Présenté en première mondiale lors du dernier festival de Cannes, ce court métrage extravagant est en compétition pour le prochain festival de Belo Horizonte au mois de novembre 2011. Rencontre avec l´acteur principal Emeric
La première impression après le visionnage c´est de se sentir re-plongé dans le cinéma nouvelle vague des années Godard. Ce road movie entre Rio de Janeiro, Paris et le département du Lot ne laisse pas indifférent. Les dialogues sont improvisés et la batucada accompagne les images tournées pour certaines scènes en noir et blanc. "Emprunter au réel toute sa fiction, c´est vraiment ça le truc, nous dit Emeric, c´est une prise de notes sur le réel, le réalisateur Philippe Chalem, essaye de trouver chez moi un caractère qui l´amuse. Les dialogues pratiquement inexistants sont un jeu entre la voix off du réalisateur et celle de l´acteur. Autre particularité, le film est tourné avec un appareil photo, la capture d´image est exceptionnelle, et permet de tourner les scènes sur le vif et laisse l´acteur complètement libre dans des dialogues orientés par la voix off, le scénario existe mais n´est pas fermé." La réalisation devient mobile, se déplace, bref arrache son matériel de la lourdeur des studios. "Le film est un objet qui se modèle avec sa propre matière, poursuit Emeric, il y a le goût de garder intègre une séquence, de sélectionner pour le montage les scènes les plus fortes sans les retravailler."
Parti pris
Venu du monde de l'art plastique tout comme Emeric, peintre, photographe et touche-à-tout partageant son temps entre Paris, les Etats-Unis et le Brésil, Philippe Chalem nous présente là un court métrage qui ne se prête pas au jeu traditionnel de la bienséance du 7ème Art. Ce genre de technique, de conception, prisé par le cinéma d´auteur est autant adapté à un baladeur numérique qu´à un téléphone cellulaire... ou une salle de cinéma. Le réalisateur joue avec le spectateur, en mêlant le fond par la forme, et l´entraîne (ou le laisse) dans cette « fiction du réel ». L'existentialisme a tenu le haut du pavé durant les années 50 avec Sartre et De Beauvoir, Camus, Merleau-Ponty où derrière la simplicité de l'histoire se cachaient les questions et les enjeux de liberté, de temps, d'angoisse de néant... Portrait of Emeric Paul nous renvoie à cette époque où l´on ne s'exprime pas que par les mots, mais aussi au travers d´un visage peint, une coupe de cheveux, un sifflet...
Joseph SIVIERI (www.lepetitjournal.com) jeudi 30 juin 2011







