Samedi 20 avril 2019
Rio de Janeiro
Rio de Janeiro
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

CARNAVAL DE RIO - Seins nus, couples gay et "ménages à trois", les écoles de samba ont bouleversé les mœurs

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 22/02/2015 à 23:04 | Mis à jour le 23/02/2015 à 17:34

Si Beija-Flor de Nilopolis a été sacrée championne du carnaval de Rio 2015 sur fond de polémique pour l'origine de son financement, cette édition aura aussi laissé des souvenirs très sexys. De nombreuses écoles de samba n'ont pas hésité à exposer des parties intimes au Sambodrome de Rio.

Plusieurs écoles de samba n'ont pas hésité à tomber le haut cette année au carnaval de Rio, alors que le topless est toujours en débat dans la société brésilienne. Pas moins de quatre écoles du Grupo Especial (première division) et plusieurs écoles du Grupo de Acesso (deuxième division) ont exposé sans limite des seins nus lors de leur défilé.

Malgré l'idée répandue que le carnaval serait la plus grosse orgie de la planète et le côté libertin présent dans l'imaginaire européen de la femme brésilienne, dévoiler le moindre téton reste encore très tabou au Brésil. Ce cru 2015 du carnaval est donc une petite révolution. Même si le défilé a lieu la nuit, il reste un événement que l'on regarde en famille et que tout le monde suit. C'est bien évidemment le moment le plus important chaque année dans la Cité merveilleuse.

"Pourquoi nous pouvons dans le Sambodrome et pas sur les plages ?"
Ana Paula Nogueira, l'une des figures des Toplessaços de Rio et qui se bat pour faire reconnaître le droit aux femmes brésiliennes à pouvoir pratiquer le topless au Brésil, a défilé pour l'école Unidos de Vila Isabel, sur le char rendant hommage aux Guaranis, l'une des principales tribus autochtones d'Amérique du Sud. Pour elle, le carnaval sert à poser la question à la société  brésilienne : "Pourquoi nous pouvons dans le Sambodrome et pas sur les plages, quelle est la différence entre des seins nus à Sapucaí et des seins nus sur la plage ?" Le char représentant les Indiens "permet à la société de se questionner sur soi-même et sur la nudité, qui est si naturelle pour des tribus traditionnelles d'Amérique du Sud. Il ne s'agit en aucun cas de nudité érotique", selon elle. Il s'agit avant tout d'une question culturelle qui mettra du temps à changer et, pour sûr, ce carnaval et sa portée médiatique y contribuera grandement.

L'école championne, Beija-Flor de Nilopolis, en rendant hommage à la tradition africaine, a également présenté plusieurs chars où les seins nus avaient la part belle. On trouve même une fille avec sa mère qui y ont participé et qui racontent à Globo ce défilé un peu spécial pour elles. Pour la fille, Ana Luisa Costa, qui en est à son 17e carnaval avec Beija-Flor, "c'était un moment merveilleux, j'étais confiante". Sa mère, Renata Costa, qui en est elle à son 30e défilé, est un peu plus réservée : "Il a fallu beaucoup de courage pour accepter de défiler les seins à l'air, j'avais un peu honte, je l'ai fait pour l'amour que j'ai pour mon école. Cela en valait la peine."

Le carnaval en inspire certaines
Le carnaval a ainsi déjà fait des émules. Lors d'un rassemblement automobile dans l'intérieur de l'Etat de São Paulo, une jeune fille restée topless en public a revendiqué le droit de faire ce qui se fait au Sambodrome : "Je ne vois pas ce que je fais de mal ! Pendant le carnaval, tout le monde est nu ou topless et personne ne dit rien. Je ne vois donc pas pourquoi je ne pourrais pas pratiquer le topless". La jeune femme a été l'objet d'une plainte, une enquête a été ouverte et elle est passible d'une peine de prisons allant de 3 à 12 mois.

Mais il n'y a pas que les seins nus qui ont fait parler. Mocidade Independente de Padre Miguel, qui a enregistré cette année l'arrivée du carnavalesque le plus convoité de Rio, Paulo Barros - trois fois champion sur les cinq dernières éditions avec l'école Unidos da Tijuca -, a réservé quelque surprises lors du défilé. 

L'une des images les plus marquantes de ce carnaval restera le char "Je marcherai nu sous la pluie", le thème de l'école étant "Si c'était la fin du monde, dis-moi ce que tu ferais s'il ne te restait qu'un jour à vivre ?". Sur le char, on aperçoit plus d'une vingtaine de personnes nues avec juste un cache sexe, aussi bien des hommes que des femmes. Paulo Barros voulait innover et choquer avec ce char, c'est réussi !

Couples gays et ménages à trois
Un autre char de Mocidade présentait des couples au lit, profitant de leurs derniers instants avant la fin du monde. Le public présent pour ce troisième défile du dimanche soir a remarqué la présence de couples gay (masculin et féminin) ainsi que des "ménages à trois". De nombreux Brésiliens ont commenté sur les réseaux sociaux que ce genre de comportement était inadmissible. Le président d'Unidos da Tijuca, ancien "employeur" de Paulo Barros, n'a pas apprécié non plus, trouvant ce char de "mauvais goût" et estimant que le carnavalesque n'aurait jamais osé une telle allégorie dans son école. Ce à quoi Paulo Barros lui a répondu, sur sa page Facebook, qu'il l'avait justement quittée à cause du manque de liberté artistique. Après la banalisation des baisers homosexuels dans les novelas à forte audience, ce défilé a donc fortement contribué au débat qui n'est pas près de s'arrêter dans la société brésilienne.

Malgré ces moments forts, l'école de Padre Miguel n'a pas réussi à convaincre le jury et n'a fini qu'à la 7e place du carnaval, se voyant privée du droit de montrer à nouveau des parties intimes aux Cariocas samedi au défilé des champions. Rappelons que le règlement du carnaval interdit une nudité totale de face lors du défilé sous peine de voir l'école se faire retirer 0,5 point. Aucune école n'a franchi la limite légale cette année. 

Damien LARDERET (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 23 février 2015

- Voir les résultats du carnaval de Rio 2015

0 Commentaire (s)Réagir

Vivre à Rio

São Paulo Appercu
BUSINESS

Entreprendre, la solution pour trouver un emploi au Brésil ?

Travailler au Brésil a des allures de carte postale, pourtant ce n’est pas aussi simple : l' usage de la langue, la légalisation de votre résidence, les salaires incitent les Français à entreprendre

Sur le même sujet