quartiers. Nous sommes constamment en train de recruter !
Propos recueillis par Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 10 mars 2015
*Légende photo : Anne-Claire Minet-Enriquez et Laure Dulière, responsable projet (guide) à Rio Accueil







