

C'est une histoire d'un siècle que celle de la congrégation des religieuses de l'Assomption à Rio. Juchées sur les hauteurs de Santa Teresa, une petite dizaine de religieuses encadrent une structure de 24 salariés, dont l'objectif, au-delà de la spiritualité, est de participer à l'éducation des enfants des favelas voisines. La Française Emmanuelle Lombard-Platet participe à l'aventure comme volontaire. Lepetitjournal.com est allé lui rendre visite.

Des religieuses impliquées dans la vie locale
La spécificité de la congrégation, fondée par la Française Anne-Eugénie Milleret de Brou en 1839 et présente sur les cinq continents, est l'implication dans la vie locale. Les sœurs ne font pas que prier et s'occupent de ces enfants qui “vont déjà à l'école, qui sont des enfants comme tout le monde dans des familles plus ou moins structurées“, ce qui crée des disparités : “A 10 ans, certains ne savent toujours pas lire et écrire, mais il y a des très doués“.
Si l'éducation est importante, le premier objectif des sœurs est “qu'ils soient dans un milieu apaisé. Ici, il n'y a pas de violence“. Arrivée de Paris, “la violence“ et le manque “de respect“ des petits brésiliens ont interpellé Emmanuelle Lombard-Platet qui a compris la nécessité d'inculquer les notions de “respect de soi-même, de l'autre et du travail“ à des jeunes qui, eux-mêmes “ne sont pas toujours respectés dans leurs familles“.
100 ans de présence
Présentes à Rio depuis 1915, les religieuses de l'Assomption font un travail remarqué puisqu'Emmanuelle Lombard-Platet

La mission d'Emmanuelle Lombard-Platet est “de mettre (s)a compétence professionnelle au service des sœurs“. Autrement dit, elle essaie de mettre un peu d'ordre dans les finances et de trouver des économies. En échange, les religieuses logent, nourrissent et appuient spirituellement la jeune femme qui regrette “les notions de temps et de rentabilité très présentes en France et qui n'existent pas ici“. Des blocages peuvent donc lui apparaître dans un environnement à l'opposé du milieu financier qu'elle côtoyait.
La santé financière de la maison carioca de la congrégation n'est pas au beau fixe, mais l'action sociale se poursuit. Les religieuses de l'Assomption sont aussi installées à Teresopolis, São Paulo et Brasilia, à raison de cinq à dix religieuses par maison. Les novices sont formées à Belo Horizonte. Depuis la rentrée scolaire, les grandes bâtisses à la vue imprenables sur Rio ne sont plus vides, et les religieuses entendent les cris d'enfants pour qui elles se battent depuis un siècle.
Florent ZULIAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 27 février 2015







