

Plus qu'une avenue où pendant quelques jours défilent les écoles de samba de Rio, plus qu'un mythe artistique qui attire des milliers de touristes chaque année, le sambodrome est avant tout un rêve. Plus de barrières sociales, seulement des passionnés qui chantent et dansent le carnaval. Voyage dans les coulisses de l'Histoire
Un architecte d'exception pour un lieu de légende
La Passarela Professor Darcy Ribeiro, est le nom exact du Sambodromo, situé sur l'avenue Marquês de Sapucai, et construit par l'architecte Oscar Niemeyer. Ce génie de l'architecture a entre autres participé à la construction de la capitale Brasilia (la cathédrale, le Congrès National du Brésil, etc?), et du siège de l'ONU. Il a également été le concepteur de nombreux édifices en France, tels que le siège du parti communiste, le siège du journal l'Humanité, ou encore la Bourse du Travail à Bobigny, lors de son exil après l'arrivée au pouvoir de la dictature. C'est donc durant le mandat de Lionel Brizola (1983-1987), qu'Oscar Niemeyer s'est penché sur ce projet : doter la ville de Rio d'un équipement urbain permanent pour le traditionnel défilé des écoles de samba. Inauguré en 1984, le Sambodromo peut accueillir plus de 75.000 personnes. Il se compose d'un tronçon de 700m, entouré de gradins pour les spectateurs. Au bout se trouve la Praça da Apoteose, où se retrouvent ceux qui viennent de défiler.
En plus d'abriter une partie de la culture brésilienne, le Sambodromo est également utilisé pour les concerts de groupes étrangers et de cultes évangélistes, entre autres. Pour les futurs Jeux Olympiques de 2016, il accueillera la finale du marathon et celle du tir à l'arc.
Le saviez ?vous ?
Les arches du Sambodrome, sur la Praça da Apoteose, ont subi mardi 15 février leur deuxième lavage depuis que l'?uvre de l'architecte Oscar Niemeyer a été inaugurée il y a 27 ans ! Les 300 lampes ont également été changées en prévision du carnaval.
Des personnages de tous bords réunis pour le carnaval
Depuis un voyage en France, en 1983 où il présentait les aspects techniques du carnaval, on appelle José Carlos ?La Machine du Samba? (A Maquina do Samba). L'organisateur des essais techniques des écoles de samba et le coordinateur de tout le processus d'aménagement du Sambodrome, a à son actif 25 ans de carnavals! Gardien des clés du temple quelques mois avant les folies carnavalesques, il emménage dans le Sambodrome en novembre et y vit jusqu'à la fin des défilés, dans un petit bureau du secteur 3. D'abord fonctionnaire chez Riotur, il a ensuite travaillé pour la Liesa, où il vit depuis sa passion au quotidien: le carnaval.
Une ambiance hors du commun
Après le grand incendie le 7 février dernier qui a ravagé les ateliers de 3 écoles de samba (Portela , Grande Rio, Uniao da Ilha), les sambistas ont démontré une fois de plus toute la passion qui existe dans le carnaval. Helio de Oliveira, président de Grande Rio a déclaré: «La seule chose qui n'a pas brûlé, c'est notre envie de défiler». Et son appel a été entendu. Le directeur du carnaval de l'Uniao da Ilha do Governador a convoqué le 9 février tous les directeurs de carnaval et les présidents des écoles de samba, pour que la solidarité soit de mise. « Dans la samba nous sommes tous unis et nous nous aidons toujours les uns les autres. Certaines écoles ont eu plus de chances que d'autres, mais à cette heure face à l'adversité tout doit aller vers le chemin de la solidarité ».
Les écoles touchées ont recommencé leurs constructions, avec l'aide de donations d'entreprises, de particuliers, et des écoles indemnes leur ont prêté leurs ateliers. Mais surtout, elles ont pu participer aux répétitions dans le Sambodrome, symbole fort pour elles.
Ainsi se déroule le carnaval : tous unis pour la musique, la danse, l'imaginaire ! Mais Rio possède aussi un autre carnaval qui n'en est pas moins spectaculaire : le carnaval de rue, où là, on vous rassure, vous êtes plus qu'invité à participer !
Margot MADESCLAIRE (www.lepetitjournal.com ? Rio de Janeiro) jeudi 24 février 2011







