

Peu après les importants mouvements sociaux de juin dernier, la présidente du Brésil avait pris les choses en main, lançant cinq "pactes" incluant des réformes dans divers domaines tels que la santé, l'éducation, la lutte contre la corruption, etc. Le week-end dernier, elle en a fait le bilan alors que la tension sociale est loin d'être retombée.
"Le verre est à moitié plein". C'est ainsi que Dilma Rousseff a qualifié le bilan des cinq pactes de réformes qu'elle a lancé fin juin après les grands mouvements sociaux qui avaient embrasé le Brésil. "Mais la tendance est à la hausse", a précisé la présidente brésilienne lors d'un déplacement à Porto Alegre (Rio Grande do Sul) ce week-end dont l'agence de presse Agência Brasil a fait le compte-rendu.
Les cinq pactes concernaient les transports, la santé, l'éducation, la réforme politique et la stabilité économique. Comme en juin, Dilma Rousseff a réaffirmé qu'elle et son gouvernement avaient "entendu et compris la voix de la rue". "Et nous avançons (...) Ces pactes nous donnent plus que tout une direction", a-t-elle ajouté.
En ce qui concerne les transports, la présidente du Brésil mise tout sur le métro. Pour elle, le pays a raté le développement de ses transports il y a trente ou quarante ans, lequel a été "improvisé" dans la plupart des grandes villes brésiliennes. Ainsi, Dilma Rousseff voit le métro comme le moyen de transport le plus efficace dans le centre de celles-ci et a souligné l'importance des investissements à faire dans ce domaine, selon Agência Brasil.
Le Parlement devant ses responsabilités
Du côté de l'éducation et de la santé, la présidente brésilienne a rappelé l'approbation en août du projet de loi destinant les revenus de l'exploration de nouveaux champs de pétrole à ces deux domaines. Il s'agit d'une "grande conquête politique", d'après elle, car le Parlement brésilien ne l'a pas validé facilement. Même chose pour le programme "Mais Médicos" qui doit encore être examiné par le Sénat et que Dilma Rousseff aimerait accélérer "pour qu'il puisse bénéficier à la population qui n'a pas accès aux services de santé".
La réforme politique, qui va vers plus de transparence et moins de corruption, dépend elle aussi du bon vouloir du Parlement brésilien, selon la présidente qui a précisé que le Brésil était désormais une «démocratie expérimentée» qui n'avait besoin que d'"ajustements". Du côté de l'économie, enfin, Dilma Rousseff a assuré que l'inflation était sous contrôle et que la dette publique du Brésil était très basse (33,4% du PIB en août) par rapport aux autres pays (93,4% du PIB pour la France au deuxième trimestre 2013), tout comme le chômage qui se situe autour des 5,3% (10,5% en France métropolitaine), soit "une situation confortable", d'après elle.
Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 15 octobre 2013
- Lire notre entretien avec Reinaldo Martins, un homme politique brésilien, au sujet des réformes







