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PORTRAIT DE CARIOCA – Gilson Martins : "Je suis Rio de Janeiro !"

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 décembre 2013

Il a présenté ses sacs au MoMA comme au Louvre, en passant par Beaubourg, mais le sympathique designer n'a d'yeux que pour la "Cidade Maravilhosa" dont il explore toutes les facettes depuis trente ans à travers ses sacs. Lepetitjournal.com a rencontré Gilson Martins à Ipanema, dans l'une de ses trois boutiques cariocas.

"Rio de Janeiro ne m'inspire pas, je suis Rio de Janeiro." Y a-t-il plus carioca que Gilson Martins ? A bientôt 50 ans, le designer brésilien n'est pas lassé des Pains de Sucre et autres Christs Rédempteurs stylisés qui constituent l'essentiel des décorations de sa gamme de produits où les sacs ont la part belle. Créateur malin et original, Gilson Martins a un parcours simple, mais rempli de succès, à l'image de ses ?uvres.

Son aventure a évidemment commencé avec un sac, le premier qu'il a réalisé pour lui-même alors qu'il était étudiant à l'Ecole des Beaux-Arts de Rio, au début des années 1980. Fils d'un père travaillant dans la décoration et d'une mère couturière, le designer puise dans cet héritage pour ajouter sa patte personnelle, transformant un vieux sac à dos en pièce originale, complétée avec l'aide de matériaux non conventionnels dont la toile d'une chaise de plage.

Ce premier sac tape dans l'?il d'une amie qui lui demande d'en fabriquer un pour elle aussi, sa promotion entière suivra. "Cela a été un moment essentiel et définitif dans ma vie, j'apprenais à travailler les formes, les couleurs, les textures et en même temps, j'étais encouragé par mes camarades et professeurs à fabriquer ces sacs", raconte Gilson Martins. En 1982, le jeune homme crée "G.Blues" et ses sacs se vendent au-delà des murs de son université, dans plusieurs boutiques branchées de Rio.  

Souvenirs et innovation
La ville et sa topographie singulière façonnent la plupart des modèles du designer qui s'est lancé dans le "Bag-Sculpture" depuis vingt ans. Mais les références omniprésentes au Pain de Sucre et au Christ Rédempteur ne sont "pas une stratégie marketing", se défend-il. "Je suis un Carioca, né dans le centre de Rio, et je m'amuse avec ces paysages que je vois depuis que je suis enfant. De mes fenêtres, j'apercevais à la fois le Pain de Sucre, le Christ Rédempteur, les arches de Lapa, Niteroi et le Maracanã. Tous ces paysages font partie de ma vie et sont restés imprimés dans ma mémoire", ajoute-t-il, évoquant son "inconscient" qui lui a fait dessiner des sacs représentant ces symboles cariocas.

"Ces représentations de Rio sont devenues des ?uvres uniques, que personne n'avait jamais vues avant, autant dans leur forme, contemporaine, que dans les matériaux innovants utilisés", souligne Gilson Martins, très friand du PVC notamment et de tout ce qui lui tombe sous la main (tapis de voitures, nappes, toiles de protection de piscines, etc.). "C'est une autre caractéristique de mon travail : fabriquer des sacs avec des matériaux qui ne sont pas faits pour cela", précise-t-il, insistant également sur le caractère "écologique" de son ?uvre et l'absence de déchets dans sa fabrication ? 100% carioca elle aussi -  qui en découle.

Rio pour toujours
Adulé à l'étranger, le créateur trouve ainsi une clientèle naturellement plus touristique que locale. Un succès qu'il explique par le fait que "Rio est une ville aimée des étrangers", la décrivant comme "très séductrice, féminine, envoûtante, chaude et humide à la fois". "Et moi je traduis cela dans mes produits qui sont pour eux des souvenirs de bon goût et accessibles", renchérit le designer. S'il a été souvent sollicité hors des frontières du Brésil, Gilson Martins ne s'est jamais vu vivre ailleurs ni même se délier de Rio dans son travail. Quand il réalise des lignes exclusives pour des institutions étrangères, il y inclut toujours un symbole de sa ville, à l'image des sacs qu'il a dessiné pour l'Alliance Française locale, sur lesquels la Tour Eiffel est associée au Christ Rédempteur.

Aujourd'hui, sa cité de naissance et de c?ur est en pleine mutation en raison des grands événements qu'elle va bientôt accueillir et cela l'encourage d'autant plus à y rester : "Je trouve cette évolution fantastique parce qu'il y a vingt ans, les Cariocas n'aimaient pas dire d'où ils venaient, tandis qu'aujourd'hui, c'est une qualité. Quand vous allez à New York ou Paris et que vous dites que vous venez de Rio, les gens vous répondent : 'Rio ? Wouah, c'est génial !'"

Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 6 décembre 2013

Boutiques Gilson Martins

Copacabana

- Avenida Atlântica, 1998

- Rua Figueiredo Magalhães, 304 A

Ipanema

- Rua Visconde de Piraja, 462 B

 

lepetitjournal.com Rio
Publié le 5 décembre 2013, mis à jour le 6 décembre 2013
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