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FOOTBALL - Les Cariocas et le "roi" Juninho retrouvent leur Maracanã

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 23 juillet 2013

Dimanche soir a marqué le retour des derbys cariocas dans la mythique enceinte de football. C'est sous une certaine tension que Fluminense et Vasco se sont affrontés pour la 8e journée du championnat brésilien. L'ancien Lyonnais, Juninho, de retour au Vasco après huit mois aux Etats-Unis, a été le héros de la soirée.

Ce derby avait un air de "saudade", cette nostalgie si brésilienne qui nous rappelle nos heures de gloire. Après plus de trois ans de travaux et une Coupe des Confédérations, le Maracanã est enfin revenu au peuple carioca. Les premiers supporters à pouvoir le tester ont été ceux du Vasco et de Fluminense. Les capitaines des deux équipes, Juninho et Fred, ont fait partie des belles années de l'Olympique Lyonnais. Bordelais et Marseillais ont également pu retrouver de vieilles connaissances de la Ligue 1, en la personne de Wendel et André du Vasco pour les Girondins et de l'entraîneur de Fluminense, Abel Braga, passé quelques mois dans la cité phocéenne en 2000.

Un derby entouré de polémique
Ce classique carioca avait été lancé bien avant dans la semaine avec plusieurs polémiques. Les supporters du Vasco revendiquent la partie droite du stade qu'ils jugent avoir conquis sur le terrain en étant le premier champion carioca de l'ère Maracanã en 1950. Depuis cette date, ils ont toujours été placés dans cette tribune à chaque match disputé. Une ancienne gloire du club, Roberto Dinamite, a même déclaré "Si j'étais supporter du Vasco, je n'irais pas au stade", pour protester contre ce traitement.

L'autre discorde a réuni les supporters des deux clubs face au consortium privé qui gère le Maracanã. Ces derniers ont mis la pression pour que soient autorisés drapeaux et instruments à percussion, et avoir le droit d'être torses nus et debout, ce qui est désormais bannis du nouveau règlement du stade. Cela leur a finalement été accordé jeudi lors d'une ultime réunion. Les supporters le revendiquent comme faisant partie de leur identité ainsi que celle du Maracanã.

Juninho star d'un soir
Le match a ainsi pu avoir lieu devant les deux kops, rappelant les grandes heures du Maracanã et l'histoire des classiques de Rio. Le Fluminense fêtait ses 111 ans d'existence alors que le Vasco célébrait le retour de son roi Juninho. Une grande partie des chants des supporters lui était destiné : "O Juninho é nosso rei" ("Juninho est notre roi").

L'ancien Lyonnais se mettait très vite en évidence en ouvrant le score dès la 16e minute. L'autre tournant du match a été l'expulsion de Fred, devant la tribune du Vasco, à la suite d'une agression sur un joueur adverse. À la mi-temps, les fans du Vasco étaient en fête alors que ceux de Fluminense ne célébraient pas leur anniversaire comme ils l'auraient souhaité. Dès le retour des vestiaires, Juninho lançait parfaitement en profondeur André pour le 2-0. Pour son retour, le milieu de terrain a montré qu'il était toujours aussi précieux. Fluminense réduisait rapidement le score à 2-1, ce qui a eu le mérite de réveiller les supporters tricolores. Le Maracanã vibrait alors comme à ses heures de gloire où les deux virages se répondaient par des chants. Fluminense recevait dans la foulée un autre carton rouge et Vasco l'a finalement emporté 3-1.

Juninho a expliqué à la fin du match que la célébration de son but, consistant à montrer du doigt le virage des supporters de Fluminense, était "juste pour rappeler que cette partie du stade, Vasco l'a conquise et par respect les supporters auraient dû y rester". Au cours du match, six supporters du Vasco ont été placés en garde à vue après avoir justement tenté d'entrer dans la tribune adverse qu'ils revendiquent comme la leur.

Des tribunes latérales vides
Autre élément à noter, les 46.860 spectateurs présents ont pu constater que les tribunes latérales devant le terrain étaient presque vides. Alors que le prix des places dans les virages s'élevaient à R$ 60, les places dites "premium" étaient quant à elles vendues entre R$ 250 et R$ 300. Les Cariocas ont ainsi largement "boudé" ces tarifs qu'ils jugent excessifs.

Ceux qui connaissaient l'ancien Maracanã ont pu constater sa modernisation, avec des sièges pliables installés partout, même en virage. Certains nostalgiques regretteront peut-être les abords du stade où l'on pouvait auparavant boire une "latinha" de bière avec des amis avant de se rendre au match. Désormais, tout se fait à l'intérieur du stade, sans alcool à des prix plus élevés que la moyenne, enlevant le côté populaire et festif qui a fait son histoire.

Damien LARDERET (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 23 juillet 2013

- Lire notre test du "nouveau" Maracanã

lepetitjournal.com Rio
Publié le 22 juillet 2013, mis à jour le 23 juillet 2013
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