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JEUX OLYMPIQUES - A Rio 2016, François Hollande vient vendre Paris 2024

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 août 2016

A la tête d'une délégation au grand complet, aussi bien politique (Anne Hidalgo, Valérie Pécresse) que sportive (Tony Estanguet, Muriel Hurtis, Marie-José Pérec, Guy Drut?), le président de la République a passé deux jours à Rio au moment de l'ouverture des JO afin de défendre la candidature de Paris 2024.

François Hollande a participé à sa manière aux jeux Olympiques de Rio puisque c'est un véritable marathon qui l'attendait pour les deux jours de sa visite officielle dans la Cidade Maravilhosa jeudi et vendredi derniers. L'objectif numéro un : défendre la candidature de Paris pour les JO 2024.

Le chef de l'Etat était accompagné de son équipe de France au grand complet. Côté politique, il avait emmené notamment la maire de Paris, Anne Hidalgo, et la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. Côté sportif, il pouvait compter entre autres sur l'ancien joueur de badminton Etienne Thobois, président du comité Paris 2024, l'ancien champion olympique de canoë-kayak Tony Estanguet, coprésident du comité Paris 2024, ainsi que les anciennes athlètes Muriel Hurtis et Marie-José Pérec, ou encore Guy Drut. Sans oublier le judoka Teddy Riner, déjà présent sur place pour disputer les JO.

Jeudi, la première journée de François Hollande à Rio a été ponctuée notamment de la remise de la Légion d'honneur à l'ancien footballeur brésilien Paulo Lima Cesar Caju puis par la visite du Village olympique où le président de la République a tenu à se restaurer avec les athlètes de la délégation olympique française.

Délégation Paris 2024 au complet
Vendredi, après s'être entretenu avec le président du Comité international olympique, Thomas Bach, François Hollande et la délégation de Paris 2024 était au parc olympique pour une conférence de presse à laquelle a assisté Lepetitjournal.com. Tony Estanguet y a présenté les trois piliers de la candidature : accueillir des Jeux extraordinaires, les partager avec le monde entier et cela dans un contexte où le développement durable est mis en avant. "On a écouté et appris depuis 2012, on revient meilleur et plus fort", a déclaré le triple champion olympique, qui espère que Paris pourra célébrer cette édition centenaire (après Paris 1924) d'un coût estimé à 3 milliards d'euros pour 11 milliards de retombées.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a insisté sur le fait que l'équipe autour de Paris 2024 était "unie" et "travaillait ensemble" pour être "au service des Jeux". "Je suis convaincue que l'olympisme nous apprendra beaucoup", a-t-elle indiqué, en espagnol, suivie par Teddy Riner qui a pour sa part évoqué la fonction du comité des athlètes qui "propose, échange et enrichi ce projet". Le judoka a affirmé vouloir "gagner à Rio et à Lima" (où sera donné le nom du vainqueur des JO 2024 en septembre 2017). Autre sportive, mais désormais à la retraite, Muriel Hurtis a de son côté parlé de la jeunesse de Seine-Saint-Denis, à qui pourraient pleinement profiter des jeux Olympiques, car ils seraient, selon elle, "un moteur de changement".

Tirer les enseignements de 2012
Puis François Hollande a pris la parole, revenant à son tour sur le rassemblement et l'unification autour de cette candidature, et assurant que, si l'Etat apporterait toutes ses garanties, c'était bien "le mouvement sportif qui porte la candidature". Le président français a estimé que la France était "capable d'organiser de grands événements", à l'image du dernier Euro : "Nous avons acquis un savoir-faire pour l'hospitalité, la culture, l'organisation de très grands événements". Retour également sur l'échec de 2012 et le besoin de "tirer les enseignements et meilleures conclusions" : "Ce n'est pas le même dossier amélioré, c'en est un tout autre".

Puis, étant donné le contexte de menace permanente dans lequel vit la France depuis plus d'un an, François Hollande a indiqué que "nous partageons les valeurs de l'olympisme avec le CIO qui font écho à celles de la France". "La réponse aux défis du monde, c'est Paris", a-t-il ajouté.

"Parce qu'il y a eu des attaques sur un pays, il faudrait l'écarter ?" 
Particulièrement questionné par les journalistes présents sur le thème de la sécurité et du terrorisme, que les autres villes candidates sont moins concernées, François Hollande s'est défendu tant bien que mal. "Le monde entier est sous la menace du terrorisme, aucune ville n'est épargnée. En 2024, j'espère que nous aurons gagné des batailles. Nous avons été éprouvés, mais nous avons réussi à organiser de grands événements comme l'Euro, nous avons acquis une expérience que d'autres n'ont pas encore", a-t-il déclaré, avant de retourner l'argument qui pourrait être utilisé par les adversaires de Paris 2024 en référence à ce thème : "Parce qu'il y a eu des attaques sur un pays, il faudrait l'écarter ?"

L'un des arguments principaux du chef de l'Etat est le fait que Paris "a des équipements déjà prêts et peu d'investissements". "C'est une candidature équilibrée et au service des jeunes, des quartiers, avec une dimension éducative et sociale", a-t-il conclu.

Bain de foule au Club France
Après la conférence de presse, la délégation française s'est rendue au Club France pour une inauguration officielle en

compagnie de la communauté française de Rio. Dans un nouveau discours, introduit par un Teddy Riner à l'aise en tongs et chaussettes, François Hollande a nouveau évoqué la candidature pour Paris 2024, le "meilleur dossier", puis les athlètes olympiques français et leur "responsabilité" à Rio 2016, le Club France ("L'endroit où il faudra être durant les JO de Rio, on ne pouvait pas trouver meilleur décor"), la question du terrorisme en France et les valeurs défendues par cette dernière à travers le monde.

Le président de la République a terminé son discours en parlant du Brésil, ce "pays ami qui a fait beaucoup d'efforts pour accueillir les Jeux", et des Français du Brésil, binationaux ("Restez ce que vous êtes, travaillez pour vos deux patries, nous devons intensifier ce lien") et expatriés ("C'est dur pour ceux qui sont loin, mais votre c?ur est encore plus près de la France"). "Ici au Club France, nous faisons le même pays et nous portons les mêmes valeurs", a conclu François Hollande avant que la Marseillaise ne retentisse et que le chef de l'Etat ne prenne un long bain de foule durant la réception qui a suivi.

Un président "accessible et simple"
Une initiative très appréciée des convives. "Le président a été super accessible et simple", a indiqué Marion, jeune psychologue française de Rio, au Petitjournal.com. Même son de cloche pour Céline, qui travaille sur place dans le tourisme et a pu discuter quelques secondes avec François Hollande, se sentant "privilégiée et d'autant plus française" lors de ce type d'événement. Les deux jeunes femmes ont par ailleurs bien apprécié ce "petit bout de France au Brésil" que constitue le Club France.

Avant de filer à la cérémonie d'ouverture des JO, dernier événement avant le retour en France, le président de la République a pu notamment assister à une démonstration de batucada par l'association Batu'Capoeira, rencontrer les élèves du lycée bilingue franco-brésilien de Niteroi, découvrir le nouveau tramway de Rio, ?uvre d'Alstom, et dîner avec le président intérimaire du Brésil, Michel Temer, et tous les chefs d'Etat et de gouvernement présents pour l'ouverture des JO. L'opération séduction a ainsi battu son plein et semble avoir rencontré le succès escompté.

Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 8 août 2016

lepetitjournal.com Rio
Publié le 7 août 2016, mis à jour le 8 août 2016
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