

Dans le cadre du festival d'animation de Hangzhou, Michel Ocelot, célèbre réalisateur de Kirikou et la Sorcière ainsi que de Princes et Princesses est venu à la rencontre de son public chinois. Le Petitjournal.com l'a rencontré lors de son passage
Michel Ocelot à la rencontre de son public (Crédits photos: Professeur Wang Fang de la Shanghai University)
Depuis son enfance en Afrique, Michel Ocelot a voyagé sur tous les continents, s'est intéressé à toutes les cultures. C'est pourtant son premier voyage en Chine. "Sur invitation du Festival de Hangzhou, j'ai décidé de visiter enfin la Chine. Je voulais découvrir ce berceau de la civilisation. Il y a pour moi ici un mystère à éclaircir." nous explique t-il avec malice. Arrivé depuis quelques heures à Shanghai, il en apprécie déjà "l'orgueil fantaisiste". "Tous ces gratte-ciels, c'est fabuleux! Mais je suis curieux de visiter les librairies et autres lieux plus traditionnels". Le programme de Michel Ocelot est surtout chargé de rencontres et de débats. "Je me réjouis notamment de rencontrer les élèves du département animation de l'Académie des Beaux-Arts de Shanghai."
Rencontre avec un maître de l'animation française
Lundi 25 avril, Michel Ocelot participait à une séance de questions-réponses au cinéma Ying Cheng (Shanghai Art Film Center), suite à la projectiond'Azur et Asmar. Près de 250 personnes s'étaient rassemblées pour l'occasion. Dans une ambiance bon enfant et très à l'aise devant un public familial franco-chinois, Michel Ocelot court de fauteuils en fauteuils, donne la parole à tous - même aux plus jeunes - et n'hésite pas à dialoguer directement avec les participants. Kirikou, Azur et Asmar dominent les débats. "C'est normal, Kirikou a changé ma vie. C'est certainement grâce à lui que je suis là ce soir." se plait-il à rappeler.
L'homme qui réalisa son premier film avec la caméra de son père a fait du chemin mais aime à se souvenir de ses débuts "Je n'avais pas d'argent et donc peu ou pas accès à la technique. Je reste nostalgique de mes débuts, de mes films en papier découpé." C'est aujourd'hui en "maître" de l'animation, comme le nomme si justement les étudiants ou jeunes diplômés, qu'il est accueilli. Michel Ocelot prodigue avec plaisir et humilité ses conseils: patience mais surtout passion! ll ne lésine pas sur les explications techniques même si la technologie ne doit jamais prendre le pas sur l'histoire. "Je ne me laisse pas dominer par la technique." Et de conclure non sans humour "N'ayez pas peur, le patron c'est moi, pas l'ordinateur."
Quand on l'interroge sur ses inspirations, Michel Ocelot semble ravi de se souvenir : "Ma vie et mon enfance m'inspirent. Quand j'étais petit, j'étais noir. J'ai eu une enfance merveilleuse en Afrique. Mais en réalité, c'est toute l'humanité qui m'inspire." En effet, ces histoires mettent en scène des humains sincères, dans leurs défauts et leurs qualités, en évitant à tout prix la dichotomie classique gentils contre méchants. "J'essaie d'apporter de l'apaisement aux gens à travers mes films." Anecdotes et réflexions plus profondes ponctuent ce témoignage et la séance se poursuivra dans le hall d'entrée, quand à 21h30, on demande de quitter la salle.
Michel Ocelot s'est rendu également à la Shanghai University devant 400 étudiants avant de partir à Hangzhou où de nombreuses autres rencontres sont prévues, dans le cadre du 7ème Festival international du Film d'animation et du Cartoon. Il y présentera également une rétrospective de ses plus grands films: Azur et Asmar, Kirikou et la Sorcière, Kirikou et les Bêtes sauvages, Les Contes de la Nuit, Les Trois Inventeurs, ainsi que Princes et Princesses. "Je remarque que ce sont les histoires (Les Contes de la Nuit, NDLR) les plus innocentes, les plus naïves qui plaisent au public chinois. Il doit y avoir quelques chose de chinois dans cette simplicité technique et narrative, mêlée à un certain raffinement."
Michel Ocelot s'est rendu également à Pékin pour une série d'interventions, qui seront suivies d'une rétrospective autour de ses travaux en octobre.
Morgane Delaisse (www.lepetitjournal.com/shanghai.html) jeudi 28 avril 2011
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