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CINÉMA – Sur les écrans cette semaine : Sonhos Roubados

Écrit par Lepetitjournal Rio de Janeiro
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Forte de sa science du documentaire, Sandra Werneck signe une triple tranche de vie adolescente taillée dans la réalité des quartiers pauvres de Rio. Sans pathos aucun et avec une belle empathie. Lumineux

Sabrina, Daiane et Jéssica vivent leur adolescence dans leur "communauté" carioca. Comme elles peuvent : entre prostitution occasionnelle, inceste et maternité précoce. Une existence qui, loin d'être rose, réserve toutefois son lot de petits bonheurs au quotidien.

À l'origine, Meninas
Il y a quatre ans, Meninas sonnait le grand retour de Sandra Werneck à ses premières amours documentaires, après une immersion de dix ans et trois films dans les eaux de la fiction (d'où émergea en 2004 le triomphant Cazuza ? O Tempo não para). Se focalisant sur un quatuor de filles-mères des quartiers pauvres de Rio, la cinéaste puisait matière à réactiver son acuité sociale, filait de sa caméra le subtile écheveau de liens tissés avec la famille, les amies ou les amants, établissant ainsi des passerelles entre ses sujets et le monde alentour. Se dessinait le vibrant canevas d'une réalité qui, sans être brillante, bouillonnait de vie et d'un peu d'espoir. Un goût d'inachevé demeurait pourtant dans la bouche de la réalisatrice, le sentiment qu'elle pouvait approfondir la question. Il lui fallait donc replonger. De retour en fiction. D'où Sonhos Roubados.

Ni drame, ni docu
Mi-drame, mi-réalité. Un subtil mélange des genres que Sandra Werneck est allée effectuer sur place, en posant sa caméra parmi les comunidades ? on préférera ce terme à celui de favelas - de Curicica et Ramos. En captant les ambiances et le temps qui passe. Ou plutôt ne passe pas. Les événements se succèdent, un anniversaire chasse l'autre, Noël débarque sans prévenir puis s'en va aussi sec, mais tout ça semble glisser sur nos trois héroïnes sans en affecter aspirations ni désillusions. D'un bout à l'autre du film, leur ciel garde la même couleur. Grise.

Pas de futur ni vraiment de passé, on se trouve donc dans un présent durable qui est le temps privilégié du documentaire. Jéssica (Nanda Costa), Sabrina (Kika Farias) et Daiane (Amanda Diniz) s'accommodent d'ici et de maintenant sans songer à ailleurs où demain. Résignation ? Combativité au contraire. Et à force de s'obstiner à garder la tête hors de l'eau, elles parviennent à quitter le film en allant naviguer vers des lendemains qui chantent. Ou aussi lumineux que ceux qu'on souhaite au cinquième long métrage de Sandra Werneck, déjà lauréat d'un Prix du public lors du dernier Festival de Rio.

Germain SCLAFER (
http://www.lepetitjournal.com ? Rio de Janeiro) mercredi 28 avril 2010


Sonhos Roubados (2009) de Sandra Werneck, avec Kika Farias, Nanda Costa, Amanda Diniz, Marieta Severo, Daniel Dantas, Mv Bill?
Actuellement sur vos écrans à Rio de Janeiro
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lepetitjournal.com Rio
Publié le 26 avril 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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