Édition internationale

Stéphanie Ollivier : "Après 26 ans en Chine, je partage aujourd'hui cette culture"

A l'occasion de la publication de "Ma vie en Chine: la nourriture", nous avons rencontré l'autrice Stéphanie Ollivier, autrice de guides de la culture chinoise à destination des enfants. Elle revient sur le parcours qui l'a amenée à vivre en Chine et à construire aujourd'hui un véritable pont entre la France et ce pays. Culture chinoise mode d'emploi.

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Écrit par Didier Pujol
Publié le 17 février 2026, mis à jour le 19 février 2026

J'ai vu la Chine se moderniser

Vous avez passé plusieurs années en Chine. Parlez nous de votre parcours qui vous amène aujourd’hui à partager cette culture en France

Je suis arrivée à Pékin au milieu des années 1990, à la fin de mes études de journalisme et communication. Au début par simple curiosité, l’envie de découvrir un pays dont je ne savais rien mais qui commençait juste à s’ouvrir au monde. Je m’étais inscrite pour six mois de cours de mandarin intensif à l’université des Langues, en laissant la suite ouverte. Je suis finalement restée à Pékin une vingtaine d’années ! La Chine de l’époque, qui se développait, se modernisait de semaine en semaine sous mes yeux, était passionnante à observer. Et j’ai beaucoup aimé raconter ce pays en ébullition en tant que journaliste indépendante et autrice de livres de voyage. Je suis rentrée en France en 2016, mais j’essaye de continuer à partager ce que j’ai pu apprendre de ce long chapitre de vie en Chine, notamment à travers des projets d’édition.

 

Ma fille franco-chinoise me posait des questions

Votre livre sur la nourriture chinoise fait partie d’une série à destination de la jeunesse. Pourquoi ce parti pris ?

J’ai longtemps parlé de la Chine à des adultes, jusqu'à ce qu’un éditeur français me commande le texte d’un livre jeunesse sur Pékin. J’avais adoré cet exercice d’écriture à hauteur d’enfant et m’étais promis de le réitérer. L’occasion ne s’est pas représentée tout de suite. Mais après notre réinstallation à Paris fin 2016, ma fille franco-chinoise, qui avait six ans alors, me posait sans cesse des questions sur Pékin, qui lui manquait, ou sur le quotidien de ses copines chinoises là-bas. En cherchant des livres pour elle dans les librairies françaises, j’ai réalisé l’essentiel des livres jeunesse sur la Chine étaient des contes mythologiques, ou des fictions qui parlent de traditions millénaires mais évoquent rarement le pays moderne dans lequel ma fille a passé ses premières années. Je trouvais cela dommage. J’ai donc voulu élargir l’offre éditoriale en proposant aux jeunes lecteurs des ouvrages documentaires sur la société chinoise d'aujourd'hui. La collection  Ma Vie en Chine aborde ainsi l’éducation, la santé et désormais l’alimentation. Et j’espère que d’autres thèmes suivront.

 

Chine nourriture

 

Une expérience de vie en miroir entre la France et la Chine

Vous collaborez avec une co-autrice chinoise. Comment vous répartissez vous les tâches ?

L’album sur la nourriture a en effet été illustré par la dessinatrice Gao Yuan, qui est originaire du Zhejiang et installée près de Paris depuis une dizaine d’années. C’était important pour moi de travailler avec une illustratrice chinoise, pour avoir un vrai regard croisé sur son pays. Notre processus de collaboration est assez classique : je transmets mon texte à Gao Yuan, qui me propose des situations visuelles pour chaque double-page. Nous les affinons ensemble au fur et à mesure, généralement autour d’un café, ce que je trouve plus efficace et agréable que les échanges à distance, si fréquents aujourd’hui entre auteurs et illustrateurs. Gao Yuan et moi avons des expériences de vie en miroir et nous parlons chacune la langue de l’autre, cela facilite beaucoup les échanges et les suggestions mutuelles. C’est notre troisième collaboration et c’est un plaisir chaque fois renouvelé de travailler avec elle.

 

Comprendre la Chine pour apréhender le futur

Quelles sont les raisons qui doivent conduire les Français à s’intéresser à la culture chinoise et à ce pays ?

C’est plutôt le fait de ne pas s’intéresser à la culture et à la société chinoise aujourd’hui qui devrait poser question ! L’influence de la Chine dans le monde ne fait que s’étendre depuis le tournant du millénaire, dans tous les domaines : de la géopolitique à l’économie, en passant par la technologie, la science ou la pop culture. Dans notre monde en plein chamboulement, le poids et l’influence de la Chine sont appelés à s’accroître encore. Avoir un minimum de connaissances factuelles sur la manière dont la Chine fonctionne au quotidien, ou sur les comportements de ses habitants, me semble donc essentiel, qu’on soit attiré, ou non, par ce pays. C’est encore plus vrai pour les plus jeunes, qui auront à interagir de manière régulière avec les Chinois quand ils seront adultes, de manière probablement plus poussée que les générations précédentes ont eu à le faire.

Qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs francophones du Petit Journal Chine ?

Je lisais le Petit Journal Pékin quand je vivais là-bas, et continue à le faire régulièrement pour rester à jour entre deux séjours en Chine. Je conseille d’ailleurs votre newsletter pour l’éclectisme des sujets traités. Je suis déjà familière d’une partie des thèmes abordés dans vos articles, mais j’y découvre aussi des aspects pratiques ou culturels que je connais moins bien. J’y trouve parfois même des idées pour de futurs livres jeunesse !

 

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