

L'engouement n'est pas comparable au Tour de France, ni même à Paris-Nice ou aux classiques qui sillonnent l'Hexagone. Le Tour de Rio, dont les organisateurs disent qu'il s'agit de la plus grande course cycliste d'Amérique latine, a couronné ses champions dimanche devant les amateurs de la discipline. Une affluence modeste car, au Brésil, le cyclisme est en queue de peloton de la hiérarchie sportive. Lepetitjournal.com s'est rendu sur la ligne d'arrivée.
Sixième et dernière étape du Tour de l'Etat de Rio de Janeiro : Rio das Ostras ? Rio de Janeiro. La soixantaine de coureurs engagés avait donné les premiers coups de pédale il y a une semaine, depuis Barra de Tijuca, avant de passer par Angra dos Reis, Volta Redonda, Três Rios et Teresopolis. Au final, aucun Brésilien sur le podium, c'est un espagnol, Oscar Sevilla, qui l'emporte, devant un Cubain et un Argentin. Faut-il y voir un signe ? En tout cas, le cyclisme cherche sa place dans un pays où le football occupe tous les esprits. Il y avait pourtant sept équipes brésiliennes à l'arrivée dimanche, contre six étrangères dont quatre européennes.
Assis sur un banc, en attendant le sprint final de l'étape, deux retraités brésiliens nous parlent de leur discipline fétiche. ?Je regarde toujours le cyclisme, y compris le Tour de France?, assure le premier d'entre eux. ?Mais le Brésil n'est pas un pays de cyclisme?, avoue-t-il. ?Ce n'est pas comme en Italie, en Espagne, en France et plus généralement en Europe où ce sport est bien exposé, au jour le jour?. Quelques regrets dans leurs yeux, mais de la fierté à évoquer le Tour de Rio : ?C'est une bonne compétition, internationale, avec des cyclistes d'Amérique du Sud et d'Europe?.
Nous insistons sur la popularité de ce sport, l'affluence de cette épreuve qualifiée de plus importante du pays nous décevant quelque peu : ?Le cyclisme est plus présent à São Paulo. Ici, à Rio, très peu d'équipes sont présentes, le cyclisme a très peu d'argent?. Conséquence : pas d'équipements, peu de jeunes se tournent vers la discipline, et le sport a du mal à décoller. D'ailleurs, un seul brésilien a remporté une étape du Tour de France : Mauro Ribeiro, en 1991. Qui pour prendre la relève ? ?Il y a de bons cyclistes ici qui courent en Europe ! Mais très peu, c'est vrai?. Et nos deux compères de nous

"Dispenser la culture du vélo" au Brésil
Désormais, les amoureux de ce sport se battent pour en redorer le blason. Les organisateurs du Tour de Rio se donnent comme mission de ?dispenser la culture du vélo dans le pays?. Pour y parvenir, ils misent sur la valorisation de la pratique amateur. A São Paulo, seules 5% des routes sont équipées d'une voie pour cyclistes, soit 60 kilomètres. Pour comparaison, ce pourcentage atteint 40% à Strasbourg et 21% à Paris. Rio s'en sort plutôt bien : 360 kilomètres de voies cyclables, le total le plus important du Brésil, à relativiser avec la taille de la Cité merveilleuse.
La clé est donc entre les mains des pouvoirs publics. Néanmoins, quelques centaines de Cariocas ont félicité les coureurs dimanche. Car les Brésiliens attendent des résultats. Si un de leurs compatriotes brillait dans une épreuve mondiale, leur engouement pour le vélo passerait sans doute à la vitesse supérieure.
Florent ZULIAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 3 septembre 2014







