

Située dans la zone portuaire de Rio, près du quartier de Santo Christo, la Fabrica Behring figure comme une des dernières usines en voie de réhabilitation. Dans l'usine même où, pendant des décennies, on produisait des tonnes de bonbons et de chocolats. Aujourd'hui s'y est installée une série d'ateliers et de studios d'artistes. Lepetitjournal.com est parti à la découverte de cet entrepôt que l'histoire réinvente
En 1870, alors que les navires de commerce entrent en nombre dans le port de Rio et que le brouhaha des calèches retentit sur les pavés des rues, l'usine de chocolat ouvre ses portes. En premier lieu, installée d'abord avenida Rio Branco près du Teatro Municipal, elle a du être déplacée dans cette zone portuaire, Rua Orestes, car les chevaux transportant les produits laissaient derrière eux une odeur nauséabonde faisant fuir les badauds venus se divertir à l'Opéra. La structure de cette usine est composée de fer et d'acier.
Une nouvelle énergie
Le gouvernement a la volonté de donner un nouveau souffle à cette zone portuaire laissée à l'abandon depuis la désindustrialisation de la côte portuaire en 1956. A l'approche des Jeux Olympiques de 2016, un projet de revitalisation de cette zone centrale a été mis en place. L'idée est de reconnecter la ville et ces bâtiments désertés.
Dès 2008 un ensemble d'artistes s'est peu à peu installé dans cette ancienne chocolaterie. Sculpteurs, photographes, vidéastes, performeurs y ont monté leurs ateliers, et y ont fondé une véritable laboratoire créatif. "Les artistes sont attirés par l'abandon", explique le sculpteur et peintre Alexandre Rangel qui travaille dans l'usine.
Edouardo Garcia est l'un des premiers à avoir ouvert son atelier. Artiste contemporain, il voyage à travers le monde pour exposer et vendre ses toiles. Textures et abstraction sont les mots d'ordres de son travail qui reflète aussi le monde industriel : une extension logique du lieu de création.

Peinture, design et édition
Cette usine mesure plus de 25.000m2 et compte 3 étages. Un ascenseur datant du début du siècle permet de passer de l'un à l'autre. En tout, 40 ateliers sont répartis sur l'ensemble de l'espace. Le passé semble encore bien vivant lorsque l'on découvre au rez-de-chaussée des enseignes de l'industrie Behring d'époque encore accrochées au mur.
Au premier étage, on trouve des ateliers, ainsi qu'une boutique de décoration et de meubles, Trapiche Carioca. Le directeur Jorge Garcia nous présente avec passion chaque objet de sa collection. Il vend des objets anciens de valeurs, des meubles en bois brésilien qu'il dessine lui-même.

Des vieux Manchete (magazines) posés sur une malle, des appareils photo de collection (Kapsa), des bouteilles de Coca Cola datant des années 50 sont entreposées dans une veille barrique d'Antartica. Cette boutique-brocante est très appréciée des architectes et des designers.
Au deuxième année étage, une styliste confectionne des costumes et des vêtements pour le prêt-à-porter brésilien.

Dans la cours de l'établissement, un atelier d'aérographie a ouvert ses portes. Claudia Froes, une

Sur le chemin de la sortie, le restaurant Gulemix invite chaque jour les occupants du lieu à venir déjeuner un plat typique : feijoada, poissons, et autres mets brésiliens délicieux sont au menu.
Ces artistes, en investissant les lieux, ont prouvé qu'il était possible de redonner une seconde vie aux vestiges de l'industrialisation massive du début du siècle. D'ici peu, cette zone présentera un nouveau visage moderne et contemporain.
Camille JEANJEAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) jeudi 24 mai 2012







