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FERIADO - São Jorge, ce martyr vénéré à Rio

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 22 avril 2015

Le 20 janvier est chômé à Rio car c'est la Saint-Sébastien, du nom originel de ville, São Sebastião do Rio de Janeiro. Logique de penser que c'en est le saint patron. Et bien aujourd'hui, 23 avril, est lui aussi chômé, en l'honneur de Saint Georges? saint patron de la ville ! Mais qui est ce Saint Georges que l'on retrouve partout à Rio ?

T-shirts design ou t-shirts d'un kitsch bien représentatif de la dévotion populaire, Saint Georges ("São Jorge") est probablement l'un des motifs les plus fréquents qui se vendent à Rio. On n'en compte plus non plus les statues, ni même les peintures murales qui le représentent. Rares sont les foyers qui n'en ont pas une petite représentation, et il est courant d'en avoir une image dans son portefeuille.

Une église lui est entièrement dédiée dans le Centre (Rua da Alfândega, 382), et en ce 23 avril, les messes s'y succèdent d'heure en heure, pour honorer le saint, le remercier, lui faire des promesses. Il faut parfois faire des heures de queue pour pouvoir entrer dans l'église, et toucher les rubans rouges qui pendent de sa statue.

Le saint guerrier, terrassant le dragon
Natif de Cappadoce, issu d'une famille chrétienne, Saint Georges vit en Palestine au 4e siècle. Elevé aux premiers grades de l'armée par l'empereur Dioclétien, il sera pourtant martyrisé en Libye par ce même empereur, ayant déclaré la guerre aux Chrétiens. Il survit à des tortures atroces, martyrisé, jusqu'à ce que, pour en finir, on le décapite.

Selon la légende, il aurait sauvé des griffes du dragon la fille d'un roi, ainsi que tous les habitants de la ville qu'il terrorisait. Le dragon, de son haleine putride,

menaçait de brûler la ville si on ne lui donnait pas en tribut quotidien de jeunes gens tirés au sort. Saint Georges arrive le jour où la fille du roi est désignée : il avance alors courageusement vers le dragon, et le pourfend d'un coup d'épée, invoquant Dieu et Jésus. La princesse est délivrée, et le dragon apprivoisé au point de se laisser conduire en laisse. Les habitants se convertissent, subjugués.

Iconographiquement, il est représenté en armure, monté sur un cheval blanc, une lance à la main, terrassant un dragon ailé. Symboliquement, cette figure représente la défaite de l'idolâtrie par les armes de la foi. Sa tombe était déjà un lieu de pèlerinage au 7e siècle, il doit sa gloire internationale aux Croisés qui en ravivent la mémoire en Occident. Depuis, il est le saint patron de l'Angleterre, du Portugal, de l'Espagne, de Venise, de Gênes et de la Catalogne.

Contre la persécution, les assaltos et les innondations
A Rio, Saint Georges est invoqué contre la persécution, la tentation, le sort, l'envie, le chômage, les agressions ("assaltos"), les balles perdues, pour la protection, les actions en justice, la prospérité, et plus récemment contre les glissements de terrain et les inondations.

Au Brésil, Saint Georges est associé à la lune, à travers les cultes afro-brésiliens : à Bahia, il est associé à Oxossi, orixá associé à la lune, et à Rio, à Ogum. La tradition veut que les taches de la lune représentent le saint miraculeux, son cheval et son épée prêts à défendre ceux qui implorent son aide.

MG (www.lepetitjournal.com - Brésil) Rediffusion

lepetitjournal.com Rio
Publié le 22 avril 2015, mis à jour le 22 avril 2015
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