Oubliées des tours opérateurs touristiques, les différentes communautés de Rio regorgent pourtant de grands trésors. C'est notamment afin de les faire découvrir aux voyageurs qu'a été inauguré samedi dernier le "Caminho do Grafite", comprenez le "Chemin du graffiti", sur les pentes du Morro dos Prazeres, à Santa Teresa. Lepetitjournal.com était sur place.
En vue d'un projet de revitalisation du Morro dos Prazeres, situé sur les hauteurs de Sante Teresa, 45 artistes de street-art nationaux et internationaux sont venus colorer les ruelles de la communauté sous la forme d'un "Caminho do grafite" ("Chemin du graffiti"). Le projet, parrainé par la société Total E&P do Brasil, a été inauguré samedi dernier.
Tout a commencé il y a quelques années lorsque Carmen Givoni, une Brésilienne passionnée et guide touristique, a proposé à des groupes de voyageurs de venir à la rencontre des habitants de la communauté. Plus qu'une simple promenade à travers les rues, Carmen Givoni souhaitait partager un peu de cette culture communautaire qui fait souvent fuir les voyageurs. Elle souhaitait également redonner un peu d'estime à ces habitants souvent trop peu fiers de leur quartier et aider les jeunes pour qu'ils accèdent à des formations.
De jeunes guides du morro
Pour l'aider, elle a pu notamment compter sur Charles Siqueira, de l'association Pólen. Ce dernier est arrivé il y a 11 ans dans la
Le Caminho do grafite vient non seulement agrémenter le parcours de la visite guidée, mais aussi égayer les rues de la communauté. Lorsque ce projet a commencé à germer, Marcio SWK, célèbre graffeur issu du morro, n'a pas hésité à appeler ses amis du monde entier afin qu'ils participent à cette exposition hors norme. Les murs de la communauté abritent
Un chemin et un jardin
Et lorsque Carmen Givoni reprend le chemin, c'est toujours avec émotion qu'elle constate les changements apportés au morro. Aujourd'hui, ce sont déjà 50 maisons qui ont ainsi été rénovées puis graffées et certains rêvent désormais de redessiner toutes les habitations. Plus que la revitalisation du quartier, c'est sa revalorisation qui a été engagée. Au-delà d'une amélioration esthétique et économique de la communauté, il y a aussi une réelle volonté de sensibiliser les habitants à la préservation de leur environnement.
Ce "Chemin du graffiti" vient en effet compléter une première initiative inaugurée en novembre 2013 : "O jardim dos Prazeres", un jardin agencé au c?ur de la favela, venu remplacer une décharge. Le travail n'est pas fini et les projets ne manquent pas, derrière ces couleurs vives et ce jardin se cache un véritable projet éducatif. A terme, Carmen Givoni souhaiterait, toujours en collaboration avec l'association Pólen et de nombreux bénévoles français, arriver à parrainer les jeunes de la communauté afin qu'ils puissent aller à l'université. Le chemin est encore long mais il est déjà bien engagé.
Aude DU CREST (www.lepetitjournal.com ? Brésil) jeudi 27 mars 2014







