Plus d'un milliard 300 millions : les défis ne manquent pas si on considère la taille de la population chinoise. Cependant, le pays peut se vanter d'un taux de scolarisation exceptionnel de 98,9% pour les enfants en primaire et un taux d'alphabétisation de la population totale de 96%, indiqués par le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD).
En uniforme pour l'école, comme des millions de petits Chinois (Crédit: MD)
Pour expliquer ces chiffres, il faut revenir en 1976, à la fin d'une longue décennie d'obscurantisme marquée par la révolution culturelle. L'éducation et la scolarisation étaient alors considérées comme suspectes voire bourgeoises. A l'époque, on avait surtout besoin d'ouvriers et de fermiers dans les champs, où les enfants recevaient leur "rééducation". Après la mort de Mao Zedong, à la fin des années 70, les autorités doivent relever de nombreux défis et, créer une politique éducative volontaire à la hauteur des ambitions du pays, fait partie de leurs nouvelles priorités. Un mot d'ordre : éradiquer l'analphabétisme sur l'ensemble du territoire et à travers toutes les couches de la société, y compris chez les minorités ethniques.
Dès lors, le système éducatif devient obligatoire pour tous, pendant 9 ans : 6 années de primaire et 3 années de secondaire inférieur. A l'issue de quoi, les élèves doivent passer un premier test national appelé le zhongkao. On estime aujourd'hui que 40% des étudiants accèdent ensuite à l'enseignement secondaire supérieur. Trois années supplémentaires qui se terminent par le redoutable gaokao, examen de fin d'études secondaires dont la réussite conditionne le passage à l'université. Source de stress intense pour les étudiants et leurs parents, le gaokao détermine l'accès aux meilleures universités de même que le hukou malheureusement. En effet, ce fameux "passeport chinois" est délivré aux familles qui habitent loin de leur province d'origine. Système créé pour éviter l'exode rural massif, le hukou conditionne l'accès et la tarification à différents services, dont l'accès aux écoles et académies les plus prestigieuses.
Une meilleure éducation pour un meilleur avenir
On considère quelqu'un alphabète s'il connaît entre 1.500 et 2.000 idéogrammes, ce qui est tout à fait réalisable via l'éducation obligatoire de neuf années. En 25 ans, les changements politiques semblent avoir porté leurs fruits : l'analphabétisme a nettement reculé et ne touche "plus" qu'1% des enfants en âge d'aller à l'école. Par exemple, avant 1949 (et la création de la République populaire de Chine), seuls 20% des enfants de 7 ans étaient scolarisés.
Ces chiffres ne doivent pas masquer des disparités entre zones rurales et zones urbaines, entre l'éducation des petites filles et des petits garçons, entre les enfants de migrants et les petits Shanghaiens ou encore entre les enfants issus des minorités ethniques et les petits "han". Mais la Chine travaille certainement à harmoniser ces différences et le pays affiche une volonté nette d'améliorer son enseignement pour continuer sa route vers la modernisation.
Morgane Delaisse, (www.lepetitjournal.com/shanghai) mardi 22 janvier 2013
Sources :
Gladys Chicharro, "Le fardeau des petits empereurs: Une génération d'enfants uniques", 2010
William G. Saywell, "Education en Chine depuis Mao", 1980
www.undp.org
Retrouvez le chiffre de décembre ici
Rendez-vous en février pour la suite de notre série, en avant-première : 74,83







