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MUSIQUE - De la pop au métal, chacun son Rock à Rio

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

De Rihanna à Metallica en passant par les Red Hot Chili Peppers, les têtes d'affiche du premier week-end du Festival Rock in Rio ont attiré plus de 300.000 spectateurs en trois jours

Tout a commencé par un flash-back. Les écrans géants montrent la scène mythique du concert de Queen lors de la première édition de Rock in Rio de 1985, quand le chanteur Freddy Mercury laisse le soin au public de chanter à sa place Love of my life.
Vingt-six ans plus tard, les jeunes générations ne connaissent pas trop les paroles, alors les organisateurs ont chargé une légende de la chanson brésilienne de reprendre le flambeau.
C'est donc Milton Nascimento qui ouvre le bal de la grande scène (le "palco mundo") lors du premier jour du festival, accompagné par le guitariste Tony Bellotto, des Titãs, l'un des plus grands groupes de l'histoire du rock brésilien, dans le rôle de Brian May, son homologue de Queen.

Après cette séquence nostalgie, Tony est rejoint les autres membres de son groupe et par les Paralamas do Sucesso, trio carioca qui est pratiquement "né" lors du festival de 1985. A l'époque, ils avaient conquis 200.000 spectateurs en à peine 40 minutes de concert alors qu'ils étaient pratiquement inconnus du grand public. Aujourd'hui, leur chanteur, Herbert Vianna, se présente sur scène en fauteuil roulant. Paraplégique depuis 2001 suite à un tragique accident d'ULM, il n'en garde pas moins un charisme exceptionnel. Pour accompagner tout ce beau monde, l'Orchestre Symphonique du Brésil, avec ses musiciens qui deviennent des rock stars d'un soir en brandissant leurs instruments pour saluer des fans conquis. Et histoire de faire pour du bon le trait d'union entre les générations, la chanteuse sensation du moment Maria Gadu fait une apparition pour chanter Lourinha bombril des Paralamas.
De belles rencontres, dans l'esprit du "palco sunset", l'autre scène qui accueille les concerts de l'après-midi avec des duos qui feraient pâlir d'envie Nagui et son Taratata.

Erreurs de casting
Après s'être délecté de la crème de la crème du rock brésilien, le public a eu plus de mal avec Claudia Leite, reine du Axé (musique très dansante qui rythme le carnaval de Bahia), manifestement une erreur de casting pour un festival rock, même si la soirée était placée sous le signe de l'éclectisme. La blonde plantureuse, dans sa mini jupe ultra moulante sertie de cristaux brillants, a tenté de compenser en faisant des acrobaties suspendue au-dessus de la scène et en misant sur moultes reprises de classiques du rock, y compris D'yer Maker, de Led Zeppelin.

Autre choix quelque peu douteux de la part des organisateurs : coincer le vénérable Sir Elton John entre deux idoles des ados : Katy Perry et Rihanna. Sur son twitter, le chanteur anglais s'est même dit "peiné" après avoir entendu les jeunes réclamer qu'il écourte son concert pour laisser sa place à la chanteuse r'n'b originaire de la Barbade.

Cela dit, les deux jeunes femmes avaient des atouts non négligeables. Katy Perry a impressionné par sa prestation pleine d'effets spéciaux dans un décor de maison de poupée et par son attitude de Barbie un brin vicelarde. Quant à Rihanna, elle a fait sa diva en arrivant avec plus d'une heure et demie de retard, mais ses fans ont été récompensés par un show tout en groove et en sensualité.

Les Californiens au top
Le samedi, difficile pour les autres groupes de tenir la comparaison avec LA grande tête affiche du festival, les Red Hot Chili Peppers. Certains s'en sont mieux sortis que d'autres. Sous une pluie torrentielle, Stone Sour a agréablement surpris avec son répertoire hardcore décapant, sous la houlette du chanteur Corey Taylor, qui a la particularité de revenir le lendemain affublé d'un masque de serial killer à la tête de son autre groupe, Slipknot, l'une des principales attractions de la nuit métal du dimanche. Truffant des phrases de f*** à toutes les sauces, il s'est mis le public dans la poche en évitant de trop se prendre au sérieux. Un exemple qu'aurait mieux fait de suivre le Nord-Irlandais Gary Lightbody, chanteur de Snow Patrol, qui semblait agacé de ne pas faire l'unanimité. Lors de la dernière chanson, alors qu'il a des problèmes avec sa guitare, il lance, un brin ironique : "bon, ce n'est pas grave, de toute façon, après, vous allez avoir droit aux Red Hot".

Effectivement, le public ne sera pas déçu par la performance des stars de la soirée. Subtil dosage entre les hits des années 90 et les nouveautés de leur dernier album I'm with you, la setlist a ravi aussi bien les plus jeunes que les fans de longue date. Le groupe, qui s'est fait plaisir la veille sur les vagues de la prainha, plage sauvage préférée des surfeurs cariocas, avait une pêche d'enfer, qui a revigoré les quelque 100.000 spectateurs du jour, pourtant pas épargnés par la météo quelques heures auparavant.

Le lendemain, les chevelus habillés de noir font leur apparition pour une soirée placée sous le signe du métal. Et qui dit metal dit Metallica. Contrairement aux Red Hot, californiens comme eux, ils ont presque uniquement misé sur des valeurs sûres, les grands classiques des années 80, devant un parterre de fans qui ne demandait que ça. Cela dit, cela ne les a pas empêché d'innover sur quelques petits détails, notamment pour l'introduction, où les guitares saturées font place à la musique d'Ennio Morricone, tandis que l'écran géant passe la scène mythique du cimetière du non moins légendaire western Le Bon, la Brute et le Truand. Sur scène, James Hetfield et ses compères jouent leur partition sans faille, dégainant les riffs avec autant de classe que Clint Eastwood sort son colt dans le film de Sergio Leone. Le guitariste Kirk Hammet s'est même permis un petit clin d'œil en reprenant dans un de ses solos la mélodie de Samba de Uma nota so, grand classique de la Bossa de Tom Jobim. Au final, ils n'ont pas économisé leur énergie, pour une prestation ultra-maîtrisée de plus de deux heures avec des bis suivis d'adieux prolongés. La formation, qui fête ses 30 ans cette année, donnait l'impression qu'elle aurait pu passer la nuit entière sur scène. Une fraîcheur aussi affichée par les papis de Motörhead, emmenés par le grand Lemmy Kilmister, toujours en pleine forme malgré ses 65 ans bien tassés.

Vivement la suite, avec notamment Stevier Wonder et Jamiroquai le jeudi, Shakira le vendredi, Cold Play le samedi, System of a Down et les Guns n' Roses le dimanche !

Luana Martins (www.lepetitjournal.com – Brésil) mardi 27 septembre 2011

lepetitjournal.com Rio
Publié le 27 septembre 2011, mis à jour le 8 février 2018
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