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SIAO MEI - L'extraordinaire destin d'une petite chinoise

Par Lepetitjournal Pékin | Publié le 05/01/2012 à 00:00 | Mis à jour le 05/01/2018 à 08:30

De l'Orient à l'Occident, entre deux continents et deux familles, Siao Mei Gauthier vient de publier un livre biographique intitulé L'extraordinaire destin d'une petite chinoise. Dans une Chine éclatée par la guerre civile, au plus fort de la Révolution de 1949, Siao Meï naît d'une mère déjà veuve et atteinte de tuberculose. Adoptée par le Consul de France en Chine et son épouse, élevée à Taiwan, en France et en Rhodésie, l'auteur, entre souvenirs et sentiments, a évoqué avec lepetitjournal.com son parcours atypique

L'extraordinaire destin d'une petite Chinoise, de Siao Mei, Editions Le Cherche Midi, 2011

Siao Mei Gauthier est à Hong Kong cette semaine. "Hong Kong représente beaucoup pour moi, car c'est à Hong Kong qu'en 1932 ma mère adoptive, la musicienne virtuose à la harpe, Solange Renié, est arrivée sur un paquebot des messageries maritimes, (après un mois de voyage) pour rejoindre son fiancé, mon père adoptif, Joseph Siguret, Consul Général de France en Chine. C'est aussi de Hong Kong, qu'après 10 jours d'adaptation à mes nouveaux parents, passés à l'hôtel Péninsula, j'ai quitté à 4 ans mon pays natal la Chine", déclare d'emblée Siao Mei, avant de planter le décor de sa biographie"Ce livre débute par une histoire "vraie", mais c'est aussi la Saga de mes deux familles, la chinoise, naturelle, et l'adoptive, française, dans une Chine à feu et à sang de l'époque".

Présentation du livre de Siao Mei Gauthier, à la maison de la Chine à Paris, en présence de nombreuses personnalités (oct. 2011)

Aujourd'hui mariée à un Français, mère et grand-mère, Siao Mei rend hommage à la valeur de ses deux familles, la chinoise et la française, à travers tous les événements historiques et personnels, l'essentiel de sa famille naturelle étant dispersé entre la Chine et les États-Unis. Extraits du livre. "Lorsque Serge eut l'occasion de vendre son entreprise en 2004, j'avais 54 ans. Après toutes ces années de travail dans la société de mon mari, je décidai d'assouvir ma passion de toujours : la mode. Mes enfants étaient élevés et je me sentais des ailes pour donner libre cours à ce que j'aimais. Peu de temps après, la marque «Siao-Meï» - Cachemires et soies - était née et, dès le mois d'octobre suivant, nous nous rendîmes, Serge et moi, à la foire de Canton avec une délégation de la chambre de commerce du Havre. Nous avons travaillé avec des fournisseurs chinois, dont certains étaient fort éloignés des centres urbains touristiques, comme mon fabricant de cachemires qui se trouvait à l'extrême nord-ouest du pays, dans la province reculée du Xinjiang. La Chine venait d'entrer dans l'Organisation mondiale du commerce, c'était la fin des quotas sur l'importation de textile au sein de l'Union européenne, et la création de mon entreprise suscita l'intérêt de la presse. François, un journaliste devenu notre ami, inclut un chapitre sur mon parcours dans un livre consacré aux insertions réussies. De nombreux collègues l'incitèrent alors à évoquer plus longuement la vie de cette petite Chinoise ayant grandi entre deux familles et deux mondes."

"Le mot était lâché : 'un livre' ! Un livre qui raconterait l'histoire de mes deux familles, la chinoise et la française, la naturelle et l'adoptive, aux destins fabuleux, le voulais rendre hommage à mon père et à ma mère. Joseph et Solange, le diplomate et la musicienne, qui m'avaient tout apporté. À Élizabeth aussi, ma s?ur aînée, demeurée en zone communiste, qui n'eut pas ma chance et dut vivre la vie des camps de redressement lors de la Révolution culturelle. À Jack, mon frère, meurtri à vie par quatre abandons. Je devais entreprendre des recherches sur Huang, ce père que je n'avais jamais connu, écrivain de génie, mort dans les eaux glacées de la mer de Chine quatre mois avant ma naissance. Il m'apparaissait nécessaire de parler de Lulin, cette journaliste de talent qui avait côtoyé les plus grands mais qui n'avait jamais été une mère, ni pour moi, ni pour mon frère Jack ou ma s?ur Élizabeth."

L'ensemble des droits d'auteurs sont reversés à l'ARTIC (Association pour la recherche de thérapeutiques innovantes en cancérologie), animée par le Professeur Stephane Oudard, à l'hôpital Européen, Georges Pompidou à Paris.

Laurence HURET (www.lepetitjournal.com.pekin.html) jeudi 5 janvier 2012

A écouter aussi : Siao Mei dans l'émission "Bruits de Chine" avec Cyrile Javary et Françoise Objois.

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