

Le célèbre photographe plasticien français est à l'honneur du Musée historique national de la Cidade Maravilhosa depuis mardi et ce jusqu'au 20 septembre avec son exposition "Hiperfoto Brasil". Une série de clichés grandioses totalement centrés sur la ville de Rio dont il est venu parler la semaine dernière à l'Alliance française de Botafogo. Lepetitjournal.com était sur place.
Jean-François Rauzier n'est pas seulement photographe. C'est un artiste, totalement influencé par le surréalisme, le cubisme ainsi que le pointillisme. Son secret ? Le concept qu'il a inventé il y a une vingtaine d'années lors de l'arrivée du numérique : l'hyperphoto. Une technique révolutionnaire consistant à prendre entre 600 et 4.000 images d'un même lieu, afin d'y assembler tous les points de vues et d'en fausser les perspectives en y superposant verticalement et horizontalement les clichés.
"Souvent une photo n'est pas réaliste, elle ne représente pas réellement ce que nous avons vu nous-mêmes d'un lieu en nous déplaçant à ses côtés. Une photo ne prend en général qu'un angle, qu'un cadrage. Ce que je fais est plus réaliste", s'exclame l'intéressé, qui a été invité à présenter ses travaux dans les locaux de l'Alliance française de Botafogo jeudi dernier.
Les métropoles, vivier d'humanité
Mais après des passages en Chine, aux Emirats arabes unis ou encore à Istanbul, c'est au Brésil que Jean-François Rauzier a posé son appareil, pour le plus grand plaisir de ses admirateurs locaux. Car le photographe français est un amoureux des villes. Son obsession ? Faire "le recensement" des grandes métropoles du monde dans ses travaux, véritables viviers d'humanité selon lui. Et quoi de mieux que de profiter de l'anniversaire des 450 ans de Rio pour lui rendre hommage au Musée historique national.
Dans cette exposition, les façades des célèbres monuments de la ville seront particulièrement mises à l'honneur, avec une mention particulière pour le Cabinet royal portugais de lecture, dans lequel l'artiste a réintroduit par photomontage des figures d'écrivains brésiliens célèbres, afin de faire revivre ces âmes aujourd'hui disparues.
"Au Brésil, l'art est plus libéré"
Mais Jean-Français Rauzier ne s'arrête pas là. Trois autres expositions suivront jusqu'en 2017, cette fois-ci dédiées à Salvador, São Paulo et Brasilia. Dans le but assumé de gratifier le parc architectural du pays. Un amour du patrimoine, que ce photographe, qui se dit artiste catholique baroque, peut pleinement assouvir au Brésil : "J'aime notamment photographier l'art religieux. En Europe, on a une méfiance vis-à-vis des artistes baroques, la France est devenue un pays minimaliste. Au Brésil, l'art est plus libéré. Dans ce pays, on ressent une spiritualité totalement libre face à l'Europe sécularisée. C'est provoquant de photographier cela en France, pourtant notre art a été baigné par la religion. Cela a été notamment un plaisir de photographier les églises de Salvador. Qui semblent être un rempart face aux dangers de la ville."
Les amoureux de la photographie et de l'architecture carioca devraient ainsi se ruer sur cet événement culturel qui a débuté cette semaine. L'occasion de voir Rio sous un autre angle. Car comme le dit Jean-François Rauzier : "Le problème de l'artiste c'est de représenter le monde comme il voit, ne pas subir l'image. Et mon travail en 4e dimension permettra aux visiteurs de ne pas rater le moindre détail de mes photographies."
Nathan CAHN (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 19 août 2015
*Photo : Art en Direct / Alliance française
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Infos pratiques Hiperfoto Brasil Museu historico nacional Praça Marechal Ancora - Centro Jusqu'au 20 septembre Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 17h30 et les week-ends et jours fériés de 14h à 18h |







