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SAAB - La razzia chinoise

Par Lepetitjournal Pékin | Publié le 05/07/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 13:14

C'est l'histoire du rachat de Saab par Pangda, société chinoise, après plusieurs tentatives sans succès. Le deal est pourtant encore loin d'être achevé entre les Européens et ces Chinois quasi anonymes

L'auto chinoise guigne la nordique. En 2011, Pangda (Tangshan) tente de reprendre Saab, en une série d'approches byzantines qui évoquent la difficulté de la man?uvre.

(Image libre de droit flickr.com)

Déjà en 2009, quand General Motors, sa maison mère, elle-même en difficulté, l'avait mis en vente, Baic (Pékin) s'était mis sur les rangs. A l'époque, Saab sortait encore 80.000 voitures par an. GM avait préféré céder au Hollandais Spyker. Puis en mars 2011, Saab réduite à une production de 37.000 par an débrayait faute de pouvoir régler les fournisseurs. Un groupe pékinois inconnu, Hawtai se portait candidat, offrant 150 millions d'euros pour une participation dans Saab. Puis il se retirait après 9 jours, expliquant que le deal ne serait pas validé par l'autorité. C'est alors en mai que Pangda signait un chèque de 45 millions d'euros pour 1.500 voitures, et un autre de 109 millions d'euros pour 24% de Spyker, entre-temps renommé Swedish Auto. En juin, les 3.800 ouvriers impayés menaçaient de faire saisir l'usine : alors, miracle, au 27 juin, un Chinois anonyme sortait "du chapeau" 13 millions d'euros, pour commander 582 voitures?

Restent de nombreux soucis à régler
Tout ceci fait brouillon et inachevé. L'argent frais suffit juste à payer le personnel. Et manquent à tout deal les permis de Stockholm, de la Banque Européenne d'Investissement (créancière) et de Pékin : dans la longue liste d'experts de ce dossier, il n'en est pas un qui parie sur une bonne fin sans heurt de l'opération.

Au juste, qui sont ces groupes auto chinois candidats à la reprise de Saab, la plupart quasi-inconnus ? Et quelle est leur motivation ? Pangda est un gros concessionnaire de Tangshan, enrichi par ces années folles de croissance des ventes, et son entrée en avril en bourse de Shanghai qui lui a valu 973 millions de dollars de cash. Ce qu'il veut : l'entrée au club des producteurs auto, au richissime marché d'avenir. Ce dont justement ne veut pas l'Etat chinois, soucieux de réduire à 10 ses constructeurs : de fusionner, fermer, et ne laisser personne entrer. Une affaire donc, bien mal partie, le seul argument en faveur de Pangda étant la technologie Saab...

Eric Meyer, (www.lepetitjournal.com/pekin.html) mardi 5 juillet 2011

Informations complémentaires

Extrait du Vent de la Chine N°25/26 (du 4 juillet au 28 août 2011)

www.leventdelachine.com

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Guillaume Asmanoff et Thomas Aunave

Rédacteurs en chef de l'éditon Pékin.