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XI JINPING - Officiellement intronisé, les Pékinois séduits

Par Lepetitjournal Pékin | Publié le 17/03/2013 à 22:05 | Mis à jour le 17/03/2013 à 15:31

Depuis jeudi 14 mars, Xi Jinping est le nouveau président de la République populaire de Chine. Si les sondages d'opinion existaient en Chine, nul doute que le chef d'Etat profiterait à plein de l'état de grâce qui accompagne quasi systématiquement tout nouveau dirigeant.

"C'est très bien", "c'est une bonne chose", "moi, je l'aurais choisi" ou encore "????" (= parfait à tous points de vue), c'est un vrai vent d'optimisme qui souffle avec l'arrivée du nouveau président chinois. Elu par les délégués de l'Assemblée nationale populaire avec 99,86% des voix (2952 voix pour, 3 abstentions, 1 contre), le résultat n'est bien sûr pas une surprise, mais l'aboutissement d'un processus débuté dès 2007. Ce qui vaut d'ailleurs une remarque caustique, discordante dans le flot de louanges, d'un financier de 28 ans : "Il a l'air fatigué, comme si ça faisait dix ans déjà qu'il exerçait le pouvoir".

Le processus fut long, mais ce sont bien pourtant les quelques mois qui ont suivi le 18e Congrès du Parti communiste chinois, en novembre dernier, qui ont permis à Xi Jinping de se montrer, et de séduire autant les Chinois. D'abord par son style, plus chaleureux, si différent de ses prédécesseurs. "Il est moins triste", trouve par exemple un jeune étudiant en économie de 19 ans. "C'est un homme plus simple et plus proche de nous", rempile une autre étudiante de japonais de 25 ans. Beaucoup évoquent aussi rapidement sa jeunesse (59 ans). Son style moins austère, plus direct que ses prédécesseurs, passe mieux. il faut aussi des efforts en ce sens, avec l'inhabituelle publication le 24 décembre de plusieurs photos, dont certaines en famille, avec parents, femme et enfant, une rareté très partagée sur les réseaux sociaux chinois et qui a par exemple, marqué Xiao Jie, 23 ans, originaire du Shandong. il faut rappeler que la Première dame, Peng Liyuan, est une chanteuse déjà très populaire, même si elle s'est mise en retrait pour ne pas gêner la carrière politique de son mari.

Mais Xi Jinping apparaît aussi comme un homme "plus honnête". Une image qui vient de ses premiers discours. Lors de déplacements couverts par de nombreux médias dans des provinces pauvres et rurales ou encore à Shenzhen, il a multiplié les charges contre la corruption des cadres du Parti et leur train de vie, sujets socialement très sensibles dans le pays. Mieux, pour donner l'exemple, il s'est déplacé dans des voitures banalisées, sans création de lignes spéciales susceptibles de perturber un peu plus un trafic congestionné. Plusieurs personnes interrogées ne manquent pas de rappeler ce fait, comme une "première réalisation" qui en appellera d'autres.

Un chauffeur de taxi n'oublie pas, lui, de rappeler que Xi Jinping est "un homme brillant, parti de tout en bas pour gravir les échelons un à un". Il se réfère ici à la Révolution culturelle. Car si Xi Jinping est un "prince rouge", fils de Xi Zhongxun, un des membres fondateurs du Parti communiste chinois, son père fut discrédité lors d'une purge du parti avant la révolution culturelle, et Xi Jinping, connut, à 15 ans et pendant 7 ans, le dur labeur de millions de jeunes Chinois, envoyés pour leur éducation dans des villages reculés, loin de leur famille.

De sa lente ascension ensuite vers le poste le plus important du pouvoir politique, les Chinois ne savent en revanche pas grand chose. Rien sur ses expériences dans les provinces du Fujian ou du Zhejiang. Et pour cause, comme plusieurs personnes interrogées le notent, ils n'en ont vraiment entendu parler "qu'à partir du moment où il a accédé au poste de vice-président de la commission centrale militaire", en 2010, position qui l'a amené à Pékin, et au statut de personnage public.
Quant à son expérience américaine dans l'Iowa, qui en ferait un chef d'Etat plus enclin à discuter avec les Etats-Unis, c'est balayé d'un revers de main. Comme l'explique Ma, ouvrier retraité, "les relations internationales, c'est comme la météo, c'est imprévisible et change d'un jour à l'autre".

Même si quelques jeunes étudiants se disent totalement indifférents, désintéressés de la vie politique chinoise, Xi Jinping semble vraiment disposer parmi la population d'un terrain accueillant pour mener à bien "le rêve chinois", son nouveau credo, et pour confirmer l'espoir de l'ouvrier retraité Ma qui, comparant famille et Etat, espère voir se réaliser l'adage ????????? (bons parents, bons enfants).

Joseph Chun Bancaud (www.lepetitjournal/pékin) Lundi 18 mars 2013 

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