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ESCRIME - Laura Flessel et Nathalie Moellhausen, un échange de talent et de plaisir au bout de l'épée

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 mai 2014

Les championnats du monde féminin d'escrime se sont déroulés le week-end dernier au Fort d'Urca, à Rio, avec une victoire de la France à la clé. Tous les grands noms de la discipline ont répondu présents dont la double médaillée olympique et sextuple championne du monde Laura Flessel et sa jeune protégée, Nathalie Moellhausen, championne du monde et d'Europe italo-brésilienne. Lepetitjournal.com les a rencontrées.  

Laura Flessel, "la guêpe", est plus qu'un grand nom, c'est une légende de l'escrime qui n'a plus rien à prouver, et si elle est de retour sur les pistes d'escrime, comme le week-end dernier à Rio, c'est par amitié pour Nathalie Moellhausen, qu'elle appelle affectueusement "Nathi". Cette dernière est une escrimeuse italo-brésilienne installée à Paris depuis plus de 10 ans.

Vainqueur à de nombreuses reprises pour l'Italie, elle avait mis en pause sa carrière avant de décider de revenir au haut niveau, mais sous les couleurs du Brésil et très bien accompagnée par la double médaillée olympique et sextuple championne du monde française. "J'ai quitté le circuit pour des raisons professionnelles. Je savais que j'allais revenir dans la compétition, mais il me fallait un signe. En décembre, j'ai rencontré Laura par hasard, on est allée dîner et je lui ai posé la question. Un mois après elle m'a répondu et donc me revoilà !", raconte Nathalie Moellhausen.

Un trio redouté
Bien qu'elles aient été adversaires, Laura Flessel et Nathalie Moellhausen ont toutes les raisons d'être proches. Entraînées toutes les deux à Paris par le grand maître d'armes Daniel Lavavasseur, elles ont un style de joute similaire : "Nous sommes toutes les deux gauchères-poignée droit et nous marchons plus aux sensations qu'à la philosophie. On a ce même registre stratégique. Il nous faut sentir pour faire, faire pour comprendre et comprendre pour rectifier. Et puis nous avons toute les deux un jeu latin, européen, de pénétration. Nous sommes des sanguines, mais pas des impulsives. Des intuitives. Et puis

on aime la compétition !"

Si la compétition ne lui manque pas, c'est bien son expérience qui fait de Laura Flessel un atout hors pair dans le camp de la jeune femme. "La stratégie en escrime est complètement mentale, c'est le plus important et cela vient de l'expérience. Même si tout va très vite et les stratégies des uns et des autres changent, je n'ai quitté le circuit qu'il y a deux ans. Ce sont des choses que l'on n'oublie pas, même s'il faut quelques piqûres de rappel !" estime la Française.

Toutes ces raisons font du trio Flessel-Lavavasseur-Moellhausen une vraie menace pour le reste de la discipline. "Ce trinôme est une nouveauté. Je ne suis pas l'entraîneur de Nathi, mais plutôt son manager, sa consultante en stratégie. L'escrime est un jeu d'échec, un jeu de la mort subite, j'essaye de l'aider au niveau psychologique et de gestion de la pression, de réinvestir des connaissances acquises au cours de 20 ans d'escrime à haut niveau. On est toujours en synergie, en émulation", indique Laura Flessel. C'est une équipe qui fait peur et Nathalie Moellhausen en est consciente : "Bien sûr il y a de la force dans ce projet-là, c'est très impactant d'arriver comme ça. C'est choquant pour les autres alors que nous avons eu le temps de prendre du recul. Ça bouscule les autres filles."

De l'ambition à revendre
Si les deux championnes se sont misent au travail, c'est aussi pour un objectif clair : les Jeux Olympiques (J.O.) de 2016. "Si
Nathi est revenue, c'est qu'elle a encore des choses à se prouver, des histoires à écrire. Si on est là, c'est pour qu'elle retrouve sa place dans le top 16 et soit bien en place pour les Jeux !"
, affirme Laura Flessel. Nathalie Moellhausen espère aussi de son côté que ce sera l'occasion pour le public brésilien de se passionner pour l'escrime : "L'escrime s'implante lentement au Brésil car il reste encore beaucoup à faire. Mais avec les J.O., le pays entier peut se passionner pour la

discipline ! Il faut créer un intérêt, créer des histoires. La Fédération fait des efforts, il y a de plus en plus d'entraîneurs étrangers, d'escrimeurs envoyés en Europe. En deux ans, les filles ont le temps de bien monter, déjà sur le plan sud-américain."

Si son engagement aux côtés de Nathalie Moellhausen est complet, Laura Flessel reste pour sa part extrêmement occupée par ailleurs : membre de la Commission d'éthique et des valeurs du ministère des Affaires étrangères, elle est en charge de la lutte contre les discriminations religieuses, racistes, sexistes et l'homophobie dans le sport. C'est aussi le porte-drapeau de l'initiative française de la diplomatie par le sport dans laquelle elle s'applique à travailler l'image de la France à l'étranger. "Nous essayons de transmettre les valeurs du sport en partenariat avec l'organe diplomatique, de renforcer la coopération de la France avec les pays étrangers, à l'aide de projets sportifs communs. Il y a de nombreux consuls, francophones et francophiles, de tous les pays qui adorent le sport et cela nous permet de transmettre avec eux des valeurs de partage et de reconnaissance. Il y a beaucoup de champions qui ont des messages à faire passer", explique-t-elle. Laura Flessel est également en train de fonder une Académie internationale d'escrime à Clichy (Hauts-de-Seine). 

Isadora PLUMASSEAU (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 20 mai 2014

lepetitjournal.com Rio
Publié le 19 mai 2014, mis à jour le 20 mai 2014
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