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TROPHEES 2015 - La musique classique au cœur des favelas grâce à Anne-Constance Despretz

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 16/03/2015 à 23:05 | Mis à jour le 16/03/2015 à 20:06

L'aventure se déroule dans l'une des favelas les plus violentes de Rio : le Complexo da Maré. Depuis plus de dix ans, l'école du Projeto Uerê accueille 400 enfants qui n'ont pas accès à l'éducation. Ces quinze derniers mois, la Française Anne-Constance Despretz, nommée aux Trophées 2015 des Français de l'étranger, dans la catégorie "humanitaire et social", qui ont lieu ce mardi soir à Paris, a mis son savoir de professeur de violon au service d'une trentaine de jeunes. Un parcours semé d'embûches qu'elle a raconté au Petitjournal.com.

C'est une femme d'expatriée à l'engagement original. Anne-Constance Despretz, 48 ans, a posé ses valises à Rio en octobre 2012, avec son mari. Très vite, elle s'est ?rapprochée d'une ONG qui s'occupe de projets pour enfants, l'école du Projeto Uerê dans l'une des favelas les plus violentes de Rio?. Ainsi, elle débarque au Complexo da Maré, en cours de pacification depuis avril dernier.

Volontaire pour animer des ateliers d'arts plastiques, Anne-Constance Despretz a très vite compris où elle mettait les pieds : ?Quand on y va, on a l'impression que c'est un village et pourtant, tout d'un coup, cela peut virer?. Elle constate que ?les enfants vivent dans un quotidien dur, de violence, de drogue? et l'école créée par la Brésilienne Yvonne Bezzera de Mello, certes ?en dessous du niveau national?, permet de ?récupérer les enfants qui ne suivent même pas l'école normale?.

"As cordinhas de Uerê"
Un jour, cette mère de cinq enfants, professeure de violon, décide d'apporter son instrument : ?J'ai vu l'émerveillement des enfants?, ce qui la conduit à lancer des cours de violon. Pour acquérir les instruments, d'une valeur de R$ 330 chacun, elle met la main à la poche : Anne-Constance Despretz en achète un, la directrice de l'école un autre. Ensuite ? ?On a fait des appels sur les réseaux sociaux et, en dix semaines, on avait dix violons?. Suffisant pour lancer un cours par semaine pour accueillir vingt élèves.

L'engouement pour ce projet, baptisé ?As cordinhas de Uerê? est tel qu'aujourd'hui, trente violons sont à disposition des enfants. Les dons ont permis à la Française ?d'embaucher un professeur de violon, parce que je sais que je partirai d'ici 6 mois, un an ou un an et demi, et je veux pérenniser le programme?.

Un concert unique en décembre dernier
Comment les enfants du Complexo da Maré se comportent-ils avec un violon dans les bras ? ?Pour moi, c'est chaque jour un miracle parce que certains Violon favelane savent pas lire les lettres, mais savent lire les notes?. Même s'il faut ?répéter, répéter, répéter. Des enfants qui ont des problèmes de nutrition ont des problèmes de mémorisation? comme pour ce garçon ?qui ne pouvait pas retenir et qui, malheureusement, est sorti de mon cours et même en classe, ne retient rien?. Anne-Constance Despretz fait le lien avec un problème de nutrition lorsque l'enfant lui raconte que ?le vendredi, sa grand-mère fait la feijoada, qui tient jusqu'au mardi. Ensuite, il mange les bonbons que son frère vend sur l'autoroute?.

Cela n'empêche pas nombre d'enfants de la favela de progresser grâce à la motivation. ?A la différence d'élèves à qui je donne un cours particulier, eux ont la notion que, si on leur donne, ils doivent aussi donner d'eux-mêmes?. A tel point que ?pour l'instant, mes élèves de la favela avancent presque plus vite parce que je les ai deux fois par semaine?.

En décembre, ces deux mondes se sont retrouvés pour un concert unique. Après qu'une dizaine de jeunes du lycée Molière ont joué au Projeto Uerê en compagnie d'enfants de la favela, six sont venus pour donner un vrai concert, toujours avec les apprentis-musiciens du Complexo da Maré. C'était au théâtre de la Maison de l'Europe, dans le centre de Rio. La concrétisation d'un projet de seize mois qui, s'il ne résout en rien le quotidien de la favela, offre aux enfants une mélodie qu'ils n'auraient sans doute pas pu entendre sans Anne-Constance Despretz.

Florent ZULIAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) Rediffusion

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