Édition internationale

SANTA TERESA - Une Française avec les religieuses de l'Assomption pour les enfants des favelas

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 26 février 2015

C'est une histoire d'un siècle que celle de la congrégation des religieuses de l'Assomption à Rio. Juchées sur les hauteurs de Santa Teresa, une petite dizaine de religieuses encadrent une structure de 24 salariés, dont l'objectif, au-delà de la spiritualité, est de participer à l'éducation des enfants des favelas voisines. La Française Emmanuelle Lombard-Platet participe à l'aventure comme volontaire. Lepetitjournal.com est allé lui rendre visite.

Emmanuelle Lombard-Platet est arrivée à Rio en octobre dernier. Acheteuse en banque à la vie professionnelle surchargée, elle a décidé de partir en mission de volontariat international pendant un an, pour l'Eglise. Son choix : la congrégation des religieuses de l'Assomption à Rio. Très vite, Emmanuelle Lombard-Platet commence “dans l'œuvre sociale où les sœurs reçoivent les enfants des favelas“ qui entourent les bâtiments. Ils ont de 7 à 15 ans et viennent ici pour du soutien scolaire. Des professeurs, recrutés par les religieuses, enseignent le portugais, l'anglais, la musique et le hockey.

Des religieuses impliquées dans la vie locale
La spécificité de la congrégation, fondée par la Française Anne-Eugénie Milleret de Brou en 1839 et présente sur les cinq continents, est l'implication dans la vie locale. Les sœurs ne font pas que prier et s'occupent de ces enfants qui “vont déjà à l'école, qui sont des enfants comme tout le monde dans des familles plus ou moins structurées“, ce qui crée des disparités : “A 10 ans, certains ne savent toujours pas lire et écrire, mais il y a des très doués“.

Si l'éducation est importante, le premier objectif des sœurs est “qu'ils soient dans un milieu apaisé. Ici, il n'y a pas de violence“. Arrivée de Paris, “la violence“ et le manque “de respect“ des petits brésiliens ont interpellé Emmanuelle Lombard-Platet qui a compris la nécessité d'inculquer les notions de “respect de soi-même, de l'autre et du travail“ à des jeunes qui, eux-mêmes “ne sont pas toujours respectés dans leurs familles“.

100 ans de présence
Présentes à Rio depuis 1915, les religieuses de l'Assomption font un travail remarqué puisqu'Emmanuelle Lombard-Platet

assure avoir “vu des gens élevés ici et qui s'en sont sortis. Elles aident aussi les familles“ des enfants, comme par exemple la mère de l'un d'eux qui est embauchée. Les salariés non plus ne sont pas là par hasard puisque beaucoup sont des "plantonistas" : ils alternent un jour sur deux entre le travail et l'école, comme la colocataire de notre Française qui “est la cuisinière et a repris ses études“.

La mission d'Emmanuelle Lombard-Platet est “de mettre (s)a compétence professionnelle au service des sœurs“. Autrement dit, elle essaie de mettre un peu d'ordre dans les finances et de trouver des économies. En échange, les religieuses logent, nourrissent et appuient spirituellement la jeune femme qui regrette “les notions de temps et de rentabilité très présentes en France et qui n'existent pas ici“. Des blocages peuvent donc lui apparaître dans un environnement à l'opposé du milieu financier qu'elle côtoyait.

La santé financière de la maison carioca de la congrégation n'est pas au beau fixe, mais l'action sociale se poursuit. Les religieuses de l'Assomption sont aussi installées à Teresopolis, São Paulo et Brasilia, à raison de cinq à dix religieuses par maison. Les novices sont formées à Belo Horizonte. Depuis la rentrée scolaire, les grandes bâtisses à la vue imprenables sur Rio ne sont plus vides, et les religieuses entendent les cris d'enfants pour qui elles se battent depuis un siècle.

Florent ZULIAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 27 février 2015

lepetitjournal.com Rio
Publié le 26 février 2015, mis à jour le 26 février 2015
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